CHAPITRE III
Lu jeunes ^la étaiejQt sortie de la mair -8DQ uns regarder derrière eux ; ils couraient de toutes leurs fonïeK, tenant une partie de lairâ vèlemeûs souâ leuirs. brqs «t oi^bUant ^'ils n'étaient <(u'à demi habilla f: Wiis l'un avait entrefu le. genou de Perpétue, J'autre le sein de mad«ai<ùselte BelU^pÎQe , et il j avait bien de quiiH faire saijiiver les fihA ÎBtrépides.
. Us s'arrêtent pourtant , parce qu'ils sent obligea de reprendre baleine. Ils .so^t- dans i» campagne; heureuseqientiLest de grand matin et p^sônne ne les a rencontrés dans leur toilette de nuit, Ils s*babillent rive-
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ment, tout en se disant : <• Cest une iniàu mie!... c'est une horreur!... — Cette har- » gueuse Perpétue!... n'a eu garde de me
■ détromper. . . oh I . .. l'infâme cuisinière. Je » me disais aussi... il y a un goût d'ogaon
■ dans ces baisers-là!... — Moi, j'avoue que » je n'ai pas eu le moindre soupçon... d'au- <• tant plus qu'on avait la petite culotte de • finette... et je sais, à n'en pas douter, que M mademoiselIeVirginie en porte... il paraît » que la tante en met aussi!... qui diable » await deviné cela?... Qai aurait cni.cett« ■> petite Virginie capable de nous jouer un » tour pareil?.... car c'est elle qui m'avût Il donné un rendez-vous dans cette cham- » bre... il y avait un bouchon de paille i la " porte, c'çtait convenu. — C'est absolument X comme pour moi.. .un bouchon de paille...
» et il yfétait bien ce maudit bouchon \ -^ » vous voyez qu'elle se moquait de nous » deux 1... — C'était bien la peine de nous !• battre pour elle.... — Je la déteste autant " que je l'aimais ! — Je ne puis plus la souf- " frir ! — Je retourne à Belleville- — K
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DK EBLIIVULE.
» moi à Paris. — Adieu, monsieur Go^iu bert... sans rancune. — Oh! nullenjLent,
* monsieur Doùdoux ! . .. nous n'avons pas été n plus lieureux l'un que l'autre.... — Vous » ne lui reparlerez plus, n'est-ce pas? — » Jamais ! et tous ne cherdierez plus A la
• revoir? — }e m'en garderai bien. — Adieu » donc ! — Bon voyage I «
Les deux rivaux se donnent la main et se séparent. Ib étaient sincères alors et avaient bien l'intention de tenir la promesse qu'ils venftient de se faire mutuellement ; mais les sermens d'amour ne valent pas^ mieux que les autresl Trouvez-m'en donc que l'on ait respectés,
Baisemon et Grîlloie ne s'éveillent que fort tard; ils se regardent avec, cette salis- &Ction que l'on éprouve assez ordinairement i4>rè3 avoir bien reposé : — « Ha foi, Grit » loie, la nuit a été fort bonne !....» dit Bai^ semon en se levant. « — J'ai dornù tout v.d'un somme l — Moi. de même... je n'ai K pas entendu le moindre bruil! — Ni moi.
» — Vous TOUS étiez trompé, Grilloie , ces
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* hommes n'étaient pu des roleartî... — k DameïfaudraTtnrB'ibn'ontrieaemporté.
» — Allons DOns iofonner si œs dames ont H bien reposé, n
Baisemon va heurter i la porte du salon jaune , que Perpétue avait refermée après 1a Alite des deux jeunes gens.
•• C'est aous, mademoiselle, » dît BaisetnoB, « peut-on vous prés^iter ses de- » voir»? »
Perpétue était levée, elle vient oumr, sans lever les yeux sur Baisemon. Haderaoibelle Bellavoine était enoore au lit oA ell»
toussait beaucoup plus que d'ordinaire.
« — Votre nuit a-t-elle été paisible; mademoiselle? n dit fiaisemon en s'incUnant devant le lit.
■ Ahf... comme cela, mon cher Baise- > mon, commecelat... est-ceque vous nV 1- vez éuteedu aucun bruit cette nuit? — »' Aucun, mademoiselle. ... — AUoni, tant » mieux I.... moi.... j'ai eu un terrible caïf •• obemar!... je m'en ressens encore!... — ^ « C'est cela que mademoiselle tousaeheau-
» coup ce matin ; et tous , bonne Perpétue?
