‹ La pucelle de Belleville (volume 2)Chapitre 3 sur 28 · t U IVCIILB · texte numérisé non relu

t U IVCIILB

a titrer aurait-il pour Tenir chez doub?... » Virginie, qui ne partage pas les sentiment de ses perens , et qui est trèsifftchée que le jeune artiste ne vienne plus , se permet un jour de dire : > Cependant, maman, (te monu sieur est non libérateur.... Je lui dois la

■ vie, moi.

— Vous ne lut deree rien du tout , ma > fitle ; nous lui avons donné un dîner su- » perbe.... quatre entrées, onze plats de H dessert; cela doit payer amplement le ser-

■ vice qu'il nous a rendu. N'est-il pas vrai , » Troupeau? — Oui , chère amie , c'est un

■ méoioire entièrement acquitté.

„ — Eh bienf moi je trouve que je lui •• dois quelque chose, » dit en elle-m^e Virginie, •> et certainement je m'acquitterai

■ dés que je le pourrai. »

' Pour en guetter l'occasion , ou chercher quelque distraction , c'est presque toujours contre sa fenêtre que Virginie se tient en ayant l'air de travailler. ËtTOÎlà qu'uu jour elle accourt dans le salon où sont ses parens, en s'écriant :

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in

( Il y a un beau cabriolet arrêté devant

> Dotre porte , ua monsieur très-élégant est « dedans , et je crois bien qu'il va venir ici,

■ c«r son domestique vient d'entrer dans la >• maiGon.

■ — Un nioasieurélégant... en cabriolet...

' ~ Voie donc par la feaiêtre, Troupeau. »

M. Troupeau ne s'est pas plutôt mis à la fenêtre , qu'il pousse un cri et manque de lomher dans la rue. Bnân il revient vers sa femme ; sa joie est telle qu'il peut k peine

• Qu'est-ce donc Troupeau?., tu es tout » booleversé... — C'est le plaisir, la sur-

■ inse c'est lui, ma femme !.... c'est

> IdÎ!». — Lui, qui? — Lut! le comte! mon •ami.,.deSenneville!... — M. de Senne- • TiUequi viaitcheznous?.. — Chez nous...

■ avec son domestique. . . Ah 1 mon Dieu ! je ' crois que je me trouve mal!.. »

Et 9t. Troupeau se laisse aller sur une cliaise, tandis que madame court dans le sa> loQ comme un^ folle , ea appelant Babelie, « que Vir^ie jette encore uu coup

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d'œil par la croisée. Enfin, TS. Troupeau se donne lui-même une bonne claque sur le front en s'écriant i ■- Je suis trop poule ! il » ne s'agit pas de se laisser aller à ses imn pressions... Allons , ma femme... vite...

n descendons tous au - devant du comte...

». nous ne saurions monter trop d'empres- » sèment ! Celui-là, nous sommes sûrs que » c'est un comte .'...!>

Mais madame Troupeau s'«ist di^àssuréé pour aller mdttre une guirlande de rosetf dans ses cheveux, et Virginie a suivi eq mère , pour donner aussi un coup! d'œil à sa toilette. Troupeau, désolé de Déplus trouver p«-somie'pour l'aider à' recevoir. le comte»

descend quatre à quatre son escalier, et se jette sur Babelle qui montait.

. K Ah! mon Dieu! monsieur». Ht lado-^ mestique , « vous m.' avez écrasé le nez. . . ^ » C'est bien... c'est très-bien, Babelle^.-.

» quelqu'un est en bas, n'est-ce pas.? — Oui,

■ monsieur c'est le comte de Seuueviliej

" qui... — Je sais. ..jesais, Babelle. ...Ah! » mon Dieu! et ma femme qui n'a pasen-^

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» core repris une femme de chambre...

" n'avoir qu'une personne à sonserTÎce pour

■ receroir un comte... fiabelle, montez vite » au salon... mtelezquatrebûchesaufeu...

» il fait froid... allez... ..

. Troupeau pousse sa bonne, et arrive à sa jiorte, (rà il se trouve devant H. de Senneville, qui vient de sauter à bas de son cabriolet.

>' Efai bonjour, mon cher Troupeau, ■ dit le petit-maltre, en tendant la main à l'habitant de Belleville. Celui-ci , au lieu de serrer la main du comte, s'Iacline comnie s'il voulait la baiser, en murmurant :

u Ah, monsieur le comte t.. . Dieu! que

■ je suis content, et pourtant que je suis

■ désolé!... ne pas être prévenu de votre ". vsîîte, ne pas avoir su d'avance... J'aurais • faitsablercedevantde porte. ..j'aurais fait fl repeindre., j'aurais...

» — Et moi, je n'entends pas qu'on fasse pour.moi aucune cérémonie. Je me suis " dit ce matin : Parbleu! il fait une su- «perbe journée d'hiver.... Allons à Belle-

18 Là PDCEI.LI

» TÏiïe Toir notre ami Troupeau... etin« s voici.

