‹ La Ptose de l'Estomac et du DuodénumChapitre 3 sur 61 · GÉNÉRALITÉS. — HISTORIQUE Ÿ · texte numérisé non relu

GÉNÉRALITÉS. — HISTORIQUE Ÿ

La pathologie gastro-intestinale a subi une évolution très

rapide due aux progrès du siècle dernier : elle en avait 1 profité de telle sorte que les inventions successives para- 4 lysaient les investigations cliniques, pour les masquer enfin … 4

sous couleur de vérité scientifique. Ce fut d’abord à la physiologie, puis à la chimie que s'adressèrent les médecins Fe “4 pour confirmer un diagnostic ou pour le dévoiler, enfin 1 4 à la physique. Depuis la découverte de Rôntgen l'ère du 1 chimisme gastrique n’a pas cessé; néanmoins son impor-- LEGS tance s’est restreinte, les règles de son emploi étant ju et cieusement établies. Mais alors que toute l'étude de la pathologie du tube digestif devait dépendre de celle des trou- æ bles de la sécrétion, l'examen radiologique devait donner la solution de beaucoup de problèmes; l’on a cru pré férable de « voir», d’objectiver des symptômes à l'écran, plutôt que de les aänälyser, et de les synthétiser dans son esprit par des moyens cliniques. De ce chef, l'étude du ie mécanisme fonctionnel de l’esiomac et de l'intestin ha?

pas donné la réponse attendue, et n’a pu dissocier complètement. des affections très complexes. L'application des rayons X aux maladies du tube digestif tend à se restreindre aussi à des données précises qui en font un moyen. de contrôle parfait et de recherches pour le, clinicien. La substitution de la Radiologie à la Clinique ne pouvait s’opérer, car celle-ci a toujours ses droits acquis. Nous ne voudrions pas être aussi catégorique que le docteur Pron Qué à « prédit » un sort malheureux à la Radiologie ; son opinion est juste cependant : ce ne seront ni l'étude du chimisme F gastrique, ni létude du dynamisme de cet organe qui sépa- ia rément révéleront les problèmes complexes de la Pathologie digestive ; mais associées elles apportent une aide telle …

au Hier qu’ on peut les considérer actuellement comme ‘indispensables, appliquées âvec des règles précises.

C’est à ce point de l’évolution que nous en sommes, dans —

l'attente de l'invention de moyens. pratiques de cinémato- - radiographie qui complétera d’une manière absolue ladécou- .- verte. magnifique de Rôntgen.

En ce qui concerne ce trouble spécialement étudié du mécanisme gastrique : la Ptose, ce n’est pas un moindre mérite pour Glénard, en 1885, 4 l'avoir étudié, d’ en avoir décrit les symptômes Jon ide. au moment où parais- saient des travaux sur le chimisme de l'estomac.

Sises conceptions anatomiques ne.sont pas acceptées par tous les auteurs (ligament pylori- -colique contesté), du moins ses conclusions sur les syndromes provoqués par “P« Entéroptose » sont-elles reconnues pour vraies par chacun des peptologistés. Puis, elles ont été si parfaitement démontrées par les examens radioscopiques et radiogra- -phiques que personne ne pourrait les contredire et qu’à étude de la « Ptose » restera toujours attaché le nom de Glénard. Ses livres, ses mémoires desquels nous nous sommes inspiré, restent à la base de l'étude des troubles de la dynamique du tube digestif. Son recueil volumineux sur les | « Ptoses viscérales », ses revues générales sur le syndrome meurasthénique et leteontess ses conceptions sur le Plexus solaire et l hyperesthésie du sympathique ont été le prélude d'autres travaux venus par la suite.

__ Toute une longue période de recherches radiologiques suit celle des travaux cliniques : au cours des années 1899,

: 1900, 1902, 1903, 1904. Ce sont des études d'ensemble qui * paraissent d abord, parsemées d'observations, de remarques qui contribueront à former plus tard des images synthétiques. — L’onsait qu'en France, Béclère fut le promoteur de toutes ces brillantes recherches, puis Destot (Lyon),

puis Guiiloz (Nancy), etc:, pendant qu’en Allemagne et en Autriche, Holzknecht, Kienbôek tentaient de devenir les maîtres de la Radiologie des voies digestives. Il fallut d’abord définir l'estomac normal, car on avaittout de suite remar-

4 qué que l’image apparue à l'écran chez des sujets bien por-

tants ne correspondait pas à la description anatomique ni à la forme trouvée sur le cadavre.