M — Moi, j'ai fait des raves qui m'ont bien M agitée) — Voas voyez cependant que nous » noua inquiétions à tort!... ces deux Lor- • nins sont probablement partis... — AUeE ■ Tona en assurer, mon cher Baisemon ; s'ils M ne l'étkient pas, dile»-lear que décidé^ » ment je leur pardonne et lès garde à mon :>■ sèrrice...^ Quoi! mademoiselle. — Oui, n j'ai réflé^i. . . ces jeunes gens peuvent s'a-
» mendcr se corriger Il ne hui pas
- fermer aux pécheurs les voies du sa- » lut!.;... dites-leur qu'ils auront tous les D jours du vin à discrétion... -~ Du vin? man denoisellel — Oui, monsieur Baisemon.
» — Je vais vous obéir, mademoiselle. >■ Baisenum salue et sort du salon jaune, ea se disant : > Le roi François I" avait raison t H Souvent /imme txtrie ! ratis y oi^aaeyieiile <• âUe qui s'y prend bien tard pour varier! ■
Baiaemon revient Inentàt annoncer que les deux domestiqaes sont partis , mais qu'ils n'ont rien volé.
» Ah! ils ont fait bien fie! * murmnrft
mademoiselle BellaToine , en levant les y^ix au ciel. Vir^nie était sortie de son cabinet; elle araitTair plus moqueur que d'ordinaire, et il lui échappait des éclats de rire toutes les fois qu'elle regardait sa tante ou Perpétue; mais ces deux dames étaient trop préoccupées des souvenirs de la nuit pour remarquer la gaieté de la jeune fille.
u Coucherez-Tous encore cette nuit dans » le salon jaune, ma tante? » demande Vir ginie d'un air malin. « — Non, ma nièce, " je pense que c'est inutile ; nous repren- » droDs tons nos locaux respectifs. »
' On reprend la vie uniforme et monotone que l'on menait chez mademoiselle Bella- Toiae arant que les deux jeunes gens n'y entrassent; mais leur absence est . Tivement sentie. La vieille tante se permet de pousser de temps â autre de longs soupirs; Perpétue ' se plaint de n'avoir plus personne pour l'aider; Vilenie. se dépite de ne plus trouver l'occasion de s'amuser; Grilloie dit qu'il a trop d'ouvrage , et Baisemon a remarqué que Perpétue n'est plus en eslase devant lui.
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La maison semble trbte ; on recommence à trembler la nuit, et on frémit en songeant que Ton n'a plus Gueulard pourfaire le guet.
Cependant le }vintemps ramenait les feuilles et les doux ombrais ; la campagne redevenait riante, mais le soleil semblait craindre de pénétrer dans ta vieille maison où l'on gardait Virginie.
M. Troupeau avait écrit plusieurs fois à sa tante, et dans chacune de ses lettres, il lui mettait ; •> M. le comte n'est pas encore re- * venu de son voyage; mais il m'a écritqu'il ■ était toujours dans les mêmes intentions ; » veillez donc sur Virginie, comme sur la B Lampemerveilleusede3i>/i//ee^ UneNuitt; a j'irai la recUercher dès que vous me l'or- » donnerez , et je me flatte que vous reviea- » drez avec elle près de nous,
» — Nous avons le temps , » disait la tante; « pubqueceseigneurest toujours en voyage, » je puis Lien encore garder ma nièce près » de moi. Tu ne t'ennuies pas-chez ta tante, y n'est-ce pas, Virginie?
» — Oh ! non , ma tante ! ') répondait la
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jeune fille, eo bAiUant de manière à te d&cbirer les oreillcB.
. Un matin , le vent , la pluie ou le temps , font tomber tout un pan de mur de U maison de mademoiselle BellaToine, et fléchir le plancher de la salle à manger. Austitèt la terreur s'empare de fiaiseraon { il prétend que le plafond de sachambremenaceEuina, qu'il est imprudent de rester dans une maison qui peut s'écrouler sur ses babitans.
Pour preuve, il fait remarquer qu'il ne peut y faire un pas , sans que le plancher ne oîe sous ses pieds, ce qui n'avait rien de surprenant, vu U grosseur du personnage; mais Virginie se joint à Saisemon, Perpétue déclare qu'elle ne descendra plus & la cave', <lont les voûtes sont criblées deiézardes; ou persuade la vieille tante, qui consent i quilr tersa demeure jusqu'à ce qu'on y ait fait les réparations néceuaires.