B — Ab ! que TOUS aVei bien fsit de vous » dire cela!... — Ditea-mc», peut-on faire i> entrer le cabriolet... OU doit-oo l'attacitier

■ là? .^11 peut entrer , monsieurle comte. . . . » Qhl tout entre ohez moi... ou va ouTrir n les deux battans de la grille... £h! Ba- » belle!... c'est que dans ce moment jen'ai

■ qu'une domestique , quoique mes moyens-

■ me permettent d'en aroir plusieurs....

» mais ma femme se les garde jamab loug-

■ temps.... k cause des mœurs.... Il n'y a ■ » que Babelle, qui... Ah! mon Dieu! elle

» fait du feu dans ce moment. .. — Calmez- » vous, mon cber Troupeau; I^londsaura '' » fort biea ouvrir la grille , et faire entrer le Il cabriolet dans la cour... ne vous occupez H plus de cela... entrons; il me tarde de faire » connaissance avec votre famille. — Hoq-

■ sieur le comte, vous lui faites un htmneur i> qui n'a pas de nom I *

Le comte se dirige vers l'escalier ; Troupeau s'obstine k vouloir marché derrière ;

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U BILUVIUI. 10

maïs le jeune homme s'arrête en disant i « C'est à TOUS , mon cher, è me montrer le » chemin.,

» — Monsieor te oomie I je tous jure que it je n'en ferai rien! " répond Troupeau, en s'inclinant. ■ — Alors , mon ami , rous se- » rez cause que j'irai peut -être à la cuisine » au lieu d'aller au laloD. — Vous àla cui- » sine. ■ ■ monsieur le comte ; vous avez rai- » son.... je suis une husc... je rais avoir » l'boimeur de tous précéder. »

Et Troupeau se précipite sur l'escalier. Il monte en criant de toute sa force : « Ma <• femme! Toici M. le comte de SenneTÎUe » qui veut faire ta connaissance.... Viens B donc  sa rencontre! ■

Hais pBTsonne ne paraît, et on entre dans le salon , où il n'y a que Babelle , qui, pour satisfaire aux ordres de son maître, a mis quatre bûches de plus dans la cheminée ^ et couflle avec une telle ardeur , que tout est prêt à s'enflammer.

■ —Eh, mon Dieu ! quel feu chez tous! ■ dit le comte ; v mais , mon cher omi , îl ne

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T ftit pas très-froid. — Oh!... pardonner-

».moi! d'ailleurs, je fais toojours oa

1. grand feu..., mes moyens me le permet- » tent... — Je n'en doute pas, mon cher; » mais TOUS avez là de qacà ràlir un bceuf; H — Babelle , allez donc chercher nia - feinme.... ma fille.... qu'on descende....

» qu'est-ce que ces dames fout donc?... —

■ Ah! Troupeau! ne dérangez personne...

> ou je me fâche!... Mademoiselle Babelle, K ne montez pas chez ces dames ; elles vien- B dront plus tard... ne les pressez pas. — B Puisque ' TOUS l'ordonnez , monsieur le

■ comte.... Babelle, obéissezà monsieur le « comte, et allez me chercher du bois....

» que j'entretienae cefeu.... Asseyez-Tous » donc, monsieur de Senaeville, mettez- H'TOusà votre aise.... tous allez déjeûner.... «dlaeraTec nous...

' " — Non , mon cher Troupeau ; c'est im- >• possible pour aujourd'hui! •> répond le comte , eu se jetant dans un fauteuil, « je a suis attendu chez un princcirusse... mais «une bulie fois j'aurai ce plaisir. — Du

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DE. BltLBTll.U. St

» iDoins voua prendrez quelque chose?... — • Je sors de déjeûoéi'. — Voub me désespé-

■ rez!... Babelle, duboiadoiie... et cesde»

■ mesqui ne Tienaent pas... Ah! je leseO" s tends eofio... »

Madame Troupeau entrait dans le salon, et le comte , qui s'est leré pour la «aluer , est oUîgé de se rettHimer pour cacher réo' TÎe de rire qui vient de s'emparer de lui, envie biea excusaHe tônqu'oa arait regardé madame Troupeau, ^uï, pour se £airepliK belle, s'était mis sur la tftte deux guirlande», un paquet de follettes , et de gros nœuds de rubans; mais elle avait commis une bévue : unqiieUte éponge était restée sur sa toilette; dans sa précipitation à se coifierj en chereha&t aesfleurs, sea.rubans, madame Troupeau a mis tout ea désordre diez.eHe; l'éponge se trouve bientôt mêlée avec les parures. Madame Teoupeau se donne k peiae leteioips dé se regarder à sa glace, car elle entend son mari, qui t'appelle; elle a mis ses couronnes , ses plumes en se mirant ; mais , au aïojûcnt de descendre , elle se dit >

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S3 u racKLLE

« SIettoDs encore cela dans dos chereux,

■ cela ne pourra que bien faire- » Pais elle empoigne un naud de ruban , et l'éponge qui est dessous, et , tout en courant recevoir le comte, elle s'attache cela à grand renfort d'épiogles ; tous oonceTCz qu'on pouvait avoir enfie de rire, à l'aspect de cet objet , qui ne se place paa ordinairement sur la této.

