‹ La pucelle de Belleville (volume 2)Chapitre 14 sur 28 · LA rncuLi · texte numérisé non relu

LA rncuLi

n malgré leurs perruques rouges ! ce sont » nos deux brigands de dessus la route :

» v'ia le grand et le petit!... — Ah! mon

■ Dieu !... »

Mademoiselle Bellavoioe hésitait pour faire présent des deux caleçons , lorsqu'elle- Toit Baisemon changer de couleur, et laisser tomber la salière qu'il venait de prendre. ,1 — Eh bien!.... qu'y a-t-il donc?.... H TOilà 91. Saisemon qui jait aussi des mal- » heurs..... la salière renversée... c'est de » bien mauvais présage... Vous avez quel- ' >• que chose, monsieur Baisemon 7 — Moi...

■> non... rien, mademoiselle... un mal de

■ goi^e qui m'a prisï... «

Le régisseur se penche vers la vieille fiUe, et lui dit tout bas : « — Grilloie a reconnu » ces deuxhommes... je les reconnais aussi' n maintenant... ce sont les deux voleursqin

» nous ont poursuivis sur la route! —

» Juste ciel ! se pourrait^-il?... — C'est un i> complot formé de longue main !... — Âh!

« mon Dieu ! et hier ils ont fait disparaître rt Gueulard... — 11 est probable qu'ils «eu-

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Dfr ULUTTLLB. 4S

a lent Dons assassiaer cette nuit... Je me

■ sens défaillir, mon pauvre Baisemon... — ■■ Mon Dieu , v'ià mademoiselle qui se pâme

■ aussi ! » s'écrie Perpétue , en courant à sa maîtresse. Celle-ci dit à Toreille de sa ser- Taute ce qu'ette vient d'apprendre , et Perpétue continue : « J'aurais dû le deriner à » leurs propos...— Prenez garde, ditBaise- »' mon , n'ayons pas l'air de les avoir recon-

» DUS ils tomberaient sur nous tout de

» suite... je vais aller chercher main forte... » — Non, je ne veux pas que vous nous jt quittiez... votre présence leur impose....

■ si vous n'étiez plus là , qui sait à quels ex- » ces ces brigands se porteraient envers trois H pauvres femmes?... — Envoyez Grilloie, H alors. — Je ne veux pas qu'il nous quitte » non plus. — En ce cas , moi , je ne quitte » pas la table , et je mangerai toute la nuit.

■ J'aime mieux mourir d'une indigestion » que par le poignard. «

Pendant que l'on parlait bas, Godibert et Doudoux étaient allés se chauffer contre le poêle , d'où ils lorgnaient Virginie , et

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celle-ci riaît sous cape , parce qu'elle detlnaitle motif de ta terreur qui se peignait sur tous tes visages.

Hademoîsetle Bellavoine pense aussi que le parti le plus SBge est de dissimuler jusqu'au lendemain matin ; elle s'efforce de caelier sa terreur, et adresse la parole aut deux jeunes gens , mais d'un ton aussi mielteux cette fois qu'il était aigre aupararant.

« Vous êtes donc bien décidés à vous Ésire u soldats, messieurs? — Oui, mademoiselle.

» — Voulez-TousTousrafratcliir.... prendre » quelque clioseaTec nous?... — Tïous ïkiï- ■ rons avec plaisir à la santé de mademoi- " selle. — Perpétue , donnez des verres , du f Tin à ces braves garçons.... et moi, de- » main matin , je leur compterai nne ^ti-

a fication une bonne somme d'argent,

« tout ce qu'ils voudront.,.. Je veux qu'ils ■« aient long-temps de quoi boire è ma " santé. . . — Mademoiselle est tr(^ bonne , n mais nous n'accepterons rien. — Oh que i> si! il le faudra bien... Je suis bien mat- > tresse de vous donner de l'argent , mait

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. Il -J- Ce que vous faîtes-là est prodigiease- T> meut adroit!» dit tout bas Bàisemon à la vieille fille j ■ en leur offrant tout ce qn'ife B désirent, cela leur ôterè pèut-^treKenvie de n vonsTolep. Dites-leur que vous le* gardei> rez aotânt de jours qu'ils roudront. » ' ''

■ ÎBademoiselle BellaTolne se hâte d'engager les jeunes gens à ne point partir le lendemain; mais ceux-ci persistent, et, après avoir bu et salué la société, ils prenneut congé, en annonçHit qu'ils voiflt Se coucher , et partiront de bon matin.

LesjfeUneà gens partis , on tient conciliabule derant Virginie, àqui l'on apprend que les prétendus valets sont deux brigands.

" Est-ce que manizelle ne les a pas recon- «• nus pour nos deux voleurs de la routé? ■ ditCrilloiè. « — Eux... les voleurs delà il ronte!... Mais vous êtes fou, Grilloie jils h ne leur ressemblent pas. — Oh! parce » qn'ils ont des perruques; mais... — Mais » je vous dis que les autres étaient bien

■ plus âgés.... Ti'est-ce pas, monsieur Bai- » seraon?!»

