‹ La pucelle de Belleville (volume 2)Chapitre 20 sur 28 · LA «iWiU · texte numérisé non relu

LA «iWiU

« J'ai envie de pleurer^... Il me semble 4|fie

> je Buis trop s&itiée dans mo» «orset......

, . Ah!... .

Sais celui qu'elle désire ^rtit enfia : la jeuDe fille respire plus librement j l'expression du plaieir ranime ta piquante j^y^onomie.Auguste vient s'^seoir près de Vir^ nie , qui est k dix pas de BAÎsemon.

« Votre compagnon dort donc toujours? n d\\ Auguste eu souriant. « — Mais .oui

'» c'est ce qui fait le charme de sa société. " Cependant, si tous avez envie de caoser K avez, lui, je vais réTeiUer... — Oh! n'en » faites rien , de grâce I je suis trop heureux

■ que cela me prpcure le plaisir de wus te- " nir compagnie... — Vraiment! Est-ceqoe

■ cela vous fait plaisir de me retrouver iat " — C'est cet espoir qui m'y a ramené. ■

Virginie n'a jamais éprouvé autant déplaisir qu'en cet instant. Quelques mots d'Auguste viennent de faire plus que tous les complimens et lesdéclarationsqu'elle a reçus jusqu'al^s. Elle n'ose oepcndant se livrer à sa joie, car Auguste est presque aussi réserva

„.,„..G.K,yl.

nwMUMvnxt.

^e la Teille j nais Yirgiaie \e trourraaa peu moins ràreur; leor -coaVereatiOB est'^os tournée, plus soivie; et cette fpis<, an- le quittant, ils se disent : «A demain. ■ .

Le leudemaio , Virginie se mauqoe pas de conduire BaisemoD BU petit bois, et de lui dire : ■ Asseyoas-nous , et dormoUa.* Le gros régisseur veut essayer de faire un peu de conversation ; mais la jeune fille lui ferme la bouche sur-le^hamp, en s'écriant':

' -~ NousaTonsIe temps de causer chez ma

> tante ; je viens id pour dormir. Aimezn TOUS mieux que }e tous fasse courir deux ■ heures au soleil dans la campagne? — (Hi!

> non, mademoiselle! — En ce casj< mon- » sieur Baisemon , imites comme moi : ^' M mes les yeux. »

Auguste ne manque pas de Tenir s'asseoir près de Viipnie. Ce qui n'était d'abord qu'une distraction agréable acquiert bientôt un charme puissant. Qui pourrait n'en pas trouver dans la compagnie d'une jeune et jolie fille , qui ne cherche pas à cacher la joie que lui cause notre présence? Quoique

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'AugiuteTSuille se lénir sur .acB gardes, quoiqu'il se soit promia de ae plus aimer , pan»

qu!il a.toujoun été maUieDreuK eu amour, il ne peut s'empéoher de trouver Virginie séduisâDte, aimaltle, et, surtout d'une originalité piquante^ dont il fait bonaeur à la candeur de son ame.

A' chaque entretien Auguste perd de sa froideur, Virginie de sou embarras. Soit calcul , soit hasard, la jeune fille a soin, lorsque Baisemon est endormi, de quitter sa place, etcbiaque jour elle en choisit une plus éloignée du donneur. D'abord Auguste se tenait assis i quelques pas de Virginie; petit à petit il s'est raj^oché ; il a pris et caressé un moment la msiu de la jeune fille; puis cette main est restée dans la sienne pendant tout le temps que dure leur entretien.

Pourtant Auguste n'a pas encore fait cet aveu qu'une femme brûle d'entendre lorsqu'elle brûle d'y répondre. Auguste regarde Virginie tendrement; parfois il serre .avec passion la main qui est dans la sienne; mais d'autres fois ses yeux distraits se reportent

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ailleurs. Il soupire et semble éprourer quelque chagrin.

■ Je Teux qu'il se déclare; je veux qu'il ■ me dise qu'il m'aime , car je veux qu'il ■> m'épouse! » Voilà ce que se dit Virginie, en se rendsnt un matin dans le bois arec BaisemoQ , qui deviimt encore plus gros depuis qu'on le fait dormir dans la journée.

- Lorsque Auguste est venu s'asseoir près d'elle , Virginie amène là conversation sur les projets de ses paréos, enfin elle lui fait part des intentions du comte de Senneville, «t du désir qu'on a de la voir devenir comtesse.