Mademoiselle Bellavoine possédait une autre maison dans le centre de la. ville; die ne l'habitait pas , parce qu'on y entendait le bruit de la rue; c'est pourtant là qu'Ole se
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résout à se loger, jusqu'au moment où «Ue nuiiènera sa oièce à Bellerille.
C^te nouvelle deineure n'e point de juv din , mais elle est sitoée dans la nie U {iliu firéqoeirtée delà ville. Vîi^nie latitèdejoie eo ae tFOuraot dans une maison d'où l'vf^ aperçoit les passans, et quoiqu'on loi dfmoe une chambre sur le déirière , ellese promet de s'en dâdomm^r toutes les fois qàe sk tante aura le dos tourné.
Les beaux jours sont refemis. Ua qiatin, étant allée se placer à une fenêtre , pendent que mademoiselle Sdlavoiae faissit les oar* tes arec Perpétué, pour tavûr s'il reviea* drait des casaques dans )e.pays, Virginie aperçoit un jeune homme qui s'avance d'un air pensif. Son coeur a batta avec violence, sesjouessecolorentd'un vif incarnat. «Cest
> lui! >• se dit-elle. ■ Ohf c'est bien lui!...^
> H. Auguste Montreville.... mais il ne me « Tioit pas... il ne lève pal la tète... que je » suis malheureuse!.... mon Dieu! estce » qu'il Ta passer comme cela?... »
Virginie regarde autûar d'elle, elle n'a^
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perçoit qae ses ciseaux ; elle les jette bien Tite par ta fianAtrejc'étsit un rieux moyra {kecOmédie; mais les vieux moyens réussissent toujours. Dans sa précipitatioa, Vii^iiie aireit lancé ses ciseaux sur la tftte d'Àugudte j elle pouvait le bless» , ce qai eûtété une manière peu agréable de se feire reourquec; heureusement les ciseaux gUsseutsiv le chapeau et tombent aux pieds du jaiaa homme.
lAuguste s'arrête, ramasse lesdseaux, et «g^rde en l'air; la jeune fille crie qu'elle ts desceodre les chercher. Elle descend en eSètj mais la porte de la rue est toujoars fermée, et c'est Grilloie qui en garde la ckf sur lui. Virginie ne se rebute pas , elle ti trouver le vieux domestique, et lui dit:
■ Grilloie, j'ai laissé toBEiber quelque diose H- .par la feaâtre, ouvrez-moi vite la porte. » —^Jlademoiselle, je vais aller chercher ce ». que voua avez laissé tomber ,. il m'est dé- ^ fiendade vous ouvrir sans l'ordre de votre n tante. — Mais je veux moi-même chercher i> mes ciseaux oo va les ramasser,... I«
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DE BULIVILLE. TI
h prendre..' dépéchez-vouB donc de m'iMia vrir. — Je vais demander à votre tante, B à... — Gritloie....' mon bon Grillsie....
» comment vous me refusez?,.... ma tante » n'en saura rien... elle fait les' cartes uec » Pcq)étne... »
La jéDoe fille a passésa main sousie menton du vieillard , elle le cajole , lui fait de petites mines ; il y aralt dans les yei^z , dans les manières de Tii^nie, quelque chose auquel on ne pouvait résister, alors même qn'on n'était plus en âge d'en profiter. Le vieux Grilloie se laisse aller au charme et il va ouvrir la porte de la rue en disant : «£li » bien ! . . . allez chercher vos ciseaux , puis- » que TOUS en avez si envie t . . . ■
Tii^nie est déjà dans la me. Auguste attendait avec les ciseaux â la main ; il n'avait pas eu le temps de reconnaître la personne qui parlait de la fenêtre; il est bien surpris eo voyant devant lui le fille de H. Troupeau. Virginie feint aosù l'étoônemeut.