JLeeomte, aprèsamr feint d'éternuer trois fois, se retourne, et salue madame Troupeau, enluidisant: > Enebanté , madame ,

* d'avoir le plaisir de Ëii're connaissance areo

* l'épmise d'un homme, que... «

Ht le comte est obligé de &e re^urne* encore, car il n'y tenait plus; cette malheu-* reuse éponge disait un effet si plaisant, que Senneville est de nouveau foreé de faire semblant d'éternuer, et pendant que madame Troupeau répond au comte par toutes lesphrasesqueson esprit peut lui suggérer.

Troupeau s'écrie : «Vous êtes bien enrhumé ,■

■ monsieurde SenneTi^e:..venezdoncvoass chauffer.., Des Lâches, Babelle!

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n nuiTiLu. ' 18

n — Oui... c'est uB rhame de cerreau » qui m'aura pris en route; mais ce ne sera > rien.... Daignea m'excuser, madanie. — H Abt moDsiflurl mon époux a dû tous dire B que notre maison est la vôtre... et... si » vous vouliez une tasse de tisane, monsieur » le comte? — Mille remerciemeas.... cela H va se passer. — Convrez-TOus au moins...

N — BerantuDedamel jamais... j'aimerais ■ mieux éternuer tonte ma vie. — On n'e»t i> pas plus galant ! »

H. Troupeau , qui n'est occupé que du comte et de son feu , ne regarde pas la coiffiirede sa femme ; par conséquent il ne peut apercevoir Ijobjet qu'elle a atuché sur ses cheveux ; â chaque étemuement du comte , il met unebûche de plus dans sa cheminée; et, Comme le jeune homme ne peut conserver son sérieux toutes les fois qu'il aperçoit la tête de madame Troupeau , il éteraue si souvent qae bientôt la cheminée devient un bûcher enflammé.

L'arrivée de Virginie a cependant distrait le comte et aiis fin aux éternuemens. Elle

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Si %k netia

parait timidement . à là porte et s'arrête comme ne sachant pas si elle doit entrer ; elle.n'a mis ni guiriande ni rubans dans ses olùreux , elle a simplemebt rétouché , replacé quelques bonclesj mais elle a su se coiffer à l'air de sa figurci, et c'est U le grand secret de la coquetterie.

. ■ Viens.... viens, ma fiUe, tu peuxea- H trer, ■ dit madame^ Troupeau en aperee* Tant Vilenie, ■ monsieur le cohite nous » permettra de te présenter k lui. " ' ■-

SennevUle s'attendait à trouver dans mademoiselle Troupeau une jeune fille ayant l'air commun et ridicule de ses parens , ou tout au moins de ces figures nulles , dont on ne peut rien dire. Il reste tout surpris en apercevant Virginie, qui s'avàuçait modestement, mais avec grâce, vers sa mère, et qui Im fait une révérence où il n'y a n&i de gauche.

« C'est là mademoiselle votre fille? » dit le comte d'un air étonné. « — Oui, moni> sieur le comte , notre fille propre. — Mais » en vérité... je n'en reviens pas... C'est

„.,„..G.K,yl.

BIlCLUtlUÏ. It

> ipTeUe est fort bieii t — Honsieor le comté » la géte!... — Non... je vous jure qae je

• n'auraû jamais cru ! De grâce j mademoi-

• selle, approchcad(9ic; on ne saurait Vous " voir de trop près. »

- En disant ces mois, le comte: s'est le?é, etilTa8udeTiiDtd«Vir^nie; mais la jeune fiHe , tout en tenant ses yeux Itaissés , a déjA vu que sa mère a sur sa tête ipielque chose qui ne (ait pas bien, et, avant de donner sa main au comte , eUeaenleré lestement l'objet qui faisait éternuer le jeune seigneur et l'a jeté au feu. Tout cela s'est fait si promptement que iuadane Troupeau a cru que sa fille lui avait simplement arrangé une boude et elle ftaie' cette attention d'un sourire. «Comment! vous possédez une si jolie , * demoîseDe!... » dit le comte, en s'asseyant près de Vir^nie. <• Mon cher Trou- " peau, vous êtes un trop heureux mor- ■' tel!...

■ » — 11 est vrai, monsieur le comte , que

■ je suis assez bien partagé de tous les od- » tés, <i reprend Troupeau , en se caressant

...Gocgic

S6 . U FVCUH

le mentOD ; ■ mais approchez-vous donc

■ du feu,... TOUS êtes. enrhumé du cerreau.

x — Oh ! merci , votre feu me g;rille ; en " Toici un plus doux qui brûle sans faire de » mal... >> '

. En disant cela, Seuneville regarde Viiigi- □ie et lui prend la main, Hadame Troupeau est dans le ravissement , elle jette un coupd'œil d'intelligence à son mari; celui-ci, en voyant le comte prendre la main de sa fille, a SLir>le-champ remis deux huches dans le feu.

