PTOSE GASTRIQUE A FORME NERVEUSE
Dérinirion. — Cette forme est caractérisée cliniquement par la prédominance des symptômes nerveux, qui masquent les caractères réels de la maladie, radiologiquement par des degrés variables de gastroptose associée le plus souvent
à l’entéroptose. |
L'influence exercée par l’état psychique d’un malade sur son affection et celle exercée par un trouble fonctionnel quelconque sur le système nerveux sont loin d’étre déterminées et l’on ne sait encore à vrai dire quels sont les rapports intimes qui existent entre lé cerveau, les fibres nerveuses qui s’en éloignent et les viscères. L'état de dépression nerveuse a pu provoquer l’affaiblissement général de l'organisme, la diminution de tonicité des muscles, en même temps qu’il a contribué à des phénomènes digestifs
anormaux. En revanche ceux-ci survenus chez une personne
en bonne santé par leur fréquence, par leur acuité, ont pu
amener des troubles nerveux dont la gravité s’accentuera
si la cause n’est pas découverte. Il n’est donc pas rare, si l'on pratique un examen complet, chez un malade déprimé
« névropathe » de trouver les viscères abdominaux mécaniquement troublés; un estomac abaissé, ou chez un autre
qui craint avoir une ulcération ou une tumeur gastrique (cette idée devenant une véritable manie), de ne découvrir qu'une modification dans la statique de la cavité gastrique. Chez les femmes surtout nous avons pu constater ces cas très fréquents; peu importe la pathogénié des troubles digestifs (port du corset, station debout prolongée), l’essen-
tiel est d'établir la liaison entre la gastro-coloptose, la gastro-
pyloroptose et l’état psychique spécial. La thérapeutique viendra ensuite $efforçant de disjoindre ces phénomènes.
Il va sans dire que toutes les dyspepsies nerveuses n’ont pas cette même origine. Glénarda montré depuis longtemps qu’elles étaient dues en partie à l’entéroptose. Cette notion est exacte et nous en avons tenu compte dans notre définition puisque nous disons que la gastroptose n’est pas isolée. Puis les « dyspepsies nerveuses » ou les troubles de la sécrétion sont des facteurs de A iKgà
Les nombreux types de ptose qu’on rencontre dans ces 2
cas-là se rattachent à la dyspepsie gastrique de la neurasthénie de Debove, de Soupault, au syndrone neurasthénique de la dilatation d’estomac décrit par Mathieu et J. Ch.
Roux, aux formes de gastropathie nerveuse dépeintes par
Castaigne, enfin à la névropathie psycho-splanchnique de Grasset, se présentant avec des troubles d'intensité variable depuis les simples phénomènes vaso-moteurs jusqu'aux douleurs aiguës persistantes localisées ou irradiées qui font des malades des malheureux, de « véritables infirmes ».
Nous ne pourrions décrire chacun de ces types cliniques qui concordent avec des troubles fonctionnels très variés du tube digestif. Mais il nôus a paru intéressant de constater que dans 90 °/, des cas où il y a ptose gastrique, intestinale, ou les deux associées, les malades avaient un état particulier de névropathie, que nous pouvons ranger sous deux rubriques : un syndrome neurasthénique, un unes ome douloureux. Se
L'un et l'autre peuvent se combiner; mais nous avons remarqué qu'en ce qui concerne l'estomac, dans 60°}, des cas, le syndrôme neurasthénique correspond à une ptose légère, dans 40 °/, des cas, le syndrome douloureux à une ptose accentuée.
L’explication d’ailleurs peut en être donnée par ce fait que
si les symptômes douloureux sont plus accentués, plus
localisés lorsque l'estomac tombé (ptose exagéréé) tire sur. les filets nerveux du plexus solaire aboutissant à la zone pyloro-duodénale : ce sont eux qui domineront la scène ; tandis que si la douleur est plus vague, n’est qu’une gêne abdominale (ptose moyenne), les troubles vaso-moteurs seront prédonrinants:
Dansle premier cas— syndrome douloureux —toutel'atten.
tion du malade seraconstamment attirée parles phénomènes