Cité ibid., p
comme fonctionnaires attitrés d'une religion officielle, mais poussés par leurs convictions intimes, hantés par le sort de tous les misérables et poussés par la certitude de leur apporter la délivrance. Cette foi personnelle, vivante, féconde est aux antipodes des habitudes des églises « établies. »
« Supposez des catholiques {1) sincères et pratiquants. Conduisez-les à vêpres et asseyez-les sur une chaise, un paroissien à la main. Ils écouteront respectueusement le latin chanté par les prêtres, mais ils n’y comprendront rien !.… Voici le prédicateur qui monte en chaire. C’est un homme savant et académique. Il parle de la pauvreté en termes éloquents. Il montre qu’elle est l'épouse du Christ, la Reine du ciel, l'apanage des élus du Seigneur, que sais-je encore ?
« Pauvre Jack, ilne peut suivre cette rhétorique; les phrases sonores frappent son oreille, et passent sans éveiller aucune idée dans sor cerveau. Quant à Lisy elle méditera, mais à sa façon. Elle prendra pour sujet les chapeaux et les robes des élégantes dames qui sont là devant elle, et la conséquence pratique qu’elle tirera de sa méditation, c'est qu’il doit être bien agréable de pouvoir se payer de belles choses comme ça. L'office terminé, Jack et Lisy rentreront chez eux peutêtre avec le sentiment du devoir accompli, mais engourdis, fatigués et aussi isolés qu'avant » (2).
L'histoire est typique ; que ceux qui n'y verraient qu'une
fiction lisent maintenant ceci. Il s’agit du criminel dontnous avons rapporté l'histoire page 4o :
{Pas une seule fois — et tous les prisonniers que j'ai vu confirment ces dires — pas une seule fois l’aumônier (3) ne vint le voir dans sa cellule pour éveiller son meilleur moi. Je lui ai demandé ce qu'il pensait des services à l'église, il
m'a dit qu'il les considérait comme une occasion de causer, que les mots des prières (4) semblaient être une amère rail-
1. L’auteur aurait aussi bien pu aus des protestants sans risquer de se tromper beaucoup.