DI BILL! VILLE. ISS
Cepeodaid. elle ne voudrait pas éTeiller les soupçons de sa taste : il devient difficile de troawr encore des prétextes plausibles pour iàire du bruit j te somnambulisme ne pent plus être employé sans danger, earlaTieille tante a parlé de faire venir un docteur, et Tir^nie ne se soucie pas d'être traitée pour ' un mal qu'elle n'a point. D'un autre t^té , elle serait désolée de laisser dormir en paix des gens dont elle voudrait lasser la patience. Mais que faire? quelle nouvelle espièglerie imegiaer? Voilà ce que se dit Virginie pendant la neuvième nuit qu'elle passe sous le tmt de mademoiselle Bellavoine; tontes les autres ont été troublées par elle. Il est dix heures , il y en a deux que chacun est retiré , la jeune fille se dépite et se retourne dans son lit, en disant :
« Est-ce que je vais les laiûer dortoir
■ comme cela?... mon Dieu! quefiiire?...
■ qulmaginer?.., je neveux pas qu'ils dor^
■ ment pourtant! ■
Ëa ce momrat un grognement sourd se feit entendre ; Virginie prête l'oreille ; son
.,CcK>glc
cœur bondit de joté ; c'est un auxiliaire qui Tient à son secours. Les grognemens deviennent plus forts, de violens aboiemena leur succèdent; c'est Gueulard qui fait du vacarme dans la cour, c'est lui qui s'est chargé de réveiller les habitans de la maison.
Mademoiselle Bellavoine sonne, Perpétueselère: «Entendez-Tous Gueulard? t» dit la vieille fille. « — Oui , vraiment , il fait » assez de train... — Ce chien n'aboie pas » pour rien!... — J'en ai peur? — Il ne se » tait pas!... il faut que nous soyons mena- » ces de quelques dangers... des malfaitears » se sont peut-être introduits chez moi. Réf veillezM. Baisemon; réveillez Grilloie.,..
» Qu'ils aillent faire une ronde , qu'ils sa- » chent cequi&it aboyer Gueulard ! Ah, i> mon Dieu !.... je croîs qu'il y a un sort de » jeté sur ma maison ! — Je le crois aussi , n mademoiselle! — Perpétue, vousirezache- » ter demain des cierges, et nous les brûle-
■ rons dans la cour en l'honneur de Saint-
■ Michel qui terrassa le démon. — Ouï , ■> mademoiselle... — Mais Gueulard ne cesse » pas I courez donc Perpétue ! ■
...Cccglc
DI BIIUTILLE.
La domeatiqne tb fure ses cris dq tons les soirs dans les corridors. Baisemoa avait le sorameiL dur ; cependant, habitué à être ap* pelé toutes les nuits , il avait pris le parti de se coucher avec sa blouse et son caleçon, et Grilloie ne se déshabillait plus du tout. Les deux hommes entendent le vacarme que fait Gueulard.-ils ne se soudent pas de foire une ronde; il faut que Perpétue leur répète que c'est l'ordre desa maîtresse; mais ils ne veulent descendre qu'avec' des armes ; Perpétue les conduit dans ooe pièce desmamardes oà l'on a relégué deux vieilles canardières, parce que mademois«lle Bellaroine a peur des armes & foa; celles-ci ne sont pas chargées , mais Baiaémon espère que leur vue seule mettra en fuite les voleurs. La ronde se met en marehe ; elle trouve Gueulard qui parcourait la cour en sautant de temps k aotre contre les murs , comme s'il voulait les escalader. BeiSbmon pousse Grilloie devant lui; le vieux paysan a attaché une lanterne au bout du canon de son fusil , et il le tient toujours comme s'il couchait quelqu'un en
ISB ' l^ nwiLLB
joue. Geptndaat Gueulard se ùfane etjcntiie daiiB sa niche , la ronde ne trouve persmine , et il ea est de cette alerte comme des autres ; on retourne se ooacher en se disant : Cette maison a quelque choie d'ex* traordinaire.
La nuit d'après et les luiTantes, malgré les ciei^s qae l'on a brûlés dans la cûnr et dans les appartemens. Gueulard £ùtleniéii>e vacarme. Vii^nie rit dans son Ht , taudis que les habitans de la maison se donnent «o diable sans pouvoir deviner ce qui frit aboyer Gueulard; c^ril n'était pas pré«imable gue des voleucf sehomasseot à venir toutes les miitseampee autour dé la maison.
