‹ La pucelle de BellevilleChapitre 95 sur 104 · MADAME DE SAINT-CÉRAN · texte numérisé non relu

MADAME DE SAINT-CÉRAN

Le printemps est venu de nouveau charmer les yeux et réjouir les sens; tout se ranime, la terre reprend sa parure, les fleurs renaissent, les bois recouvrent leur feuillage, les prairies leur gazon, les oiseaux chantent l'amour et les amants viennent sous l'ombrage faire ce que chantent les oiseaux.

Charles et Louise profitent du retour des beaux jours pour faire souvent des promenades champêtres. Adolphe les accompagne quelquefois ; mais quelquefois aussi, regardant les beaux yeux de Louise et l'ardeur qui brille dans ceux de son mari, il les laisse aller seuls et se dit :

« 11 ne faut pas être toujours là... je pourrais les gêner »

Adolphe se rappelle le baiser qu'il a entendu au bord de l'eau.

Et puis, Adolphe n'est pas toujours gai. car, en se promenant seul ou avec SCS amis, il voit, malgré son économie, diminuer, chaque jour, sa modeste fortune, et quand il n'aura plus rien, que fcra-t-il? Il a trop de lii'rté pour vouloir accepter de l'argent de Charles, et, d'ailleurs, comluont le lui n'iulrail-il ? et onipruiiter quaiiil im ne peut pas rendre, co

M. DUPONT

Zélie tprmiue son discours par deux caresses qu'Adolphe trouve d'abord fort déplacées. (P. 893.)

n'est plus emprunter. Adolphe court de côté et d'autre pour trouver de l'occupation, et il n'a encore obtenu que des promesses, et chaque jour la position du jeune homme devient plus inquiétante. Louise et son mari cherchent à le distraire, à ranimer son courage ; mais Adolphe craint que la vue de sa tristesse ne trouble le bonheur de cet heureux couple, et, par délicatesse, il va les voir moins souvent. Il évite les promenades trop

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