■ Quoi!... c'est vous, mademoiselle... — K C'est TOUS, monsieur!... ah! que c'est
n LA PVCILLK
- , «i^tuliep dénoua retrôuVep ici !.. . — You» )> n'habitez donc pluB ItélleTi)]e , raadémoi- > seUe? — Monsieur, je suis chez ma tante, it II y a déjà pUiùeim moii que mes para»
» m'ont envoyée ici pouc feire j^ïeir à ma » tante; mais, moi, ça m'ennuie beaucoup - de lili âiire plaiâî-... et je TOudrais bien H retourner k !B«lleVille... encore n'ar<»B' M nous pas totijoute demeuré dana une liiai- » son aussi e^éal^!.,. nous avôiu passé n l'biytt dans une espèoe de prison située » au bout du piys..; on ne Voyait , on n'eni> ttndait persomte;.. ahl je sbta sûreque » j'y M màigri.4. vobs deres me trourer » chau^ , n'est-ce pas , monsieur ? n
Virginie a débité tout cela arec I» pfécir jntation àt .quelqu'un qui se dédômâUge d'une longue privati(m ; Auguste sourit , et i comme it ne répond pas asees vite ail gré de la jeune fille, elle reprend en baïÉsaot'les yeux t
V Pardon , monsieur ; tout ce je vous idis U » vous latéresae peu ^ et œTa doit voat être B bienéçalquejetnesoisamaséeoanoal..^
Dl BILLITILII. 73-
» — Mademoiselle, ezcusex-moi si je ne tous » ai pas répondu sur-le-cbamp; c'est que » votre présence inaltendae m'a rappelé...
n tant de choses... que je Toulais oublier!... " — Cela TOUS contrarie de me Toir?.,. — » Non, mademoiselle, non... ce n'est pas » cela... mais je me reporte à Bellerille , au » temps que j'y ai passé... et mille circonf stances... dont je voudrais perdre le soun Tenir!... — Vous n'habitez donc plus » chez M. Vauxdoré?.. -^Non, mademoi- » selle... j'ai quitté Bellevitle... il y a déjà » long-temps... je suis retourné à Paris...
■ mais j'ai un parent qui possède ici une >• assez joUe maison... Ayant été un peu
• malade cet hiver, on m'a conseillé de ve- » nir passer le printemps k la campagne...
• c'est pour cela que je suis ici, — En ef- » fet... TOUS ites pâli... changé même...
•t Ah! TOUS arez quitté Seltevillei.. et...
>. Adrienne , y a-t-il long-temps que tous » l'avez Tue?... «
La figure d'Augnste se rembrunit ; cependantilaffecteuD air d'indifférence, en répon-
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dant: 'Je n'ai pas rencontré mademoiselle > Adrienoe depuis que j'ai quitté la maison n deson-pncle, el je ne pense pas aroir dé- » sonnais aucune occasieu pour la revoit*. >
Vit^fitiie a peine 4 cacher le plaisir que lui cause ce qu'elle vient d'entendre. Elle lève les yeux sur Auguste , en murmurant ; >[ Qu(H... tous ne désirez plus la voir?...
■ — Mamzelle !.., mainzelle!.. rot' tante >• TOUS i^pelle ! » crie Grilioie en paraissant sur le seuil de la porte.
H — Ah ! mon Dien!... nu tante me de- » mande... d^À rentrer t. .. que je suis mal- >> heureuse!.. Oh! ai tous saviez combien » jem'enuuie!., etpersoniiett'alacomplai- » saacs de venir me jdiatraîrd... j'aurais eu X encore tant de choses k tous deman- " der... — mademoiselle, je serais charmé n deTOus rencontrer, et si...
» — Ylk m' tante qui vient I ■ en disant ces mots GrillcHe tire Virginie par sa robe ' et la force à rentrer avant d'avoir pu répondrei Auguste.
La tante ne venait pas, GriUcHe avait eu
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une bosse peur ; mais il a fermé la porte , et Tirpnie est obligée de remonter au ealoD-
Dès ce moment la jeune fille ne peut plus rester en place; elle o'a qu'une pensée, qu'un désir, c'est de revoir Auguste , tfest â lui qu'elle songe continuellement. Cen'est plus un Sentiment de coquelterie qui ftiit traTailler cette jeune tête si tïtc et si Mie ; Tirginie ne se reconnaît plus; elle se surpr«id k rêver, i soupirer, et elle s'écrie avec effroi :
- * Mon Dieu! qu'aî-je donc?... est-ce que
> je vais derenir triste... ou béte comme n M. Boudoux... pourquoi penser toujours • à M. Auguste... qin, sans doute, ne pense ■ pas i moi... ànais s'il y pensait cepen- D dant... comment le savoir... il fiaudrait » le revoir... le rencontrer... je ne sot-sja*
> mais... je suis comme dans une prison...