«Par exemple, madame Troupeau, je

■ voashlâmerai presque de tenir un si aima- Il ble objet loin de le capitale... Hademoi- » selle est faite pour briller dans les salons il de Paris.

Il — monsieur le comte est bien bon! mais " Paris est un séjour si dangereux pour une » jeune demoiselle ! ici , nous sommes plus i> à même de perfectionner ses principes , • d'écarter d'elle toutes ces jeunes pereon- ■> nés légères qui perdent quelquefois leurs

■ amies.

". C=""8fc

Dl U1,UTII.LI. 97

» — Ooi, je conçois... Vous «ez peut*

> être raiaon ; d'ailleurs mademoiselle em- ' >• bellit tous leB lieux qu'elle habite. ■ .

» — Ma fille, réponds donc quelque cbose

■ i moQsieuf le comte.

■ — Mousieur parle trop biep... j'aime

> mieux l'écouter , » répond Tirgioie en iMsamt paraître na sourire moitié modeste, moitié railleur.

- — Peste! de l'esprit par-deasus le m«r-

■ chél II s'écrie Senneville en considérant toujours la petite; u mais alors cela devient • une Circé !

> — Une Circé I » murmure madame Troupeau en se penchant vers son mari.

'Eutends-tu?... M. le comte appelle notre

■ fille une Circé!... Sais-tu ce que cela veut

> dire?.., — Non, mais o'est ^a1 , je uiis

■ ravi, enchanté! et...

" ■ — Au feu!... au feu!... » s'écrie Babelle, en entrant tout effrayée dans le t^on.

» Ah! mon Dieu, Bahelle, que ^gni- < Ëeat ces cris? — C'est le feu, madame;

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H il est dans la maison... dans cette chemf- H.iiée... U flamme sort sur le toit... Pardi!

■ monsieur a tant mis de bûches... C'est » déjà effrayant !

i> — Lefeucheznous!Ëh, rilelBabelle^

■ les pompiers.,.. Du secours.... Ah! mon B Dieu... Quel malheur!..,.

. » — Calmez-Tous, madame, «dit le comte; Il un feu de cheminée , ce ne sera rien. — » I.es pompiers! vite! i> s'écrie Troupeau , u et sauvons monsieur le comtet... ~~ Hon » cher ami , je voua remercie , je me sauve- " rai bien tout seul;... maisje n'en voisnuK

■ lemeat la nécessité : mon domestique , qui i> est fort adroit et très-brave , saura , j'en " suis certain, éteindre le feu.... Faites-le H monter sur le toit;... moi, je vais avoir

■ soin de ces dames... Cette jcJie enfant est » prêle à s'évanouir !... "

En effet, Virginie qui aime beaucoup h se trouver mal, a déjà laissé aller sa tète sur le dos de sa chaise , tandis que sa mère s'est laissé tomber dans une bergère. Troupeau et Babclle ont quitté le salon pour s'occuper

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du feu. Le comte, qui a promis de prendre soin des dames, laisse la mamaa s'évanouir tout à soQ aise ; c'est à Vii^nie seule qu'il donne ses soins, il soutient sa tête, passe flon bras autour d'elle , lui fait respirer d'un flacon qu'il porte toujours sur lui ; tout en agissant ainsi , il dit à demi-roix : » Elle est * fort bien vraiment t.... une taille fine.... n des formes charmantes : tout est séduisant » dans cette jeune fille! »

Le comte disait cela entre ses dents ; mais comme il était penché sur Vii^inie , et que son visage touchait presque le sien , la petite, tout en fermant tes yeux, ne perdait pas une parole du comte et elle n'avait garde de revenir k elle, parce que cela lui était agréable d'entendre penser le jeune seigneur.

Des mares d'eau qui tombent de la cheminée et s'étendent dans le salon , annoncent que l'on s'occupe d'éteindre le feu.

■ L'incendie s'apaise-t-il? « dit madame Troupeau , en entr'ouvrant un œil.

» — Oui, madame, oui., .el tout à l'heure

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Il je crois que nous serons noyéa au lien " d'être brCtlés. »

Puis le comte se penche lers Vii^nie.en murmurant: « Adorable... jolie à ravir..., )• faite comnie un aagel... » Et une de ses mains se promène surleegeuoux de la jeune fille , sans doute pour chercher à rétablir partout la circulation, et Virginie coDtiuue de fermer les yeux.

» Ah l monsieur le comte ! que tous êtea » bon de veiller ainsi sur nous , » reprend madame Troupeau.

