‹ La pucelle de BellevilleChapitre 35 sur 104 · I-a petite voisine e?t introduite · texte numérisé non relu

I-a petite voisine e?t introduite

GUSTAVE LE MAUVAIS SUJET

— Bon; je l'ai heureusement deviné... François va vite à l'hôtel Mcurice avec M. Benoîtson.

— Oui, monsieur.

François se remet en marclic; on est obligé de pousser le jockey dans la rue pour le faire trotter près du garçon marchand de vin; il cède enfin et accompagne François en rechignant. On arrive à l'hôtel Meurice; François fait des signes à son silencieux compagnon pour savoir s'il reconnaît l'hôtel, Benoît lâche une douzaine de yes. Le garçon entre et demande l'appartement de milord. Le concierge lui répond qu'il y a une vingtaine de lords dans l'hôtel et qu'il faut qu'il s'explique mieux ; François pousse Benoît devant lui et dit qu'il demande le maître de ce grand jockey-là; le concierge examine Benoît et répond qu'il ne l'a jamais vu, que d'ailleurs on dîne parfaitement, et que les lords qui l'iiahitont n'ont pas l'habitude d'envoyer chercher du vin dehors

François est furieux; il regarde Benoît entre les deux yeux, lui demande si c'est dans cet hôtel que son maître est logé ou dans un autre quartier. Le jockey ne répond que yes à tout ce qu'on lui demande. Le concierge éclate de rire, et François fort ennuyé de ses promonades, pousse Benoît devant lui et ne le perd pas de vue en retournant chez son bourgeois.

Le marchand de vin s'emporte contre François en le voyant revenir avec le jockey : il commence à craindre d'avoir été dupé par un fripon et à suspecter la loyauté de milord. H y a des voleurs en Angleterre comme ailleurs: cette idée inquiète le marchand, qui presse enfin Benoît de s'expliquer et d'indiquer la demeure de son maître. Enfin il trouve un moyen pour connaître la vérité : il se rappelle qu'un monsieur qui demeure dans sa maison sait pai'ler anglais; par lui on saura faire répondre le jockey. François court chercher le voisin, qui vient de suite interroger Benoît.

Mais en vain on presse le jockey de questions anglaises et françaises il ne sort pas de ses yes et on ne peut tirer de lui aucun renseignement sur son maître. Le marchand de vin voit qu'il a été dupé ; mais il faut une victime, et Benoît va être conduit en prison. Déjà François saisit au collet le faux Benoît, lorsqu'un militaire entre dans la cour de la maison. A sa vue Benoît, recouvre la parole; il ci'ie, pleure et se débat, et va se jeter aux pieds du colonel Moranval.

Le colonel allait dans la maison du marcliand visiter un de ses anciens camarades, lorsqu'il entendit les cris de Benoît; il lui demande où est son neveu. Le marchand vieut réclamer son argent et expliquer ce qui lui est arrivé. Le colonel qui devine une partie de la vérité paye au marchand le prix de son vin. se rend caution du valet, donne pourboire

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à François pour l'engager à ne point ébruiter cette aventure et s'éloigne en emmenant Benoît, par qui il espère savoir enfin des nouvelles de Gustave.

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