‹ La Pucelle, ou, La France délivrée (volume 2)Chapitre 6 sur 10 · GOUVERNEUR POUR LE ROI CONNÉTABLE HÉRÉDITAIRE DE NORMANDIE · texte numérisé non relu

GOUVERNEUR POUR LE ROI CONNÉTABLE HÉRÉDITAIRE DE NORMANDIE

MOXSEIGXEUR.

Cette PUCELLE magnanime, ou, pour mieux dire, ce Phénix, dont le vol belliqueux redonna la franchise à nos pères, axant trouvé en V. A. un soleil propre à ranimer ses cendres, quitte le bûcher, oit la dépouille fut consumée, pour venir rendre hommage de la nouvelle vie èi la vertu, qui la lui a fait recouvrer. Comme cette sainte seconda autrefois, par ses miracles, ceux de l'ancien COMTE DE DUXOIS, elle vient aujourd'hui les proen exemple à celui de nos temps, pour les grandes choses, à quoi l'appellent ses destinées.

Quant èi Vous, MOXSEIGXEUR . elle ne vient Vous présenter que ses respects, sachant bien que, pour les miracles que la couronne se promet encore de Vous, il n'est pas besoin que Von vous proposiez d'autre exemplaire que Vous-même. Elle vient seulement avouer à V. A. qu'encore que ses faits aient été T admiration de tous les peuples, et que l'esprit qui les conduisait les ait mis au-

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dessus de tout ce qu'il y a de plus élevé dans l'histo'u s moins -ne. c'est a J'eus seul, à qui ell

t de ce qui Vous les fera estimer. Car, simule

rien, ils ont été touchés sur Vidèi sus héroïques, i

donner plus de lustre, ou a eu aucoup moins sut-

elle que sur Vous. On a mieux aimé n'être pas si précisément

. en les traçant sur votre modèle, que de les faire paraître moins merveilleux, en les copiant sur le sien. V. . .'. <:aitra

dans tous les projets de cette guerrière; Elle se roi:. :s tous

:bats ; Elle n'y trouvera que les temps et les noms enfin Elle n'y verra pas tant les aventures de la PUCELLE que

Il i M0NSEIGNEU1 toutes

. et que ce qui indrt que ce

qui ne le sera pas. Cette fut armée qu'un an, et ne

combattit qu'en une province. On n. ans, ni les

lieux. Bourgogne, Yltalie, la

Lorraine, . triomphant, i

militaire ne pouvant être . lu vos

travaux, j: confins de la pu .

pagne ne se fût point déclarée son ennemie, l'Europe eut joui d'un bien si Jiécessaire et si souhaité. Je i; même me promettre r les merveilles de la SAINTE

FILLE, avec la grandeur et la majesté dont elles sont dig->:. est trop faible de soi, pour soutenir d.

seule, il serait à craindre qu'elle ne les M is MONSEIGNEUR, forti . s applaudissements, Vous l'ayez animée p

lût ions, et : entretenu

que je devais suivre une autorité si puissant . ' je me

tr témérai' . aitre désobéi

EPITRE xxxv

II ne m'a semble, ni bienséant, ni raisonnable, de résister davantage au commandement que V. A. m'avait fait de publier le récit d'un succès si miraculeux, et j'en ai remis l'événement à la Fortune. qui n'a jamais guère réussi quand elle a traversé vos entreprises, ou qu'elle s'est opposée à vos volontés. J'ai cessé de Vous représenter que j'aurais encore eu besoin de quelques années, pour exercer ma voix, et pour la rendre plus éclatante , et j'ai déféré îi votre jugement, qui lui était favorable, sans écouter le mien, qui la trouvait disproportionnée à un si noble sujet.

