CHAPITRE II
BuH toiulx chali MBt gril.
-AïKÉs l'esptoit de& deux jeunes gens^.
Perpétue est montée chez M. BaiaemOD pour sftTCÛr s'il est satid'ait du seniœ des deux - Lorraûifi; ta serfaute avait entr'ouveft doucement la porte ; mais eotendaDt' eonune deft géiuiseemeas seurds , elle se décide à entrer dans l'apparteateot , et eUe voit BaK ■emon nageant sur son lit et se perdint sous sa couverture, parce que sa chemise tuouil* lée s'est collée sur sa tête.
Perpétue s'srme de résolution, et elle va bravement dépêtrer Baisemoa de se» tkapset de ses couvertures j frappée de la désolation peinte sur ses traits, elle lui dit :
DËULUTULI, IB
« Qu'est-il arrivé? mon Dieu !,., qae signin fie ce désordre?.., — Ah ! ma chère Per-
• pétue , j'avais bien raison de me défier de » ces deux garçons qui ont les cheveux rou-
• ges !.... — Qu'ont-ils donc feit?.... est-ce
■ qu'ils n'ont pas su vous administrer le pur-
■ gatif 7 — Oui , ils me l'ont donné , mais
• er/m et non past'n^m. Ils m'ont aspei^é...
■ noyé... ils ont fait un bassin de mon lit;
> j'avais beau leur crier : ça ne se donne pas
■ comme ça! ils allaient toujours. — Ah I
• les imbécilles ! . . . les butors !... arroser ce
• digne M. Baisemou !... — J'ai piis un bain
■ complet ! — Voilà ce que c'est que d'é- >> coûter de sots scrupules !... si je vous l'a-
■ vais donné moi-même cela aurait été st
■ bieo, — Ah 1 TOUS m'auriez £ait ttint de » plaisir, bonne Perpétue!... vous avez la
■ main si légère!... — Maïs je gronderai nos » Lorrains !... je suis très-mécontente.... Je
■ vais vous faire i^aufier une chemise
> Tous allez tâcher d'avoir chaud et puis
■ ensuite je parlerai k Jean et à Pierre
• levez-vous un instant que je refasse votre
jv. 3.
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80 U PDCILI,!
■ lit , que je change vos draps. -^Msis, » digoe Perpétue , c'est que je n'ai pas de H caleçoa pour l'instaut. — Ëh mon Dieu !
> je l'ai bien tu!.,,, mais que me fout ces V bagatelles quand il y va de Tolre santé?... » — Ah! fille céleste... comme tos soins me n redonnent de la chaleur !... — Ah! Bai- » semon ! . . . . Ëaisemon ! ... . — Tout ce que n TOUS Toudrez , diTine Perpétue ! ■
Lorsque la servante a fini de récltauffer le régisseur, elle descend pour donner une semonce aux jeunes gens; ceux-ci reçoiveut arez assez d'indifférence les réprimandes de la domestique : ils commençaient à s'ennuyerdurôlequ'il leur fallait jouer; chacun d'eux Toulait forcer Vilenie à s'expliquer , et était décidé à tout tenter pour obtenir d'elle un entretien secret.
Soit que le bain eût été salutaire à Baisemon, le lendemain de cet événement, il se sent assez bien pour descendre près de mademoiselle Sellavoine. Il la trourc de fort mauvaise humeur ; on venait de lui servir une petite volaille que Pierre n'avait pas tî-
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Dl BILLETILU. SI
dée , malgré les ordres de Perpétue, et ud potage aux herbes daualequel Jeaa avait mis de la bonirache et du pourpier au lieu de .
cerfeuil et d'oseîl!e.
« Àh! respectable Baisemon, il est temps B que TOUS repreniez la direction de cette H maison l « dit la vieille Bile en Toyant entrer son régisseur, « J'ai deux Talets 'qui ne " font plus que des sottises ! . . . Dans le com- 11 mencement de leur séjour ici cela s'an- » nonçaitbien !... Mais je ne saiscequileur » passe par la tête... ils font tout à rebours » à présent ! — Je m'en suis aperçu , made- « moiselle!... — N'ont-ils pas laisser échap- " per Gueulard , mon fidèle gardien ! — » Quoi! Gueulard n'est plus ici? — Depuis i> hier on ne sait ce qu'il est devenu ! Jean H et Pierre affirment que le chien a sauté » par-dessus le mur!... — 11 faudrait admo- 1 nester un peu ces deux valets.... — Voilà 1) un dîner détestable.... je ne puis manger ■ décela... Ma nièce, appelez donc Per- » pétue, que je sache ce qil'il y a dans ce u potage. »
ti ik ncuLi
Virginie se pince les lèrres pour dissimuler un sourire, et va sonner ta serrante qui oocourt et baisse 'modestement les yeux en apercevant le gros Baisemon.