Auguste a écouté tout cela beaucoup trop ^nquillement su gré de la jeune fille, qui «urait voulu le voir entrer en fureur aux premiers mots de ce mariage. Il s'est contenté de retirer sa main, qui tenait celle de Virginie,: et déporter SCS regards rersla terre. Pas UD mot, pas une esctamalion ne lui écbappe ; Virginie a cessé de parier depuis long-temps , et rien n'interrompt le silence qu'ils gardent tous deux.

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Trompée dans sod espérance, Vir^e laisse retomber sa tète sur sa ppitrine; deux i grossesIansesbnlIentdausleByeuxdâcette !

jeune fiUe, qui jusqu'alors avait ri de oeJleg . que l'amour fait répandre. Augnste , en se | retournant, aperçoit ces pleius' qu'elle se cherche pas à retenir. Vivement, ému â ce I spectacle, il entoure Virginie de son hra», et la presse doucement contre lui eh &'é~ | criant : » Pourquoi pleurez-vous ? — VAiifi | N que cela roi^ est égal qu'on reuiUe mè .

» marier au comte de Sennerille: — Tous » voudriez donc que cela ne me fût pas B égal?... — Oui... je croyais que cela tous » aurait fait du chagrin... -— Yoos désirez » doncqueje ions aime?... — Sans doute...

» je vous aime bie^, moi! — Tous m'aioiesl..

« chère petite!.... ah! vous le croyez!.....

.li. mais ce n'est qu'un. sentiment passager-. » une illusion de votre cœur... A votre âge M on croit si vite que l'on aime!,... mais ce ■ n'est pas encore une passion, profonde, A " l'on en guérit facilement! — Et moi, » monsieur, je sais biW)que je TOUS aime... i

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n qae cela ne se passera pas... ne me croyez

• point si cela tous déplaît; cela n'empè-

• cherapasquecenesoit.— Ilsepourrait!...

> être aimé parmi cœur si naïf, si neufl je

• serais trop heureux.... Mais quand même » je TOUS aimerais , à quoi cela me serriraita il , puisque tous épouserez le comte de

■ Senaenlle? — Ah ! si tous m'aimiez , ce

• n'est pas lui que j'épouserais ! — Mais vos » parens ont résolu ce mariage. — Et si je » ncTeuxpas, moi... il me semble que cela

■ me regarde d'abord. — Mais ils ne toun draient pas de moi , simple artiste , pour H leur gendre... Oubliez-Tous la mine qu'ils H on faite en apprenant ce que j'étais? —

• Je TOUS dis que l'on me donnera celui que s je Toudrai ; fpie mes parens ne Feront qUe » ma Totocté... oh! ce n'est pas cela qui a minquiète; mais puisque TOUS ne m'àimei!

• pas... — Eh! qui pourrait ne pas tous ai- » mer?.... — Mais tous, apparemment!...

» — Ah ! Virpnie! Toosoe lecroyezpasf..

• — Si , je le crois... Vous'étes encore dis- " trait... réreur!... TOUS peosezàd'aotres!...

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• — Non ! désormais je De peDBerai plus «qu'à TOUS... »

Auguste serrait Vii^nie contre son cœur, la jeune fille semblait toujours douter de son amour, et , pour le lui prouver, qui sait jusqu'où il serait allé !...

Mais on était dans la saison des hannetons; il y en avait en quantité sur l'arbre au pied duquel dormait Baisemon. Je ne sais si les hannetons faisaient aussi l'amour ; ce qu'il y a de certain, c'est que deux des plus gros, qui s'étaient attachés ensemble d'une façon singulière, culbutèrent de l'arbre et tombèrent positivement sur le nez du dormeur.

Baisemon s'iveille en se frottant le nez , il se frotte ensuite les yeux ; puis il cherche ta jeune aie dont on lui a confié la garde , et qu'il croit endormie près de lui j il ne la trouve pas à la place où elle s'était d'abord assise. Ils'iuquièLe... selève, fait quelques pas, et pousse un cri en apercevant Virginie dans les bras d'un jeune homme qui paraît très-entreprenant!... Il était temps que les hannetons tombassent sur le nez de Baisemon I....

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Il JéËOTah I » s'écrie Boisemon , en considérant le groupe, qui est devant lut.