Après tout, MOXSEIGXEUR, je me suis consolé de ma faiblesse sur l'excellence de ce sujet, qui ma paru asse^ fort, pour se soutenir de lui-même, et pour soutenir encore la voix qui le devait soutenir. Le dessein de délivrer la France est un dessein si haut, et l'exécution en est si admirable ; la part que le Ciel y a prise, et les voies qu'il a tenues pour la faire réussir sont si peu de Tordre commun des choses ; enfin V étoffe sur laquelle la Providence a travaillé est si riche et si importante, que pour en faire un poè ne épique, il suffisait presque d'en faire un simple tissu. Eu effet , on n'a jamais invoqué les divinités, qui inspirent les poètes, avec moins de nécessité, qu'eu la rencontre de cet ouvrage, dont la matière fait le principal ornement, et qu'on ne saurait nommer qu'on ne la loue. Par là, du moins, aurai- je une asse~ légitime excuse, auprès des personnes habiles, si je n'ai guère contribué èi V éclat d'un si brillant sujet, puisque comme les beautés accomplies ne peuvent être fardées, sans une diminution notable de leur perfection, je ne pouvais aussi charger celle-ci de grâces étrangères, sans étouffer celles qui lui sont naturelles, ni chercher et la rendre plus éclatante, sans la couvrir d'autant de taches, que j'aurais prétendu lui ajouter d'embellissements.

Quoi qu'il en soit, MOXSEIGXEUR, c'est pour le seul intérêt qu'a V. A. en ceci que banni la foule des grands sujets, qui Iri-

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'■[uses, dans V imagination qu'elles leur ;uner l'Immortalité, je me suis arrêté à ht PUCELLE, et Vai préférée, dans mon choix, ci tant de héros, dont les imper* Jections eu:. acrifiè l'honneur que je

me fusse pu promettre, en enrichissant leur pauvreté, à la passion que j'ai eue de Vous plaire, en ni attachant à cette héroïne, dont la richesse n'avait pas besoin de mon secours. Enfin, j'ai moins eu pour objet la louange du public que le contentement de I'. A. et laquelle il rCa rien que je ne doive immoler, après avoir reçu tant

lies marques de sa bienveillance. Si j'obtiens que mon :

se point de Vous agréer, j'aurai toute la gloire, que je me suis

proposée, dans cette course, et quand je serais asse~ heureux pour

la faire, entre mille acclamations, et pour trouver une couronne au

bout de la carrière, mon ccvl ' point si sensible, qu'à la joie

attente, et répondu îi :

pieds, MOXSEIGXEUR, le fruit de mes longs travaux et de vos bénignes influences. Pour ;; :/ sa parfaite maturité,

il ne laisse pas de Vous être offert, au moins comme un essai de fertilité, en attendant la fin de la récolte, qui parfera ce qu'il y a de moins achevé dans ces Prémices. J'eus nave\ aucun bien, qui Vous appartienne à meilleur titre. Il a été semé sur votre fonds, cultivé par votre assistance, arr, vos rayons, et élevé sous votre ombre. 1. n goût, que celui

:é. Il n'a de bonne odeur, que celle qut lui avei communiquée. En un m,:. . plutôt que

le mien, et, en Vous le consacrant, je ny ai autre mérite que celui de ne Vous retenir pas ce qui est légitimement à Vous. Je Vous l'apporte néanmoins en offrande, comme s'il était tout de moi, suppléant de la grandeur de mon ~èle, où ne peut atteindre la petitesse de mou

ir.

-. MOXSEICjXEUR. ayee votre humanité ordinai

E PITRE xxxvii

%èle ardent qui m'a toujours embrase pour Vous, £t pour Votre auguste Maison, et, par votre généreuse bouté, continue- à soutenir mou courage, qui, sans elle, pourrait s'affaiblir, dans le reste et le plus considérable de l'entreprise. La PU CELLE Vous en conjure, par l'impatience quelle a de son martyre, et l'illustre COMTE DE DUXOIS, que j'ai laissé dans les liens, aussi bien qu'elle, Vous le demande, pour en sortir, et pour achever les prodiges de valeur, qui doivent remettre son Roi sur le trône, et son pays en liberté. Vous ne résisterez pas, sans doute, à de si puissantes prières, et vous accorderez cette grâce à celui à qui Vous en ave^ jait tant d'autres, même avant qu'il Vous eût témoigné, avec quel profond respect, et quelle passion violente, il est

Monseigneur,

De V. A.,

Très humble, très

et très fidèle Serviteur,

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