Virginie seule se doutait de la vérité;, pour la connaître, retournons près de Doudoux et de Godibert que nous avons faussés eu train de se battre sur la route.
Après s'âtre distribué nn assez boa noa^ bre de coups de ptnng , dont Doudonx avait flit la meilleure part , les deux jeunes gens s'airétent pour rejprendre baleine ; ils a'aperf oiient seulement alors que la voitm^ qui
". C=""8fc
DIBBUBVILLE. 107
reofcrme Tirginie n'est plus là t dans le fea du combat ils ne l'avaient pas entendue s'éloigner.
■ Tiens!... la voiture est partie! ■ s'écrie Godibert. ■ — Ah! mon IHeu!... etmade- » moiselle Virginie avec!... et nous n'avons
> pas vu cela pendant que nous nous bat-
■ tions!... — Ha ça, au fait, nous ferions • peut-être mieux de nous entendre... Vous
■ suivez mademoiselle Troupeau à cbeval , » n'est-ce pas , monsieur? — Oui , monsieur.
■ — Moi je la suis à pied ; mais enfin je la
> suis aussi parce que j'en suis amoureux^ » — J'en suis T^altment amoureux O
■ amour, tu perdis Troie !.... Mais je veux » retrouver l'adorable Vii^inie. — Je veux » aussi la retrouver, ce qui me sera facile,
■ car elle m'a dit où elle allait. — EHt me
■ l'a dit de même. — A vous? — Oui, à
■ moi ! — C'est singulier ! est-ce qu'elle nous » aime tous deux?... »
Les jeunes gens restent quelques momens i réfléchir ; Godibert reprend : •• Tenez ,
■ monsieur, tâchons d'abord d'être d'iccord
...Cccglc
IBS Ik PDCHIB
» et de nous aider mutuellement pour par- V venir prés de la jolie petite filte; quand » nous saurons si c'est tous ou moi qu'elle » préfère, celui qu'elle n'aimera pas cédera » la place à l'autre,- ça tous va-t-il? — Ça » me Ta beaucoup. — Touchez là. Avez- » TOUS de l'argent? — Je n'en manque pas » depuis que je suis majeur. — Tant mieux,
■ car moi j'en ai fort peu; mais, en reTan- » che, j'ai beaucoup d'ima^nation. — Et » moi beaucoup d'érudition. — ATcctout B cela ce sera bien le diable si nous ne réusu sissons pas dans notre entreprise. Vous » avez UQ cheval qui es* bon? — Excellent.
B — Mais TOUS TOUS tenez mal. Je vais mon- ' » ter devant; je suis solide, moi! je vous
■ prendrai en croupe et nous arriverons plus B vit^f: ça TOUS va-t-il encore? — Ça me va Il toujours. »
Les deux jeunes gensraontent sur le cheval ; Godibert le mène au grand galop ; Doudoux se serre contre celui qui lui a donnéde si bons coups de poing, et ils arrivent bientôt à Senlis.
". C=""8fc
11 était alors trop lard pour songer ù cLercher la dcmcuFe de madcoiuiselle Bel- ■avoine ; ils ne s'occupent que de trouver une auberge et de bien souper. Le lendemaia on leur indique la maison de la rieille fille ; les deux rivaux vont l'examiner, rôder autour, et regarder aux fenêtres où ils ne voient personne ; la journée se passe ainsi , et les suivantes de même, l'imagination de Godibert et l'argent de Doudoux n'ayant rien pu enfanter pour parvenir jusqu'à Virginie.
Au bout de huit jours, Godibert se frappe le front comme s'il lui venait une idée lumineuse, il s'écrie:
'C'est la nuii qu'il faut tâcher de nous » introduire dans la maison, parce que la » nuit on risque moins d'être vu!... — C'est «une idée trés-rationnelle!.... Nous irons 1 cette nuit. »
Et la nuit venue les deux jeunes gens vont se promener autour des murs de fà cour et du jardin; mais toutcela se bornait à se faire la courte échelle sans arriver assez' haut, et
". C=""8fc
160 U FVCU.LI
à iîiire aboyer Gueulard, après quoi ces messieurs retournaient se coucher en se disant : .[ Nous trouverons peut-être un expé- » aient demain. »
". C=""8fc