‹ La Pucelle de FranceChapitre 40 sur 51 · TES · texte numérisé non relu

TES

carême. Naturellement il esl étrange, qu'en mai 1 i v\ Jeanne ait prévu que son secours au dauphin arriverait huit à ueuf mois plus tard, et M. Thalamas fait un accueil empressé à cette opinion de M. Lowell, que pour « circa Ascensionem Domini, the Ascension, May, 1428, » on doit lire la Cire nicision (Ie» janvier 1429), ou la Nativité (25 décembre 1428), ou le Baptême de Notre-Seigneur (13 janvier 1429). Mais le témoignage de Poulengy se tient d'un bout à l'autre. En mai 1428, Jeanne désirait envoyer un message et mie promesse au dauphin pour i.i mi-carême de 1429. Elle ne demandait point à être envoyée elle-même, elle ne fit pas mention du siège d'Orléans. Elle s'en retourna àDomrémy pour revenir en janvier 1429 quand elle demanda une escorte. Ce fait ne peut êtré^écarté par une série de versions hypothétiques.

!'. 52, 1. 32. Procès, t. I, p. 457.

P. 55, 1. 34. Procès, t. II, p. 387-461.

P. 56, 1. 16. Procès, t. I. p. 66, 215.

P. 56, 1. 29. Siméon Luce, Jeanne à? Arc à Domrêmy, p. lxiv et p. 301-305 ; Anatole France, Vie de Jeanne d'Arc, t. I, p. 23.

P. 57, 1. (>. Siméon Luce, Jeanne d'Arc à Domrêmy, p. 88 (note pour 87). Les documents relatifs à la famille de Jeanne à Sermaize (de Bouteiller et de Braux, Nouvelles recherches sur la famille de Jeanne d'Arc) sont suspects et je me suis abstenu de les citer.

P. 58, 1. 11. Siméon Luce, Jeanne d'Arc à Domrêmy, p. 97-100. Aux p. ci.iv-clvi Luce donne les pièces du contrat du 7 octobre 1423. Les chefs de maison devaient payer deux gros par an (un gros étant la vingt -cinquième partie d'une livre) au damoiseau pour qu'il les protège. Luce dit que la somme totale n'était pas moins de 220 couronnes d'or. 11 ajoute qu'à la Saint -Martin (le 11 novembre 1423) les malheureux villageois ne pouvaient payer, et avaient demandé àdeux riches habitants de leur servir de caution. Le damoiseau furieux de leur inexactitude à payer, se saisit des biens et du mobilier d'un des garants, Guy de Poignant, mais le 8 décembre il était payé par les paysans et leur donnait un reçu.

Tout cela est basé sur un document du 31 mars 1427, époque à laquelle Guy de Poignant essayait de récupérer auprès des gens auxquels il avait servi de garant, la perte qu'il avait faite (cf. Luce, p. 359-362). Mais dans ce document,

4i.s NOTES

le seigneur de Domrèmy et Greux est compris aussi bien que ses villageois. Or le seigneur Henri d'Ogiviller, chevalier, n'était point partie dans la dette de protection, reconnue le 7 octobre 1423 par les villageois. M. Luce ajoute que les 220 couronnes d'or venaient sans doute de la taxe de deux gros par foyer levée par le damoiseau de Commercy le 27 octobre 1423 (op. cit. p. 359, note 2). Mais il est mathématiquement impossible qu'un impôt de deux gros sur chacun des quatre-vingts foyers, donne 220 couronnes d'or ! De plus nous avons vu le seigneur figurer comme l'un des débiteurs et répondants dans le procès poursuivi par Guy de Poignant. Ainsi les 220 couronnes d'or dues par le seigneur et ses tenanciers, ne peuvent pas être les misérables 160 gros au plus, que les contractants promirent de verser le 7 octobre 1423. La grande somme en couronnes d'or pouvait avoir été promise par le seigneur et ses tenanciers, comme prix d'un traité de paix local assuré par le damoiseau entre le seigneur et le peuple des deux villages d'une part, et l'Angleterre et la Bourgogne de l'autre. Le damoiseau avait un pied dans les deux camps t-nnemis, comme La Trémoïlle, de façon notoire. Ainsi le 11 mai 1428, les gens d'Eglise de Craon payèrent 800 couronnes d'or, les gentilhommes 1.200, les manants et autres non nobles 5.000 (?), entre les mains de La Trémoille « pour être assurés contre la France et l'Angleterre » (Les La Trémoïlle, t. I, p. 172, 173). M. France (I, 29) suit M, Luce, en estimant le total des gros a 220 couronnes d'or et en donnant comme renvoi <l Luce, preuve li », document qui ne dit rien sur ces monnaies (cf. France, t. I, p. 66). Pour la valeur variable et le prix marchand de la couronne d'or, voir Boucher de Molandon, Jacques d'Arc, p. 5, note 3 ; Orléans, 1885. Vingtcinq gros faisaient la livre, trois ou trois livres et demie équivalaient la couronne d'or, donc 220 couronnes d'or représentent plus de 5.000 gros, au lieu de la simple somme de 160 gros. P. 58, 1. 28. Ce Henri d'Orly et ce Barthélémy de Clefmont firent des trêves avec René, duc de Bar, la première le 25 juillet, et la seconde en août 1426. Une partie de Domrémy relevait du duc de Bar, ce qui pour d'Orly était une excellente raison pour piller Domrémy et Greux. Mais, en juin 1425, le comte de Vaudémont, étant aussi en guerre avec le duc de Bar, envoya sept ou huit

NOTES ii<<

hommes pour reprendre le bétail appartenant à Domrémy. Siméon Ltice, Jeanne d\ire à Domrémy, p. 275.