4ft LA: NICULE

BaisemoD ne sait plus auque^ croire.

l'air persuadé de Vii^finie ébranle sa coavictioa; il doute de ce qu'il affirmait ua iustaat auparavant ; et mademoiselle Bella- Toioe s'écrie :. « Grilloie, si ces deux homi- » mes ne sont pas des- voleurs , je voua re-x tLenssiEmoiedevosgages, pour vous ap- A prendre à me faire donner de mon via  ■ deuxmaDans.quiontfaitlesiasolensche£ .

» moi. »■

Grilloie reste tout saisi de cette œenaee, et commence & craindre' de s'être trompé.

Cependant Perpétue dit à son tour ;

«mademoiselle, il est très-possible que H Grilloie ne soit qu'un imbécille : ce ne se- ■- rait pas la première fois qu'il verrait de n travers , d'autant plus que madame Beuré ■•la. fruitière m'av^jt répondu de ces deux »■ hommes; mais enfin r<l8n8:le doute, il me n semblequ'ilfaut toujours preudr«sespré- » cautLOQS ! — C'est juste. Perpétue, c'«8t' s raisonnaUement pensé. — C'est parier n comme PBlUseile<méme,« ditBaisemon:

u prenons toutes nos précautions pour n'être

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DI BILLSTIU.E, 47

» pas tués cette -niiit. — Si nous cout^iobs » tous ensemble !... » s'écrie Perpétueavec iospiratioB. Hais mademoiselle Bellavoiae r^arde -sa servante et fronce le sourcil.

« Y pensez-Totis , Perpétue ? Quelle idée . n TOUS vient 16 ! La décence avant tout.

M — Hademoiselle , quand je disais cou- H cher ensemble , je voulais dire dans la » même pièce... A Dieu ne plaise que j'aie ■. d'autres pensées ! — Non , non , Per- , » pétue, cela serait intolérable. Hais ce qu'il

■ est , je croîs , prudent de feire , c'est de ne n point coucher dans nos appartemens ac-

■ coutumes Cela dépistera les voleurs :

n H. Baisonoo et Grilloie coucheront cette H nuit dans une des pièces près de nous.

■ 'Allons , Grilloie , et vous , Perpétue , allez

■ transporter les lits : Perpétue , vous cou- » cherez dans la même chambre que moi...

■ Je prendrai le grand salon jaune , et nous

■ mettrons ma nièce dans le petit cabinet » quîdonne dedans. — Comment, ma tante, » TOUS voulez que je change de chambre ?

» — Oui, mon «nfaat. — Mais puisque je

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,« n'^.paft peur, ma taipite'^.. -rCest ég^l , ■ ma qièce ; je répoods. de TVlf-e pecsMme , » «t jedofsyeiUersur vi^u^, mëqtepeodafiï Il que,vcMis dormez, Qufi^;^jt M. .Bw^num » et àGrilloie, ils coucheront diR#s la bi- » bliothèqnç,,à côlétïpjipu^.;" : ! . .- -

Cet aiTaogement, ne plaît jaull«meiit & la jeune fille , qui avait d'autrâs projet^ pour U Duit; iD&iB la vieille ^aate à ilécidéque i^la BCfait alà»i. CeptijtdaQt, malgré aoa humeur, Vii-ginie -ap }^\H. s'e|Dpé<ber de sourire .jvçar , daD^ les di^psitipne' que, sa .tante vieut de prendre., i)y jiqu«^;qti.t]hose (]uidoit,dapssa pensée» amener de«i^gulieEe .érénemuis; ^lerpétue et GriJIoie vont (^é- Fâr la traoslalion des ,lits , et pendant ce .;^mps Baisemon continuede boire , afiu.de inaintenvr . sou courage; ou de noyer sa fraypur-

Lep.deux valets viennent annoncer que fout «st prêt. Ou s'arme de flanibeaux. Ua- (leœoîsellQ ^eUavoine prend le bras de s« Tiièce ; Perpétue se tient tout coiitre BaWemon, etGriiloiefermelamarchç. Annioin-

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Ure brait eaUsé ppfiflVMf, qui SQUfile'oe «)iF-là avec, force dftas les longs corridors .de ;laTÎeiUe.aiaiâOQ,cbAcaD:s'aiTète entrentblf^tvet^oitvoir le^ Larreinsarméâdepoigbftrdfc <ia. tout au mottiH de couteaux. Cepeitd«at le chemin: se fait sans que l'on j-çnwfltre perÉOflne, ■ On »mye deïâot la porte du ulonjauite^ C'est une imioeose {Mèof > dont dd pourriùt facilement faire iinc io^noerie : aussi sperço>t-on àp^ine les deux jUs^'on. y a dressés pour mademoiselle ■Q^Utt'^oine et sa suivante. Au fond est la ^rte d'an vaste, «pl^nei!, qui û'* qu'une ^tita i«pètfe cillée. C'est là qu'on a. fait unîitp^UrTirgiiue. Lee 'dames entrent dans

le salon jaune ; les deuic booHnes doivent leoufih^n^Qsla biMi<>tUèqu^, qui e^t'à'c^té.