>< — Pardieu, madame, je ne fais que » mou devoir... Cela durerait toute la jour- » née que je ne bougerais pas.

n — £t ma fille! monsieur le comte, quel " est l'état de ma fille?..,, — Mieux, ma- " dame, beaucoup mieux.... Je m'occupe » d'elle; ne vous eu inquiétez pas... trou- » vez-vous mai à votre aise.... restez tran- >' quille, n

Mais Troupeau vient déranger le comte dans ses occupations ; il rentre dans le aaloo, en criant : « C'est fini!.,, c'est éteiat,grâce

„.,„..GcK>glc

DE BUUTtLLI. SI

■ au valet de M. de Senoeville , qui marche » sur les toits comme uo chat ! 11 n'y a plus » de danger! »

Alors Virginie ourre les yeux et se lève en remerciaot le comte d'un air bien innocent; et madame Troupeau sedécideàquitter la b^gère.

« nion ami, dit-eUe à son mari, si le < domestique de M. le comte a éteint l'in-

• cendie, de son côté, M. deSenneville n'a » pas été moins courageux. . . il ne nous a

■ pas quittées' une minute....— Abîma- » dame, n'était-ce pas tout naturel?... Mais " il me semble que nous marchons dans » l'eau en ce moment... — Ahl mon Dieut

* c'est TTai... il y ade l'eau plein le salon...

■ £tM. lecomto, qui est enrhumé; je suis

■ TraimeDtbien malheureux dans ce que je Il fais... voulez-vous une chaufferette, M. le " comte? — Je vous remercie ; je crois qu'il » serait plus simple- d'abandonner ce salon, » et de passer dans une autre pièce. — C'est 1 parfaitement pensé.... Voulez-vous bien » lenirdaus ma chambre, M. le comte? —

22 L& rccxuB

«Partout où vous voudrez j si ces damec N nous pccompagaent, je m'y trouverai touj> jours bien, "

Madame Troupeau répond k ce complinieot par une superbe rév^reoce j et Virginie , en levant les yetu , rencontre ceux du comte qui sont attachés sur elle. On conduit M. de Senuevilledans ta chambre de M. Troupeau , et on ordonne à Babelle de venir y faire du feu , dont cette fois sou maître promet de oe pas se mêler.

« Ha chère amie, » dit Troupeau , « ce a qui me désespère, c'est que IH. de Senne- >> ville ne veuille rien accepter chez çnoî... » Une peut dtner ici... — Ah! monsieur le n comte, nous ourioasété si flattés!... — Une Il autre fois , madame , j'aurai ce plaisir, car i> je reviendrai... oh! certainement je teu viendrai vous voir. »

Et les yeux du jeune honmie se sont encore tournés sur Virginie. Troupeau pousse le pied de sa femme; celle-ci met un doigt sur sa bouche; le comte reprend au bout d'im moment:

dbbbllithu. 88

. •• Je sais venu aujourd'hui chez tous » dans une autre intention ; d'abwdjevou- » laie avoir le plaisir de connaître lafamiUe

■ démon amiTroupeau; ensuite, mon cher, " je TOUS dois de l'argot et je veux tous » payer.

" — Oh ! monsieur le comte .' de quoi me

■ parlez-TQU9 là? est-ce que cela presse?... 1 Mes moyens me penn^tent d'obliger mes

■ amis, et... — Mon Dîeu.'je sais tout cela, » mon cher, mais il faut de temps à autre

• mettre de l'ordre dans ses affaires. . . et un >• garçon est si distrait!... Ahi je sens qu'il

• faudra bientôt me ranger... prendre une > femme... car il n'y a que le mariage qui » nous corrige, nous autres nobles... Une » femme jolie. . . bien élevée. .. quelques écus » de dot... parce que c'est l'usage... et qu'on

■ » doitre8pecterle3anciensusages...etalors... » oui... je me fixerai... »

Le comte a dit tout cela en considérant Virginie. Madame Troupeau en est si émue, que deux larmes coulent de ses yeox sur le beat de son nez , et JU. Troupeau , en sedan-

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S4 u nicuLi

dinant sur sa chaise pour cacher son émotion, Bc jette trop en airière et tombe sur le dos. " Ah! mon Dieu, mon cher ami, tous.

■ TOUS êtes blessé?» ditSenneville, ensilant ramasser H. Troupeau.

« — Non . . . jamais. . . rien du tout . — Com ' » ment donc as-tu fait pour tomber, moa t ami?-~Je ne sais pas, ma bonne... c'est > que je regardais le plafond, probablen ment... Aht ToQà qu'il fume ici à présent; » Babelle, sou£kz donc votre leut..

" -^ Enfin , reprend Senneville , je me' B suis dit ! emportons de l'argent , et allons

■ solder quelques comptes ! J'aTais juste- • ment un millier d'écusàpayerprèsd'ici...

