‹ La Psychothérapie ReligieuseChapitre 80 sur 93 · II. — Bouddhisme · texte numérisé non relu

II. — Bouddhisme

Dans le boudhisme, le médecin n’est plus un sorcier et le devoir médical revêt une forme élevée.

La médecine boudhique montre une solidarité étroite -entre la médecine du corps et celle de l’âme, l'une et l’autre

1. J. Huby Christus, Manuel d'Histoire des religions, p. 809.;

se fondent, se pénétrant, s'empruntant l'une à l’autre des comparaisons, des procédés (1).

Retenons seuls ici les effets moraux de cette thérapeutique. Le code boudhique se résume en ces cinq défenses pratiques : ne rien tuer de vivant, ne toucher à rien de ce qui appartient à autrui, ne pas toucher à la femme d'un autre, ne pas dire de mensonges, ne pas boire de boissons toxiques (2).

Le boudhisme insiste sur l'esprit de pardon, l'absence d'inimitié et de paroles calomnieuses et sur l'extinction des pensées et des désirs impurs.

La morale boudhique ne comporte pas que des négations.

Elle proclame, par exemple, cette devise d'une incomparable portée positive : « Fais aux autres ce que tu voudrais qu'on fasse pour toi. »

On a même parlé de la « charité boudhique ». Les textes, en effet, connaissent l'altruisme : « Il faut aimer tous les êtres. comme une mère aime ses enfants » (3).

« D'après quelques-uns, par exemple d’après Pischel, la compassion pour l’universelle üouleur et l'amour du prochain seraient les pensées maîtresses du boudhisme et comme sa raison d'être. Cette opinion, ainsi que l’a démontré récemment M. Oldenberg est erronée. Dans son principeessentiel, le boudhisme n’est rien moins que charitable, Une doctrine qui repose sur le principe de l’acte irréversible, et qui s'assigne pour but l’ataraxie du nirvâna, ne peut avoird'autre morale que celle de l'égoïsme » (4).

Pour Boudha la délivrance de toutes les misères humaines. n’est atteinte que par l’anéantissement de tout désir, le désir étant la vraie source de toutes les calamités.

La perfection de Boudha est l'extinction des traits les plus. caractéristiques de la nature humaïne. La fin à atteindre, c’est de renoncer aux plus hautes possibilités de l’homme et. de descendre au calme sans passion d'une existence pure-.

7. Liacre de Saint-Firmin, Médecine et Légendes Boudhique. Thèsede Paris 1916, p. 18-19.

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