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rien ne lui agréait et ne pouvait le satisfaire ; il fallait qu'il détestât, qu'il détestât encore : les gens, l'abbé Cotin, tout le monde et lui-même!
Venons-en. maintenant, à cette P'ucelk qui, après avoir bénéficié de tant d'éloges, devait succomber à la longue sous une tempête d'épigrammes. J'ai commencé par dire que je n'entendais pas faire de Chapelain un génie méconnu; j'aurais pu ajouter : « et encore moins recommander la PuceJle comme un chef-d'œuvre ». Elle est ce qu'elle est, c'està-dire une oeuvre inégale, mais vivante, une œuvre où l'on trouve ce que Boileau était incapable de faire vibrer : la fibre nationale. Oui vraiment, ce Chapelain « dont le bon sens était si grand en toutes choses », comme a dit le cardinal de Retz, ce Chapelain avait devancé son époque dans ce que j'appellerai l'esprit de nationalité. Mieux que la plupart de ses contemporains, il sentait ce que veut dire le mot : Patrie ; et il en avait l'enthousiasme. Bien plus, il avait compris son héroïne à son double point de vue, à celui de la mission immédiate comme à celui de la mission éventuelle. Envisageant la possibilité de désastres à venir, il avait relevé ce symbole de délivrance et de représailles dans les champs de nos désastres passés. En cela, il avait la conception que nous avons eue depuis, il avait vu en Jeanne d'Arc le personnage Ame, qui s'étend impérissable d'une trontière à l'autre et
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qui enflamme les héroïsmes chaque fois que la patrie est en danger !
Et voilà comment Jeanne d'Arc est si grande à nos yeux, désormais. Elle est grande parce qu'elle est pure comme l'esprit qu'elle représente, elle est grande parce qu'elle est héroïque, parce qu'elle est martyre ! Elle est grande parce qu'elle symbolise l'élément divin qu'on retrouve toujours dans les maladies qui travaillent les peuples et les États!
Les fièvres chaudes de rébellion, les léthargies de servitude, les catastrophes qui semblent le plus irréparables sont régies d'en haut par d'insondables décrets. « Quand la Providence a quelque dessein, disait Guez de Balzac, un des dédaignés de Boileau, il ne lui importe guère de quels instruments et de quels moyens elle se serve. Entre ses mains tout est foudre, tout est tempête, tout est déluge, tout est Alexandre, tout est César I Elle peut faire par un enfant, par un nain, par une femme ce qu'elle a fait par les géants et les héros, par les hommes extraordinaires... Il y a bien je ne sais quelle hardiesse qui menace de la part de l'homme, mais la force qui accable est toute de Dieu ! » C'est cette force qu'il faut voir en Jeanne d'Arc, et c'est à cette force qu'il faut attribuer le culte miraculeux dont on environne aujourd'hui L\ mémoire de l'humble bergère, devenue la consolation des dé-