N A Ménilmontant, . , c'est dans le voisinage, » je crois? — Oui, monsieur le comte; c'esfe » tout prè& d'ici. — J'ai pensé A terminertout » cela en même temps , et j'ai fait mettre à

■ cet effet dans mon cabriolet un sac rem- » pli d'or et d'argent. — Ce sera dtfnc pour » vous obéir , monsieur le comte; mais Je B suis mortifié que vous ayez pensé à.,.— » MademoiselleBsbelle, Toulez-Tousdire^

„.,„..t;.K,yi.

Bl UUBTIUI. H

• moD valet de me monter le sac que j'ai > moi-même placé dans mon cabriolet ? »

La servaate quitte le soufflet pour aller exécuter l'ordre du comte ; le £ea était allumé ; mais une épaisse fiimée sortait de ta diemiaée , la chambre en était remplie; le caoitetouase,etTroupeau se frappe le front iTec désespoir, en s'écriant : •> Il y a Rujour-

• d'hui un sort sur mes cbeminéea... voilà

■ que celle-ci fume à présent , et lorsque je ' reçois monsieur le comte I

■ — HoD cher Troupeau , je tous deman- ■• derai à passer encore dans une autre pièce, ' dit le comte, car ici nous finirions par "étrangler... — C'est juste, monsieur le

• comte; DouBallonspasser dans la chambre

■ de ma femme, si tous le permettez... maïs

• en Térité je suis déâolé de tous recevoir

• ainsi.. .

■• — Il n'y a aucun mal h cela , mon cher ;

■ c'est même une manière nouvelle pour » me faire connaître votre maison.

Le comte prend la main de Virginie, et U sodité passe dans la chambre i coucher

". C=""8fc

Z6 LL FDcntx

de madame Troupeau , où il n'y a pas de

feu, et où l'on gèle, parce qu'elle est aa

nord.

' H Je Tais faire apporter du bois , ■ dit

Troupeau, u — Non... ne faites pas de feu

H pour moi,- qui rais tous quitter, n dit

le comte , « cela pourrait nous mener trop

» loin. Que faitdoncce coquindeLebload?»

Le domestique du comte arrire cependant; mais il ne porte point de sac.

u Eh bien, Lebtond, * dit SenaeTÎlle en regardant son domestique, « est-ce qu'on 'r> ne TOUS a pas dit que je Toulais le sac que » je TOUS ai fait placer daus mon cabriolet? •

Leblond regarde sou maître d'un air surpris; puis se tappe sur les deux cuisses, puis sur le Tcntre , puis sur le front , et s'écrie enfin : u Afa ! mon Dieu!.... le sac!.... Ahl Il mousieur!,... tous m'y faites penser....

» C'est Trai ! nous arions un sac dans le cai> briolet... Ahl miséricorde! poorru que " mes craintes ne soient pas réalisées!...

i> Ah! notre pauvre sac!... <•

Leblondsort du salon en courant , descend

M BILUVILUl. S7

J^escalier quatre k qaatre, laissaot la société fert en peine.

n Que diable I a-t'il donc ? » dit Sennenlle. Il — ■ Je ne sais , monsieur le oomte , » mais je crains quelque nisUieur arriré à i> votre sac.' — Oh! ce n'est pas possible!... » ce serait trèa-contrariant!. du reste je suis 1 sûr de sa fidélité! c'est un garçon qui

■ mourrait sur un sou ! <>

Leblond ne tarde pas à reparaître; il a composé sa figure de manière à faire pitié; il tient un mouchoir k sa main.

» £h bien! Leblond, qu'est-il arriTé....

? parlez donc?...

LeMond pousse un gémissement qui ressemMe au braiement d'un âne , il répond enfin : « — Monsieur, nous n'avons plus de

■ sac... on nous t'a volé!... il n'est plus dans ■I le cabriolet I — Volé ! . . . qu'osez-Tous dire, > Leblond? savez-vous bien que nous som-

■ mes chez mon respectable ami !

n — Oh ! monsieur ! je sais très-bien que » ce n'est pas ici que l'on nous a pris notre " sac... nous ne l'aTionsplus en montant à

". C=""8fc

tS u ncBLu

■ BeileVîUe... je me le rappelle bien à prè- X sent... Tenez, monsieur.. . je deviDe main* « tenant où cela s'est fait... hihi hi!... c'est » de ma faute... j'encouneos, etTOusallec » bienm'en Touloir...bitiihiI... — Allon9> » explique- toi vite. — Vous tous raj^lez , n monsieur, qu'en passant sur le boulerard » du Temple tous êtes descendu pour lire i< un journal... — C'est Trai... je suis desn cendu.— Vous m'aviez dit : Reste U... et i> j'aurais dû rester dans lecabriolet... mais » le malheur voulut qu'il y eut en (ace un Il cabinet de figures de cire; j'ai toujours '• beaucoup aimé les figures de cire , moi , ■• monsieur; et l'homme de la porte criait » qu'on Toyait Ali-Pacha et une femme qui . Il a trois rentres ; j'avoue que j'étais bien H curieux de voir tout cela ! ■ — Mats achève i> donc, coquin. — Ehbien! monsieur, ou- X bliant que nous aTions dans le cabriolet » un sac d'une grande valeur , je descendis » en priant un petit garçon de tenir le che- » val. Alors , j'allais voir les figures de cire, » et c'est pendant ce temps qu'on nous aura

» pris ce sac!... lithîhi!... et quaad je » suis remonté dans le cabriolet , je n'y a^ " pas pensé ! parce que j'sTais toujours n derant les yeux les trois YeiUrea de cette ]« femme!...