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Quand on eut discuté, admis un type radiologique d’estomac normal, on tenta de débrouiller les cas complexes pour venir en aide à la clinique. Les difficultés furent nombreuses: il est curieux de constater que les interprétations de mêmes images étaient'si différentes, Béclère avait raison de dire qu’il faut se contenter de décrire ce «que l’on voit »et de ne pasinterpréter. Cette dernière manière de faire a causé un réel préjudice à la Radiologie. C'est ainsi qu’en 1911, des discussions étaient ouvertes ét ne sont pas encore terminées au sujet de la « Ptose gastrique et intestinale ». Car dans cet intervalle, de 1904 à 1911, était parue une série de travaux contradictoires sur ce sujet à la suite des articles et du livre de Leven et Barret qui attribuèrent la plupart des désordres

fonctionnels de l'estomac à la dilatation et réduisirent : le syndrome ptosique à un nombre infinie de cas. Guillon, «14 Gazagnaire, avaient dans leurs thèses exposé ces idées; A | en 1910, Chilaïditi, Desternes donnaient leurs con-,

clusions et s’intéressaient particulièrement à la Ptose duodénale. Oettinger avec Bonniot donnaient des observations ; Béclère et surtout Aubourg s’efforçaient de faire l’ac-

cord, tandis qu'Enriquez émettait un avis différent. Cene

- compte des formes purement radiologiques, c’est-à-dire de

fallu, pour que cette conception prit corps, que fussent rédui-

fut que confusion. Béclère demanda qu'on définit la Ptose gastrique. Associant les symptômes cliniques et les signes radiologiques nous tentâmes de le faire en ne tenant pas

celles où la Ptose n’était qu'une trouvaille d'examen à l’écran et n’occasionnait aucun trouble digestif, Mais il eût

tes les causes d'erreur nombreuses; il eût fallu s'entendre sur la durée d'évacuation normale, établir une méthode d’unification des repas bismuthés, de facon à supprimer le coefficient personnel d'erreur; régler définstivement les formes spéciales que l'estomac peut prendre et donner à chacune sa signification. Aueun des essais tentés avant la guerre n'avait donné de résultat, et chaque congrès se ter- : minait sans espoir d'entente. ï ee : oi Quand les radiologues auront quitté la bonnette et le = 4 compas et reviendront aux travaux cliniques scientifiques il est àsouhaiter que ces questions soient résolues, car de

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cette dissemblänce- d'interprétation. est néeune certaine méfiance à l'égard dela Radiologie gastrique. Il faudrait

surtout revenir à l'excellente règle de Béclère : « décrire ce.

que l’on voit ». Oren ce qui concerne le phénomène méca-

. nique d’abaissèment vertical dei l'estomac, il importe peu

que des noms spéciaux lui soient attribués, qu’il soit con- ‘sidéré comme une > élongation, une re une dilata-

tion. Ce que l’on voit, c’est un estomac qui ne se trouve pas

en-ses lieu et place habituels, descendu, tombé, par consé- quent suivant l’étymologie de ce mot : ptosé. Les cliniciens actuellement à la suite de toutes ces dé-

- couvertes objectives ont tendance à dissocier tous les phé-

nomènes digestifs : les maladies causées par des lésions organiques connues : l’ulcère, le cancer, sont si nettement décrites, si parfaitement étudiées qu A ne resterait rien d’essentiel à ajouter.

Il en est autrement du syndrome dyspeptique avec ses formes variées, ses symptômes parfois contradictoires,

+ muets le plus souvent et révélés par des signes éloignés. Là.

les: rayons X pouvaient apporter un témoignage 1 leur nécessité; car il n’est pas rare de trouver la cause « mécanique » de ces symptômes gastro- intestinaux. L'étude que nous avons faite en est la preuve. Dans les syndromes décrits par Leven, Ramond et Loeper doivent entrer en ligne de compte les signes radiologiques de la Ptose gas-

trique ou duodénale pour les EE oupourles confirmer.

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