■ Perpétue , est-ce tous qui avez confec- B tionné mon dîner? >• demande mademoiselle Beilavoioe. •> — Mademoiselle , je me ■» suis fait assister un peu par Jean et Pierre. u — Tout cela est détestable... Ces garçons
■ n'entendent rien à la cuisine. Ils m'empoi- " sonneront quelque jour... jugez-en, hon- > nâte Baisemon. <•
Baisemon approche de ses lèvres une cuillerée de potage et la repousse bien vite, en s'écriant : n Cela est hrariblement sauvage !
■ et cette volaille est d'une amertume ex- » tréme! — C'est singulier, mademoiselle, T ces deux frères ne sont plus reconnaissa- » btes... ils m'écoutentà peine... ils sifflent
■ ou ils chantent quand je leur parle. — Ils » sifQeôtf... fi donc!... je ne veux ni qu'on
» siffle ni qu'on chante chez moi Allez
» leur intimer d'avoir d'autres manières, si- II non je les renvoie. — J'y vais , mademoi-
DK BULt VILLE.
* sdle;ah[ i propos.. -GriUoie ra mieux...
> il«st levé aujourd'hui!... Ah! il faut lui «jondre justice, il n'a jamais chanté icij
■ Gfilloîe! Je Tais tancer les deux Lor-
II raios. n
Perpétue n'arait pas pardonné aux jeunes gen& la manière dont ils avaient arrosé Baisemon; elle ne les voyait plus d'un boa œil, et c'est presque arec joie qu'elle va leur traiéniettce les ordres de sa maîtresse. Cependant mademoiselle Bellaroiiie a fait pla-^ cer Baisemon près du feu; elle s'informait avec sollicitude de l'état dç ja santé; ell« vmilait encore lui faire prendre du sirop, ce dwit le gros régisseur se défendait, lorsque Perpétue revient pâle, effarée, les yeux près-
■ que hagards, en s'écriant : h Ah! mouDiéuI ■■sunte Vierge!.... Je ne sais plus où. j'en »■ suis.... Qui s'y serait attendu!... «
Chacun regarde Perpétue , Vii^inie riant d'avaDce, parce qu'elle présume qu'il s'agit d'on nouveau tour d'un de ses amoureux , Baisemoa déjà inquiet , et mademoiselle Bellavoine toute prête à se mettre en colère.
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. . ■ Qu'avez-Toos encore. Perpétue ? i s'écrie la vieille iUlé. « — Ab ! mademoiiselle , je, » TaisTousledîre... Mais cela est si affreux... » Je De puis parler dcrant madeindiseUe Il TOtre nièce!.... — Virginie, allez à votre
■ chambre. — Pourquoi donc, ma tante? — D Allez toujours, petite ; une fillebieu élevée II obéit et ne réplique pas. »
Vii^inie s'éloigne , mais en se prom^tant bien d'apprendre par Godibert ou Doudoux ce qui a bouleversé Perpétue.
La nièce éloignée, mademoiselle Bellavoiae fait approcher sa servante et lui dit :
■ Parlez maintenant. — M'y voici, mademoin selle. J'étais allée trouver ces deux garçons, » J^n et Pierre, pour leur laver un peu la >' tête, comme vous me l'aviez recommandé;
■ je rencontre d'abord le plus petit dans la " cour; je lui annonce que votre inteàtion a est de le renvoyer s'il ne se conduit pas
■ mieux. £t en effet les escaliers ne sont ni « frottés ni balayés : cela devient un vérâta- " ble désordre.... Ehbien! mademoiselle, » croiriez- vous qu'au lieu de s'excuser.
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» M. Pierre me répond fort malhônnète- » ment : Laissez-moi tranquille, Tousm'en-
■ nuyet.