1» — Ahl drôle!... misérable!..:, voilà ■ comme tu fais ton devoir !... tu mérite- • ferais!... ■>

Lebk»id s'est jeté k genoux ; SeoDerille a l'air de cberchei' un meuble pour le lui Ivi-r ser sur le corps ; mais tes dames l'arrêtât , et Troupeau se place devmt le domestique^ en disant :

X Hoosieur le comte!... il est trës^ooupa* a b)e, sans doute !..... mais permetl«z-rffloi a de vousdemandwsii grÂce... il s'est con-t n duit ici oomme un véritable pompier... U » a éteint le feu qui devenait tràsrcoodé^ > quent. Je lui dois beaucoup.

» — A cause de cela je lui pardonne !

■ Âpres tout I pour quelques milliers d'écu& » de plus ou de moios j'étais- bien fou de s memettre'.en colère!... jsaisdans le prfK » mier moment on n'est pas maUre de soL..

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' EA PTrcimr

» eeta contrarie toujours un peu. Allez, Le-

■ blond, descendez... auparavant remerciez » monsieur, quia intercédé pour tous. »

' Leblond s'inclios respectueuseoient devant la^famille Troupeau, et s'éloigne en portant encore son moudioir sur ses yeax.

" Je voa» assure, dit Senneville, que le

■ pauvre garçon est plus affecté que moi de * eelte p^te^.. — Monsieur le comte, il

■ faudra faire totrc' déposiUoa et. . . — Oh f » oui , j'y songerai. .. Avee tout cek ne voïli » encore obligé de rester votre débiteur, » mon cher Troupeau. — Ah 1 monsieur de » Sennevîllel toute ma maison est & votre *- service. — Toute... diable! monami, sai> vez-vouS' que vous Mus avancer beau- B coup.... vous avez iciuntréeor Hiestima- » We... et... n

Senneville regarde Virginie, qui ne fait pas semblant de s'apercevoir qu'on s'occupe d'elle; quant k madame Troupeau , comme elle sent que l'on gèle dans sa chambre , depuis quelques miuutes elle a allumé des alîu»etteS) et elle le» fourre suoeessivemenfc

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soas des bûches placées dans sa cbemioée.

Le comte profite de cet instant pour tirer Troupeau à l'écart.

■ Mon cha*... votre fille est vraiment '^ bien... — Vous me comblez, monsieur le >> comte t — De la grâce , de la modestie. . . . " Oh I pour la modestie! je vous ai dit,

> mOHâieurle comte, qu'elle portait des ca- * leçons , et le reste est à l'aTenant ! — » Quel âge art-elle? — Dix-sept ansetdemi.

» — Songez-Tous à la marier?... — Nouay

> songeons... sans y songer.... Je voudrais « un gendre. . . qui mefitquelque honneur. . . » quand on a de la fortune.... on peut re- » garder en l'air !... — C'est très bien pen- ■ ser. Votre fille aura une riche dot? — 9 Notre tante, qui est très-vieille, doit B nous laisser tout son bien.... vingt-cînq n mille livres de rente , dont elle aura la n moitié en ae mariant; moi, je lui donne i> tout de suite cent mille francs comptant ; » enfin , elle est notre unique héritière ,

> et....-

Senneville prend le bras de Troupeau , et m, 4'

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4S u ridiu

le lui serre , en disant d'un air exprcsnf :

« C'est afsez , mon ami , c'est assez t » TOUS ne marierez pas votre fille «Tant de » m'avoir reTU... ne prenez aucun engagen meiit... VOUS m'entendez!... — Comment,

i> monsieur le comte , il se pourrait je

• » puis espérer... tous daigneriez Chut!

» silence!.... ceci doit rester entre nous!... " — Ah t monsieur le comté , je sais telle- » mentsaisi, tdlementSalté... je ne trouve n plue démets pour.... — Chut I il ne faut » pas ébruiter cela 1... — C'est juste... udsÎ » grand projet!.... il faut du mystère. ~~ » Gflrdez-moi votre fille, Troupeau... mais » gardez-la bien. . . un pareil trésor doit fiiire » enTie à beaucoup de monde..,, el je vous Il avoue que je tiens à le posséder tout en- <> tier. — Oh! monsieur le comtel quant à i> ma fille , je vous en répond» oorps pour 1' corp6; d'ailleurs elle ne sait pas ce que " c'est que de r^arder un homme en face.

>■ Mais pour que vous n'ayez pas un seul mo- » tîf de crainte, il n'entrera aucun homme .11 chez moi jusqu'à votre retour.' — Mon «mi.

