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valeur intrinsèque, leur essence même. C'est là en réalité le point le plus important de notre étude.
Nos observations ne sont pas de petites histoires destinées à l'édification des croyants, à fortifier leur foi, à soutenir leur zèle et leur générosité pour les œuvres qui la sollicitent. Ce sont des observations de malades rendus à la santé, et quels malades ! P. Janet écrit: « il n’est rien de plus difficile que de guérir un névropathe » mais s’il avait essayé de relever des alcooliques, des fumeurs d’opium, des prostituées, des criminels, d’éduquer des anthropophages, que n’eût-il pas dit ?
Nous sommes fondés à répéter que nos observations sont des documents biologiques de premier ordre. Elles montrent des êtres divisés, consciemment mauvais, inférieurs et malheureux, devenus des êtres pacifiés, consciemment bons, supérieurs et heureux.
Elles dépeignent des combats, bien plus, des victoires contre unétat natif de colère, de débauche, de sensualité, de crime, de férocité.
Elles montrent le rétablissement d’un équilibre psychique définitif par la formation de synthèses mentales nouvelles et fortes, par la création de nouvelles personnalités là où les éléments même de la personnalité font défaut, et cela dans les circonstances où échoue la psychothérapie ordinaire.
«Le christianisme apparaît comme le véhicule historique d’une puissance de rénovation. Il s’agit d'hommes qui, égoïstes, ont manifestement cessé de l'être : qui, débauchés, ont remporté la victoire sur eux-mêmes, dans la force même de l’âge des passions ; qui, buveurs, sont devenus tempérants ; qui,colères et vindicatifs,ont trouvé la force de pardonner sans fierté et sans dédain les plus graves offenses ; qui, menteurs, sont devenus respectueux de la vérité,même au prix des plus grands préjudices ; qui, tourmentés dans leur conscience et aspirant vainement à une vie plus noble, ont trouvé avec la force de s’y élever et de s’y maintenir, l’apaisement qu'ils s’épuisaient à chercher ailleurs. De ces hommes, il y en a encore sous toutes les latitudes, à tous les degrés de culture et de civilisation, dans toutes les races ; ils
sont là, les témoins d’un phénomène, à côté duquel la foule passe, mais que ceux qui sont esclaves de la méthode expérimentale ne peuvent pas laisser de côté et encore moins nier sous prétexte qu'il les gêne !... la vie chrétienne vécue est la preuve de la valeur spécifique du Christianisme, le miracle de la nouvelle naissance étant pour nos contemporains, la seule démonstration certaine de la divinité de l'Evangile ! (1) »
Des fonctions vitales ont été rétablies, fonctions psychiques, psychologiques, intellectuelles, affectives et spirituelles; et par surcroît, organiques et physiologiques. Les individus relevés de leur tare, de leur déchéance, ont non seulement « retrouvé leur vie » mais encore l’ont conservée et lui ont fait produire le maximum.
L'œuvre thérapeutique du sentiment religieux est donc de première importance.
Elle permet, et dans bien des cas elle permet seule, le
retour aux lois fondamentales et universelles de la vie et
leur accomplissement ; il n’est donc pas exagéré de croire qu’elle procède d’une façon particulièrement immédiate de la puissance même de la vie, qu’elle rejoint de plus près qu’aucune autre action, les premières et impénétrables causalités.
L'ensemble de ces faits et les considérations qu'ils nous ont paru logiquement comporter nous mènent à l’extrème limite du terrain purement scientifique. Notre but n’est pas d'entrer maintenant dans des discussions théologiques, de disserter sur les puissances surnaturelles ;: nous voulions seulement montrer pourquoi nous y croyons et que selon le mot du professeur Grasset : « La croyance à la Providence et à la prière n’a rien de contradictoire avec toutes les sciences les plus positives (2). »
Nous allons plus loin, nous appuyant sur les faits, sur leur valeur et sur leur nature, nous déclarons : « Cette croyance repose sur une base scientifique ; le Christianisme n'a rien à craindre des méthodes humaines les meilleures et les plus perfectionnées, »