« Suis-je éveillé?... ou tout ceci n'est-ii que H chimère et déception ?... ■

Auguste s'est bien vite reculé de queliqees pas; Virginie, sans paraître troublée, regarde Baisemon, et lui rit au nez, en disant : u Ah! monsieur Baisemon, querous > arez l'air drôle .' tous me faites des yeux >• qui n'ont pas le sens commun \

f — Mademoiselle,... c'est que je suis si » surpris... si sufEbqué... — Remettez-rous i> et approchez.... Cela vous suffoque de me » voir causer avec monsieur?... — Si votre » tante savait!... je serais perdu, mademoi- » selle. — Mon, monsieur Baisemon , vous » ne seriez pae perdu; car savez-vous qui » est monsieur? — Je n'ai pas cet honneur.

1. — :- C'est M. le comte de Semieville. — Le <• comte de Senneville!... »

La figure de Baisemon s'épanouit tandis qu'il murmure : •< Oh ! alors, c'est bien dif- .1 fërent! » Auguste regarde Virginie avec étonnement; elle lui dit à L'oreille : " Lais-

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» sez-moi faire, ne me démentez pas ! . . . — » Hais pourquoi me faire passer pour le ' • comte?... ODfiniratoujoursparsaToîr que » je ne le suis pas... — £n attendant, nous jt ponrroQS noua voir tant que nous rou- » drons... — Mais après?... — Après, nous » verrons... Taisez-vous. ■

Auguste se dit : « L'amour donne de la * ruse aux femmes les plus simples; une

■ coquette n'aurait rieu imaginé de mieux > que cela. ■

Baisemon s'avance vers Auguste , le dos oODrbé, la tête basse, et avec l'air de la plus profonde humilité.

• Monsieur le comte veut-il me permettre

■ de déposer mes respects à ses pieds?...

■ — C'est M. Baisemon , » dit Vii^ie , « le régisseur de ma tante. II est rempli de » complaisance pour mot ; aussi , monsicDr « le comte, je vous le recommsade. ■•

Auguste salue Baisemon qui a l'air d'avoir envie de lui baiser la main. Le gros régisseur reprend ; « Nous allons nous rendre » ch^mademoiselleBellavoine qui sera en- " chantéede voirH. deSenneville.

-. C-ops'':

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» — Non, » dit Virginie, i M. le comte ne B Teut pas encore aUer chez ma tante : il est » ici. . . inco^to ; il désirait me voir, causer

■ avec moi ; mais il a des raisons pour H ne point se rendre çoainteoant chez mes » parens... il leur ménage une surprise.

» Ainsi, monsieur Baîsemon, nous espérons i> que TOUS serez discret, nous y comptons » méçae ; tous ne direz pas un mot de moni> sieur.

» — Ah ! c'est difiEérent , mademoiselle.; » du moment quQ cela oblige U. le. cotnte...

» ;~- Oi^, monsieur BaisemoQ, » dit Auguste , •iV'QUâme ferez beaucoup de plaisir » en n^ajiant pas de moi. — Cependant » voDsjie dëTez pas douter du bonheur que » fera wAlH votre arrivée. — Cela se peut, >> mais je ne suis pas pressé d'en être té- » moin.

» — Nous ne sommes pas pressés » reprend Virginie ; X ainsi, monsieur Baisemon,

■ TOUS TOUS tairez, c'est chose convenae;

■ nous continuerons nos promcnadescomme » à l'orâinaire, et M. le comte viendra nous

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Il' rfyoindre ici pour causer svec moi; car

■ nous avons beaucoup de chose à nous

■ dire : quand on doit se marier ensemble,

■ il est bien naturel de désirer d'abord de

> foire connaissance. Adieu , monsieur le » comte, adieu... à demain, n'est-ce pas?...

> — Ahl TOUS devez étre> certaine de mon s exactitude!...

' B — Monsieur le comte, je tous prie d'a-

■ gréer derechef l'expression de mes très- "n humbles respects. »

Baisemon salue de nouveau Auguste, qui ^éloigae en r^ardaot tendrement Virginie ; et cellenïi , passant son bras aous celui ^e son cavalier, l'entraîne chez sa taute'<dtf lui disant: «Quand je serai mariée, je tous bour-

■ rerai de confitures et de bonbons. ■

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