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n >».Liniu. tt

» jen'exigepfl8cela:jemefieà?0U8. — San»

r^ dpute, monsieur le comte ; mais c'est égal«

• du momeot que tous nous faites Thon* n neur d'avoir des Tues sur ma fille, je ne

• ïeux plus qu'un jeune Iiomme l'approche.

< Êtes-vous tranquille? — Oui, mon ami ,

> je suis tranquille... J'ai un petit TOyage i

> faire... il faut que j'aille voir ma terre en " Toorainejàmonretour.vousmereferrez."

Le comte serre la main de Troupeau , et Ta saluer madame , qui bourrait le £eu d'allumettea.

K lia chère amie, monsieur de Sennerille » te salue, " dit Troupeau.

' — £st-ce que monsieur le comte s'en

■ Ta déjà? » dit madame Troupeau , en se hitant de quitter la cheminée. « Uaïa ce feu

• allait s'allumer tous tous serieE ré-

n chauffé, car il faittrès-froidici... -t- J'a-

• voue qu'il n'y fait pas chaud, mais je buis

■ obligé de TOUS quitter Bur-le-cfaamp

> Tous permettez , madame. <> SenneTÎlle baise la main de madame Troupeau , qui est sur le point de s'évanouir de

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H LA FjrCEUK

plaisir; ensuite le comte s'approche de Virginie à laquelle il prend aussi la main , en disant à ses parens : u Tous permettez » encore ?

» — Oui, monsieur te comte T-.. Tout

■ ee qui TOUS sera agréable !... — Ma fille

■ je vous autorise à tous laisser baiser la « main. »

£t pendant que te jeune seigneur , presse et baise la main de Ti^nie , M. Troupeau regarde sa femme en roukint des yeux et faisant des signes comme un tétégraplie.

Senoenlle a enfin quitté la main de Virginie ; il salue de nouveau, en suppliant les dames de ne point le reconduire.

u — Mais, moi, monsieur le comte ij'au-

■ rai tlionncur de tous mettre dans votre •• cabriolet,» ditTroupeau. « — Volontiers, » mon cher , à condition que ces dames ne B bougeront pas. »

Les dames saluent de nouveau et Seoao' ville descend suivi de Troupeau. Au moment de monter dans le cabriolet Leblond dit à son maître : « ' — Où altons-nou» â présent ,

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» monsieur ? — Eh parbleu ! à Hénilmon-

■ tant., mon ami Troupeau va nons indiquer

• le chemÏD. Ah '. mon dieu t qa'est-ce que

> jedia donc? J'oubliais que je ne puis

> plus aller à Méailmonlant , puisque tu as

> perdu ce sac , et que j'allais y porter de

• l'aient t... H

Et te comte semble se disposer à monter eu cabriolet ; Troupeau l'arrête par le paA de son habit , en lui disant :

> Comment , monneur de Seiineville , » TOUS n'allez pas i Ménilmontant parce » qn'il >ous manque de l'argent , et tous ne » médisiez pascela... -7^ Mais, mon cher,

■ c'est que je ne reux pas toujours tous ero- » prunter ; eda deriendrait ridicule ! — Ah!

• monsieur le comte , tous me faites de la *p«De'!.,. ne suis-jeplus votre ami et...

• permettes que je tous parle dans l'oreille...

> d'après ce que tous m'aTez laissé entrevoir

■ tout à l'heure, de tos intentions , n'6tes-

• TOUS pas i(à... chez TOUS. — CestmonpluS » cher désir.. . je l'avoue. .. — Combien tous

• frut-il ? je grimpe À mon cabinet, et je

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4Q U FCCKLLB

1 redescends ea deux saute. — Quoi l vous H TOulez... — Pas un mot de plus... com- >> lùei) TOUS fanUl ?... — Mais arec trois ou » quatre mille francs... — Je vais tous en ■ apporter cinq datts l'instant je suis à

l> TOUS. »

Troupeau disparaît comme un édair. Seoneville est monté' dans son cabriolet , f»è il Rasseoit près 4cI«el>lond. Le nuiltreeb ie Talet ne se disent rien; maîsils ont tous les deuK une enrie de rire qu'ils peuT«nt à peine comprimer. Troupeau reparaît bientôt } il tient k la main ua petit portefeuille , qu'il doute #u comte, en lui disant : •> yotre.sf« faire, est. là dedans... Maintenant, aÛTez U • me... par là.... et tous Arriverez droit & n Bléailmontaut.

■ — IHon ami , je ne tous dis pas ce que « je TOUS suis , • répond Senoeville en. prenant le portefeuille , et serrant la main da Troupeau. » — Je ne reux pas que tous m»

» ledisiezaonptus... adieu, mw c^erami...

». mongeo... mon... ^

Troupeaus arrête en se mordant lalaoffilet et le cabriolet du comte sort de la maison.

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>■ UllITILLI.

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