K je veux sortir, moi.-, ou je tomberai mè'- <• lade! c'est indigne dé garder uae pauvre H fille comme une serine) -
Virginie s'est remise bien souvent contre
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la fenêtre, mais elle n'a pas revu passer le jeune musicien. Elle emploie une nourelle tactique pour en Tenir k ses fins : elle se rapproche de BaîseoiOQ , tourne et passe à chaque instant près de lui , le regarde ,' loi sourit, lui fait de ces petites mines enjûleuses dont ta rusée sait déjà que lès hommes ne savent point se garder. Et en effet, le gros BaisemoQ , qui n'avait jamais tu ta jolie petite nîèce le regarder d'un airsi aimable, et montrer tant de déférence pour ce qu'il dit, devient tout gauche, tout embarrassé , tout hébété chaque fois que Virginie est près de lui; mais Baisemon ayaof fort peu de chose à ftire pour prendre un air stupide , on ne remarque point le changement qui s'opère en sa lourde personne , excepté celle qui le fait naître et qui avait intérêt à le remarquer.
Un jour que le doux soleil du printemps invitait A la promenade , Virginie dit à »
tante : « Je voudrais bien aller un peu dans n la campagne... il n'y a pas de jardin pour ■ se promener ici... 6t je suis bien sûre de
» SILLBVU.Lt.
.11 neptus afoir d'appétit:» je Ineaors pas.
H Vous savez, nul tonte,, que depuis l|tlfil- K ques jours je ne mao^e presque .paâ3...
■ c'est parce que je ne prends plus d'esé^■
■ cioe, et si ça oontiuue, je ne mangerai > -plus du tout.
■ — C'est vrai , mon en&ot, n répond mademoiselle Bellavoioe, « tu manges moins
■ qu'autre&iîs... tu es nioins.gaie... tu as » moins de couleurs. C'est comme moi...
» depuis.... depuis mon caudhemar!... — u — Moi, c'est parce, que je ne me promène B pas, ma tante. — C'est bien embarrassant... » je ne puis pbs te pronnoner... }a marcbe » me fatigue... j'ai envie de te renvoyer i it BeUeville... — Ob! non, ma tante , je ne
■ veux pas y retourner sans vous... et rien
■ ne nous presse... d'ailleurs papa doit venir n nous chwcher. — Mais si tu tombais ma- >• lade?... — Laissez-moi me promener un >• peu , ça me rendra mes couleurs et mon - appétit. — Tu ne peux pas sortir seule, » mon enfant; avec Perpétue même cela ne a serait pas décent. Deux femmes sont sou-
nu C-oo^\^
?B uncHdA
■ rent insoltàes!... lorsqa'enee secroientè
■ . Et :1a vieille tante accompagne ces iqob d'un long ^oupir.
< <s Mail, ma tante; est'Oe que Bl.Saisemoii '• ne pourrait pas me donner le bras? cer- K tainemeot il ne me laissera pas insulter , - lui. -
BaisemoQ, qui est présent à cette coo- Tersation, s'empresse de s'écrier en Frappant -sur «on gros ventre : k Je répondrais de » TOUS sur mcH-méme , mademoisdie, dans » le cas où TOtre respectable ttnteme jugei> rait digne de tous servir de mentor.
» — Alors , honnête Baisemon, allez pro- H mener cette petite, je la laisse sans crainte ■• sortir avec TOUS, bien persuadée que vous • Teilleres sur son'' inocence!... — Conune
■ à c'était la mienne, mademoiselle. » ' Virginie est allée mettre un petit chapeau
de paille qui lui sert trop rarement, et elle revient prendre Baisemon, qui se sent tout ému en sortant avec la jeune fille.
■ Allons par là! » dit Virginie en indi-
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qoaat une rue qui donve surla eamp^^e, parce qu'elle a tu Auguste se dirigerde ce "côté.
■ Noue ironi où Tousroudrez , mademoi- » selle , » répond Baiseanon en souriant et eo passant le bout as sa langue sur ses lèvres, afin de leui' donner plus de Termillon. yirginie a mis stm bras sous celui de bob groscavalier, et elle le forceà marcher rite; BaisemoD sCHiffle et balbutie de temps à «utre : ■ Est-ce que mademoiselle ne serait » pas d'aTis de se reposer un moment ? —
■ Mais non , je ne suis pas lasse ! • Tirginiefait promener Baisemon pendant
deuxheures; elle nereocontre pas Auguste, il &ut rentrer sans Tiroir tu. Baiseotoo est sur les dents, la sueur lui coule du front sur le nez , et du nez' sur le menton ; il se retourne pour s'essuyer le TÎsage, et Vilenie lui dit arec malice : ■ Qu'ATez-vous donc,
■ monGieurBaisemon7Totre6gureesttoute B luisante.' — Ce n'est rien, mademoiselle!
n — £st-ce que tous ^eurez? — Bien au H contraire, mademoiselle!... — Est-ceque
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