‹ La pucelle de Belleville (volume 2)Chapitre 15 sur 28 · IV · texte numérisé non relu

IV

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Grilloie araace sa lumière, examine |ce bouchon de paille , et se dit : « C'est drfile ■ ça... est-ce que c'te chambre t->. à venn dre?... ou ben est-ce qu'on a mis ça là.... Il comme un signal. . . pour se reconnattre? >

Le vieux paysan commence par ôter le bouchon de paille , parce qu'il ne se soucie pas qu'on vienne les trouver, puis il va l'attecher à la porte du salou jaune, en se disant : « Si on va gratter là , mamzelle Per- H pétue entendra , elle appellera , et nous » aurons le temps de nous reconnailre. »

Enchanté de son idée, Grilloie rentre dans la bibliothèque, il s'y enferme, il avale d'un trait de contenu de la bouteille , et se jette sur le lit , où il ne tarde pas â s'endormir aussi profondément que Baisemon.

Les jeunes gens étaient rentrés chacun dans leur chambre, n'ayant garde de se rien dire l'un à l'autre du bonheur quils espéraient pour la nuit. Ils attendaient que tout fût calme dans la maison. Godibert quitte le premier sa chambre j il ne prend pas de lumière , cela pourrait le trahir;. d'ailleurs

D< BRLi«Tni.E. BS

les antoureux aiment assez l'obscurité. Le ci^leTaiit cuirassier traverse la cour, n'ayaat plus A redouter les aboiemeos de Gueulard; il monte l'escalier , entre dans le corridor où il sait qu'est le logement de Virginie, et tâtonne k chaque porte , jusqu'à ce que sa main rencontre le bouchon de paille.

« C'est là ! - se dit Godïbert , et il reut entrer, mais la porte est fermée en dedans.

■ Qu'est-ce que cela signiBe t la petite » aurait-elle changé d'idée , et ne voudrait- » die plus me receToir?... oh! je ne serai a pas si près d'elle pour rien ! j'entrerai , y dussé-je briser la porte... Cependant lait chons de trouver un moyen qui fasse » moins de bruit. »

Godibert tâtonne de nouveau; il s'aperçoit que cette porte est à deux battaos , et comme on a oublié de mettre ce qui assujettit l'un des côtés au plancher, en poussant avec un peu de persévérance, les tours s'échappent du pêne , et les deux battans s'ouvrent.

Godibert est entré , son cœur bondit de

L* PtCEUt

joie, il se donne à peine le temps de repousser la porte , il ne pense qu'au bonheur qu'il Ta goûter près de Vii^inie. Il marche, les mains en avant, il ne va pas loin sans rencontrer un lit , et ce Ut est occupé , une respiration assez forte l'atteste.

K Elle dort ! » se dit Godibert, u parbten!

» je serais bien sot si je ne profitais pas de » l'occasion! ce n'est pas sans peine d'aiF- « leurs!,,, etje l'aibiengagné ! ■

En un instant le jeune homme s'est débarrassé de ce qui le gêne , il se fijurre dans le lit , près de Perpétue qui rêvait à Baisemon , et se sent réTeillée par de tendres baisers. Elle crie d'abord ; mais bientôt elle s*apaise , eo balbutiant d'une roix étouffée : « Tous n'êtes donc pas un roleur 7

■ — Un voleur! » dît Godibert, • mais je ■ snistou amant!...jesuisceluiquit'adore!

n qui ne s'est introduit ici que pour te voir!.. •

Perpétue ne trouve plus rien à répondre ; elle se soumet de fort bonne grâce , en regrettant que le jeune homme ne se soit p;is déclaré plus tôt , et Godibert se dit : "Ce

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M ■HiEVlLlE. tt?

i n'est fus toat-à-fait ae que j'espérais !.... » c'est singqlier pour une jeunesse ; mais il

■ faut prendre les choses comme elles sont.»

DoudoustoujourstimideetpriideDt, n'est

sorti de sa chambre qu'obe heure après Godibert , Mot il oraint de odnlproinettre celle qui reut biao le reeeroir ïi nuit. Enfla il se met ea route â tAtoas , comme Godibert , et comme celui-ci il s'arrête au bouchon de paille ; il a'a pas la peine d'enfoncer la porte qui n'était que poussée. Il entre dans le sa^it jaune. Après une heure donnée k l'arnsor , - Godibert s'était endormi : c'était peu pour un cuirassier, c'était beaucoup pouç le compagnon de Perpélue. Le hasard Teut que Doudoux porte ses pas d'un autre côté , il arrive au lit de la tante qui rOnSait, suivant sa vieille habitude.