« — Cela est impertinent, »' dit mademoisellé Bellavoine. " — Cela est même inconn Tenant , » ajoute Baisemon; « car en ce mo-
■ ment l'honnête Perpétue tous représen-
■ tait... PoursuiTez, fidèle servante.
■ — Hélas! je ne sais si j'oserai vous dire B le reste.... c'est bien pis, ma foi!.... Ce » Pierre m'avait quittée ; je Tais chercher » Jean, que je trouve dans le jardin; je le ■> menace également d'être renvoyé, s'il ne
■ fait pas mieux son service... ce grand vau' « rien me répond aussitôt... ah!. ..je n'ose-
■ rai jamais dire cela!...
n — Osez, Perpétue, je vous y autorise...
n osez, bonne fille... songez que tous n'êtes » ici qu'un écho.— Eh bien!... ce Jean m'a » répondu : On me r«iTerra si on veut.-.je n m'en f. . .
" — Ah! quelle horreur!.;, quelle abo-
■ mination!... dans ma demeure... dire ; je . ■ m'en... prononcer de ces mots-là!... Ah!
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-u. le misérable ^rçont... cela est rérôUant, n o'est-ce pas, monsieur BaisemoD? — Gela Il est hideux , mademoiselle ! — Et qu'arez-
■ TOUS répondu à cela , Perpétue? — Eh n mon Dieu ! je suis restée suffoquée , laîsie, " je n'ai rien trouvé à répondre! ■ — Pauvre
• fille.' c'était bien fiiit pour cela!... Il faut » queces deux grossiers personnagessortent R de chez moi... A l'iDstantmème.... qu'ils
* fassent leur paquet, qu'ils ne souillent^s
■ me demeure allez les chasser, Perpé-
■ tue.^Ah ! mademoiselle, je n'oserai ja- » mais-., après ce qu'ils m'ont dit déjà, je B craios d'en entendre bien d'autres F — » C'est juste , ce ne serait pas prudent. ^ » bien! ibonsieur Baisemon, chargez-vous
■ de ce soin ; allez trouver ces deux garnen mens, réglez leurs comptes, et qu'ils s'en » aillent. »
' Baisemon n'est pas tr<^ satis^t. d'être chargé de cette commission; mais accoatumé k obéir aux mbindres désirs de mademoiselle Bellavoine , il s'incline respectueuaettient et s'en va trouver les Lorrains. La
sjàlle fille ^ sa 6er.vapte< aUen^est 9r«c in- ^iiétu4eleiiésuHf4:<ibslactéraarcli!çd^!BaiseT fMBj «Ues redputeat une Bcèoe^'^u brffit{ putia.^t gpçs régisseur r^ralt.bientjlit l'aji-
àiirili •■ j'vi trouvé ces. dçux va)^t& bea^cQup ,-;p:ljj9 douR qÙBge.neà'^itpétais:; Ufi paçU- « ropt; sËul«neiit , comme U se fa^t d^jh f t^, ils pa'oQt demandé la.pern^issiiHi.de
■ passer encore la nuit içi;:daii)^4de*grivi4 « matin ilsâ'^()igi)eroiH.J«p'aipa»'cru,de- » v<»r}eii,Tx^{aXToette.deaafin^eicepeiiâiOi. •• j'en r^fèi^ à tqs ordrfis, mademaiwlle. —r *> A la Jnifiae heure, qu'il» (»><iiçbeat poçorç
> cette. BU)t; mais «pi'iU itarteut -demain^,
■ cftrjelie.paispfU'doQQeijàdesdome&tique?
■ qui disent... ah!.. .fi!.,, fii^.. oublions ces
> viliûnea paroles et qu'U ne soit plus ques- » ti<Hi.de toutceçi...! »
. On ^ revenir Virginie , qui , au lieu de rentrer dans M chambre , avait trouyé l'inst»at de reacentFer Godibert et Domloux j et donné pour la nuit un rendez>Tau3 à chaqun de ses amoureux.
