III. — Pseudo-Christianismes
I1 nous reste à étudier le Christianisme. Nous l'avons d’ailleurs déjà commencé en lui empruntant toutes nos observations. Nous avons vu que partout où l'Evangile a porté ses fruits, il y a pitié pour le pauvre, compassion et soulagement
1. « Voici encore la Grèce, fière de sa religion, religion de la beauté, de la sagesse et de la science ; voici Rome, fière de ses vertus viriles, de son courage martial,-de ses lois modèles, de son Etat idéal. Eh bien! les mœurs raffinées et la culture des Athéniens, même au siècle de Périclès ; la grande politique et Le courage héroïque des Romains au siècle d’Auguste, ont-ils réussi à relever le niveau moral d’une société dégradée et dépravée ? Ces « religions » ont-elles mis fin aux combats de gladiateurs, aux cruautés de l'arène, aux guerres de conquête ? Ont-elles empêché qu'on se débarrassât, pour les faire mourir, d'esclaves usés, et même de vieux parents, ou qu’on sacrifiât ser les autels, au nom de la religion, la pudeur des jeunes filles ? Athènes et Rome ont-elles bâti des hôpitaux ou des asiles pour les
sourds-muets, les aveugles, les estropiés, les incurables ? Que Boudha la «lumière de l’Asie » que Brahma le « sauveur de l’Inde » que Mahomet « le prophète de l'Islam » nous disent s’ils ont rendu impossibles le meurtre des innocents, le bûcher des cérémonies funèbres, la torture par le feu, le char de Jaggernaut, le balancement au crochet, le lit de clous, la caste, le mariage des enfants, le culte de la vache, le piéltinement de la femme ».
pour la souffrance. On n’y bätit pas seulement des écoles et des universités, mais de vastes asiles où la maladie et le malheur trouvent un refuge et des soins. Là où l’homme était devenu l’adorateur des animaux et l’esclave de ses appétits, la conscience a pu affirmer sa suprématie et l’homme retrouver sa volonté perdue, sinon détruite.
Mais précisons ce que nous entendons par Christianisme.
Car même en admettant la réalité de nos faits, leur nombre
est cependant dérisoire par rapport à celui des malades et à celui des organisations appelées chrétiennes.
Mais un grand nombre de ces dernières ne sont ni chrétiennes ni même religieuses. On ne saurait rendre le Christianisme responsable de la carence de ses contrefaçons, qui sont elles aussi indifférentes au point de vue thérapeutique.
Au premier rang de ces pseudo-Christianismes se place le Scientisme. Ecole qui a envahi les Etats-Unis et a débordé en Europe sous les noms divers de: Mind Cure, Faith Cure, et surtout de Science chrétienne.
D’après cette école, « rien n’est réel et éternel et rien n’est esprit que Dieu et son idée; le mal n’a pas de réalité, il n’est ni une personne ni une place ni une chose...»(1).« Dieu est tout en tout, Dieu est bon, le bon est esprit. Dieu esprit est en tout, la matière n’est nulle part, et Mme Eddy ajoute finement que ces propositions fondamentales peuvent être lues à l'envers sans inconvénients ; elles gardent le même sens : « cela prouve mathématiquement leur exact rapport avec la vérité » (2).
«La mortn’existe pas, et les maladies n’existent en aucune façon, le corps et ses organes n’ont rien à faire avec la vie : Un homme pourrait aussi bien vivre sans ses poumons s'il pensait qu'il le peut ; Dieu est bien plus pour l’homme que ses poumons... Peut-on admettre qu’un dyseptique soit créé à l’image de Dieu... Dieu n’a jamais créé un dyseptique, c’est la peur, l'hygiène, la physiologie et la physique qui en ont fait contrairement aux commandements de Dieu » (3)...