« Elle jouit d'un heureux sommeil t «se dit Doudoux ; > fille de Paphos l je vais » donc connaître près de toi les joies réser-

■ vées aux bienheureux ! je vais atteindre

■ au troisième ciel... dieu de Gnide et de > Cyth^e , je te remercie ! »

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En disant cela , le jeune homme ôtaît tout ce qui aurait pu l'embarrafiser pour ainjer au troisième ciel. Bientôt il eet près de la dormeuse ; elle se réreille et Teut ciîer ; comme Godibert il étouffe ses cris par des baisers; on le bat, on le pince ^ on le repousse , mais en vain. « C'est un cosaque, <• murmure la vieille tante ; u que lee^ décréta H de la Proïidence s'accomplissent 1..^ "

Vou& penser saBs doute qu'il fallait qae DoudouifÛt bienoovLce pour s'abuser aîi»i ; il l'était beaucoup en effet ; il est un è^ où l'on a tant d'illusions ^ un autre oill l'oil a tant d'imagination .',.. et uitautreoù l'on ittfi plus rien du tout 1

Le jour succéda à la nuitj c'est dans l'ordre. Il faut qu'il y ait éclipse de soleil pout que cela n'arrive pas ainsi ; mais comme U n'y aTaitpoinld'éclipseleteDdemain de cette nuit mémorable, nos deux amoureux eo s'éveillant se virent coucbés l'un près d'une vieille douairière, l'autre contre une vilaine cuisinière. Tous deox se frottent les yeux, doutant encore de ce qu'ils voient; ils saur

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Di Kuiva,u. B9

tent en bas du lit, en jurant comme des damné»w Pour augmenter leur colère, les deux femmes s'éreillent, et se permettent de les regarder tendrement.

H II y « de quoi se pendre ! ■ dit Godibert ! u — Je n'en relèTerai pas ! » dit DbudooTC, Cependant la colère des jeunes gens ne peiit pas tenir contre la surprise qo'ib épronveilt eb regardant dan» le lit l'un de l'astre; un rire fou s'empare d'eux j mais 's'apercerant que leurs dames font un mouvement pour se lerer, et ne voulant pas s'exposer i Toir au grand jour ce qu'ils «nt adoré ï& nuit, ils s'emparent à la hite de- leurs vAtemens, et se sâurent comme si des ftiries les poursuiraient.

Alors mademoiselle BellaTOÏne et P«Tpétue s'aperçoÏTent , cbacnne assise sur son séant : elles poussent de profonds sou[Hrs; 1b vieille tante s'écrie ■ Ah! Perpétue t.... H qnellenait!... — Ah! quelle nuit , man demoiselle 1

H — Ces deux scélérats sont entrés icipen- B dant notre sommcillj.. — Oui,mademoi-

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» sdle.iti Oh t ils avaient àéi rossignols ! et « defacaeus!... — Le respectabteBaisemôn <■ avait raison.... oe sont des coïkques dé> n guises!... — Oui, mademoiselle..,. CA!...

j> ilfl se sont conduits eo vrais ptndoutCft,.,. j> he eiel m'est témoin <{« je me suis dé- » fendue tant que j'Ai pu !.... mais contre la " force que voUlez-vou* feire, mademoi> » sella?..-, -r— Moi, j'ai combattu le dénon » desoiigIesetdes{>ieds...maisilm'aTaiD- » eue., k .&Jj!Perpétuec'élaitbieBkt peine ■a de porter des cflleçons jusqu'i Goisant«^ fl daqaaspourfinir...— ^fariètreeeseqtiée, » n'est-ce- pbà, Btadeiuoi8dU«?...-^SI(àsi dt • » moins, fcvpétue, que jamais votre bou- » ' che ne divulgue les évéDemess de cette ji nuit! — Ohl jén'aighrdesil'yTadenotre •< honneur!... pensoone qae<»ous oe eawa " ôe seorA !

* —Excité moi! - se dit Viiçiwié, qui, l'oreille collée contre la-porteiélw-oabwet, écoutait la conversation de sa tante et -de ■Perpétue.

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»• BËUmuE.

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