H Ifou^ atlo&s nou» enfârpaer, n dit madejnoi^e Bellavçine; ,|i ttui» au premier ,.. brijjt, yeaezyilei àotreaide..; Wou^frppr ;■ .perone 4u mur pûVf qQe tous entendiez K'.piiïiM^. — 11 suffît,, nademoiaeUë;. reposât «^ SBH^ terreurj aous sommes-U prêts à voler j) yecs vous. — Mous y comptons , monsieur IT. 5

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SO LA menu

■ BaisetDOn ; demain il fera joar; et si ces » deux hommes sont encore ici , nous avise- » ronsalors au moyen de prévedir l'autorité.

■ "-Fiat voiuntat tua. Bonsoir de recbef. •

Perpétue fenne la porte , mademoiselle BellaToine envoie sa nièce se coucher dans le cabinet, et pousse la précantion jusqu'il fermer à double tour la porte de sonréduit.

Puis la vieille tente se met au Ut, en invoquant tous les saints du paradis pour que les voleurs ne découvrent point son asile , et Perpétue va en faire autant sur un lit de sangle qu'elle a dressé à l'autre bout du salon , afin de ne pas entendre de trop près mademoiselle Bellavoine qui, en dormant, ronde comme nn porteftiz.

Virginie s'est couchée avec humeur en envoyant au diable sa tante et Perpétue ; elle est indignée d'être enfermée dans le cabinet, elle est furiease de n'avoir pas couché comme A l'ordinaire dans sa chambre; car il faut que vous sachiez qu'A force de r^arder sa serrure , elle était parvenue i'ftter les vis et à les replacer sans qu'on

■IBBLIEVIUI.

s'aperçût de rien ; elle pouvait donc , dans la Duit , jouir de sa liberté malgré Te double tour donné à sa porte. Elle n'atteudatt que l'occasion d'en profiter, et ce jour-là même cette occasion s'était présentée. Virginie avait rencontré séparément Godibert et Doudoux,- chacun de ces messieurs l'avait suppliée de lui accorder un mom ent de téte-àtète , et à chacun Virginie avait répondu :

ï Je vous attendrai cette nuit, et pour qae i> TOUS ne vous trompiez pas , je mettrai un ■• bouchon de paille à la porte de ma <^amr n bre. !■

L'intention de Virginie n'était pas de rester dans sa chambre qui se trouvait entre sa tante et Perpétue ; afin de jaser sans (^'ainte d'être entendue, elle avait songé à se rendre dans la bibliothèque qui était située à l'autre bout du corridor ; c'est là qu'elle ayaît été attacher un bouchon de paille pour servir d'indication aux deux jeunes gens auxquels elle comptait avouer que ce n'était ni l'un ni Vautre qui avait touché son eœur.

Hais les nouvelles dbpositions prises par

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K) ' EA nciLu '

la vieille tante ont rendu inutiles toutes le» combinaisons de là jeune fltte ; il n'y a pas moyen'de sortir du cabinet dans lequel oà l'a enfermée , il faut donc y t<ester en enrageanl; Virante prend le paFti iit'y dormir , c'est Êe ique l'on peut faire de mieux poQf oublier ses ennuis.

- Baisemon et GriUoie sont entrés dans la bibliothèque où leurlitestdre^é. Le pégisse«r, qui à beaucoup bu pour se donner do courage, n'a gagné à cela qu'une grande enïie de dormir; il se dépécbe de se fourrer entre ses draps en murmurant : « Orilloie , » TOUS ferez en sorte de ne pas me réreîl- • 1er... la petite nièce nous fl joré que Ces M deux garçons n'étaient pas des voleurs...

k Par cotieéqueat tous êtes une bête, moa "brave Grillme, dorulons tranquillement.

" -^ Et moi , je TOUS dis quô ce Sont Ici " deoï bommes de la route... Oh ! je les <• nireoounusL.. on a beau dire... tous êtes nbien heureux d'avoir tant de donrag^.,.-.

> allons, te t'Iâ qui dOrt d^ comme on a soboti <\ ■ ^

n BELiiTiLii;. S S

Baisemon était endormi; Grilloie, qui est loin d'être rassuré, promène des regards tjraintif^' autour de lui , et envie la tranquillité du régisseur ; il cherche conHnent il pourrait se donner du courage , ou tout au moins un sommeil aussi prompt , et il se rappelle que, dans la précipitation que Ton a mise A faire transporter les lits , on n'a pas songé à ôter le couTert du souper. " Il » doit y avoir encore du vin, » se dît Grilloie , « il n'y a rien de tel que le vin pour n chasser la peur; allons chercher la boun teille, je ta finirai ici. n

Grilloie sort, tenant sa lumière en avant, tremblant toujours , mais capable de s'expo- ■ser i tout pour avoir une bouteille de tin.

Il airive à la salle oi!i l'on a soupe; il trouve ce qu'il voulait, 11 met la bouteille sous son bras, etse hâte de regagner la bibliothèque.

Aumomeot d'entrer, le vieux jardinier aperçoit un gros bouchon de paille attaché au bouton de la porte , et que Baisemon n'avait pas remarqué'en entrant dans cette pièce , parce qu'il était déjà à moitié endormi.

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