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38 ' lA rvcBLLi
' Lapetîtenièceestrerenae, lesyeuxbaissés . prendre sa place habîteeKe près de sa tante; celle-ci lui donne une légère tapj^e sur la jone et regarde Baisemon , en disant ; u Quand on a chez soi la fleur de l'innon cence , on ue doitpas t'exposera entendre H tfe. grossiers valets.... u'est-il pés vrai, n respectable Baisemon? — Je suis de votre '■• aTÎs , mademoiselle , je me feis un devoir Il ' de rètre toujours. ■
Grinoie, qui estrétabli, vient présenter ses respects & sa maltresse. La coïtduite incivile des protégés de madame Beuré venait de rendre au vieux paysan les boAnes grâces de sa maltresse et de Perpétue. Oo lui par> donne d'avoîrétéinaladeeton lui enjoint de reprendre ses occupations,
■ Mftis je croyais que mademoiselle avait <• pris deux nouveaux serviteurs, » dît Grilloie. o ' — Ce n'était qu'en attendant votre ■ guérison, mon pauvre Grilloie; vousroili « sur pied , les deux Lorrains partiront de- » main. — Ah! c'est deux Lorrains qu'étions » entrés ici... ma fine, je ne tes avions pu
„.,„..G.K,yl.
Bl IBUITILLI. SS
« eocOTe aperçus!,.. — Allez, TÎeux Gril- » loie, continuez à me bien servir, j'aurai ■ toujours pour vous les mêmes bontés. »
Le vieux pay^Q aurait pu demander quelles étaient ces bontés , puisqu'on l'avait laissé au pain el à l'eau tout le temps qu'il avait été maladej il aime mieux croire que c'est par ordonnance du médecin qu'on l'a traité ain«. U faut toojours voir les choses du bon côté. .
Il était huit heures et demie dusoir, mademoiselle Betlavoine , qui avait fort mal dloé, soupait ainsi que sa nièce et fiaisemon . Perpétue semait avec son zèle ordinaire , attentive  passer la bouteille au convalescent r^p^seur, qui en usait comme s'il n'avait pas été malade. Grilloie était aussi là, il venait prendre les ordres de sa maltresse rdatiT«ment h des changemens qu'elle voulait fair^ exécuter dans son potager , et la vieille fille avait poussé la bonté jusqu'à direà Perpétue de verser  Grilloie un demi-verre de vin, pour activer son zèle à son service.
Des pas qui se font entendre dans le cor-
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riâor sttirMit l'attentioa de mAdemoîMile BellaToiDe. - Qai vient ici?- dk-«lk!, ■ èes ■> deux Lorrains se permettraient-ils de se » présenter derant mctt?... renroyez - les , » Perpétue, jeoe veux plus tes voir... lift ■ Tiennent sans doute me demander excusa » pourqueje tes garde, maisc'estinBtilel...
» je ne pardonnerai pas.v
nademoiselleBdiavoine n'avait pas adieré ces mots, que Godibert et DoudouX' oU' vraient ta porte et entraient dans la salle à inanger; mais leur tête hante, leur phTaîonomie assurée et presque moqueuse ; n'annençaient pas de» gens qui nesbeDt solliciter un pardon.
« Que TOîileï-Toijs ?...*■ que venez-TOus f faire ici ? ■ s'écria la vieille fille d'un toil aigre et impérieux.
M — Mademoiselle , dit GodibeH; { comme » nous deroos tous quitter demain , Mous ». venons tous rendre votre livrée , que fc nous ne jugeons pas devoir emporter avec » non». • , ■■
En disant cela , il tire un caleçon qu'il
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M BELLBVaLE. Al
tenait roulé sons son bras et le met sur la table, Doudoux en feit autant.
« Ils sont plus honnêtes que je n'aarais » cru , <• dît mademoiselle BellaToine à Bsi~ eemoQ ; ••j'ai presque envie de leur faireca* » deau de ces caleçons.
y — Nous sentons que nous n'étions pas » en état de bien servir mademoiselle ; aussi -» sommes-nous décidés è nous faire soldats "■ mon frère et moi !
.. — Oui... c'est je croîs ce que vous pou- > vez faire de mieux. . . Allons , voilà Grilloie w-qui casse son verre à présent ^.. on ne fait » donc que- des sottises à mon service?....
<■ Est-ce que vous retombes malade, Gril- » loie? — Non, mamzelle , non , c'est 'pas « ça!... 1
Le vieux paysan était devenu tout tremblant depuis quelques minutes , et son verre s'étoitécfaappéde ses mains; il se glisse derrière Baisemon , et lui dit à l'oreille : « Est » ce que vous n'avez pas reconnu ces deux » hommes?... — Non, Grilloie, que voulezn vousdirc?...— Qucjelesrecoonais, moi!...
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