P. 59, I. o. Siméon Luce, Jeanne a" Are à Domrèmy, p. i.x.x.wn, 1 xxxvm, cxi.i, rxui.

P. m . I s. Des modèles en vermeil sont au musée des Antiquités d'Ecosse : l'un fut trouvé à Pluscarden un vivait le moine de Dunfermline, qui soutint avoit été parmi ceux qui suivirent la Pucelle.

F', "i, 1. 33. Procès, t. I, p. 51.

P. 64, L 8. Siméon Luce, Jeanne d'Are à Domrémy, p. CLIV, CLVT, 359, 362.

P. 64, 1. ;,o. Procès, t. II. p. 14g.

P. 65, 1. 30. Procès, t. II, p. 21.

P. 66, 1. 2. Procès, t. II, p. 444.

P. 66, 1. 15. Procès, t. III, p. 83.

P. 66, 1. 17. Cf. Ayroles, La vraie Jeanne d'Arc (La Pucelle devant l'Église de son temps), p. 495.

P. 66, 1. 28. Procès, t. II, p. 442.

P. 66, 1. 36. Procès, t. II, pp. 454-458.

P. 67, 1. 7. Ici M. France fait une découverte originale. Jeanne, écrit-il, dit àBaudricourt : «Je suis venue à vous de la part de Messire, pour que vous mandiez au dauphin de se bien tenir et de ne pas assigner bataille à ses ennemis » (t. I, p. 71 ). Ici il s'arrête, et raconte une histoire (il la redit trois fois) pour prouver que Jeanne répéta, mot pour mot, l'avertissement d'un certain Vavasseur, à Jean le Bon. On rapporte qu'avant la bataille de Poitiers, une voix dit à Vavasseur d'aller ordonner au roi de ne pas combattre ; le roi combattit, fut battu et pris. Le message de Jeanne n'était point le même, elle dit que le roi ne devait point engager la bataille pendant l'été de 1428, parce que le seigneur lui enverrait du secours à la mi-carême (1429). Toutefois Siméon Luce, qui publia en 1861 La Chronique des quatre premiers Valois, rejette comme fabuleuse l'histoire du vavasseur, favori de M. France. Luce écrit (Chronique, p. xxii, xxin) :

« Il y a, il est vrai, une troisième légende, qui, si nous ne nous trompons, a été rapportée par notre chroniqueur, et dont par conséquent force nous est de le rendre responsable. Mais bien que nous n'y ajoutions guère plus foi qu'aux deux précédentes, nous regretterions vivement qu'elle ne nous eût pas été conservée, tant le merveilleux nous en parait touchant, tant il nous semble trahir d'une manière aussi forte que naïve la protestation de l'honneur français, essayant en

quoique sorte de regimber contre un de grands désastres de notre histoire. Voici le fonds de cette légende. Un ange apparaît à un brave, homme qui habitait du côté de la Champagne, lui annonce que le roi Jean sera défait s'il livre bataille à Poitiers, et le charge d'aller dire à ce prince de ne pas combattre ses ennemis. L'honnête campagnard accomplit sa mission ; mais le roi de France refuse de l'entendre et d'avoir égard aux Voix du ciel ; aussi est -il vaincu par les Anglais. Tel est le résumé fort sec d'un récit dont il faut savourer dans notre texte même, l'expressive naïveté. Evidemment, nous le répétons, le sentiment national qui fut toujours si chatouilleux en France, se voyant humilié par la défaite de Poitiers, voulut prendre sa revanche dans cette légende populaire. Il se persuada naturellement que, si Jean fut vaincu, ce fut moins par les Anglais que par le ciel, dont ce prince était accusé d'avoir négligé les avis et méconnu les ordres. »

L'histoire elle-même est racontée aux pages 46-47. L'expression « un ange s> n'y est pas employée, mais une voix horrible et épouvantable lui parla : « Dans un autre moment, après avoir consulté son curé le troisième jour, alla le dit prud'homme, où la voix lui avait apparu. Et lorsqu'il vint là, il vit mie très grande clarté cheoir ou descendre du ciel, merveilleusement espouvantable. Et la voix lui dit de rechef. »

S. Luce a ajouté l'ange qui n'est point dans la chronique, tout comme M. France (t. I, p. 18S) fait répéter à Jeanne, une fois de plus à Chinon, les paroles attribuées à ce vavasseur. Pour cela il n'y a aucun témoignage.

P. 67, 1. 34. Cf. Viriville, Charles VII, t. II, p. 66, note 2.

P. 68, 1. 2. A. France, t. I, p. 74; Procès, t. II, pp. 392- 393, 458-459-

M. France affirme que Jeanne était en relations spirituelles avec quelques prêtres et il en nomme deux. L'un, messire Jacob, était un enfant de huit ans à l'époque où Jeanne quitta Domrémv (Procès, t. II, p. 392-395); l'autre était messire Arnolin, qui entendit Jeanne en confession quatre fois (Procès, t. II, p. 459). Il est encore un prêtre à ajouter à son curé, auquel Jeanne se confessait avec la permission du dit curé, quand ce dernier se trouvait empêché (témoignage de Jeanne, Procès, t. I, p. 51). Tous ces prêtres avec les Jeanne était en relations spirituelles, se smi<

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