V. 5o3. Par le psautier de sœur Alix ta mère
* Les religieuses donnaient le nom de psautier à un gi'and chapelet, parce qu'il était compose de cent cinquante grains, nombre égal à celui des psaumes. Le psautier des nonnes est aussi une sorte de voile dont elles se cou\Tent par modestie la tête et les épaules. C'est de ce dernier que parle La Fontaine dans un de ses contes à propos d'un quiproquo plaisant que fait certaine abbesse :
« Pour ne donner aux sœurs aucun ombrage,
« Elle se lève en hâte, étourdiment,
« Cherche sou voile, et malheureusement
« Dessous sa main tombe du personnage
« Le haut-de-chausse, assez bien ressemblant
« (Pendant la nuit, quand on n'est éclairée)
o A certain -v oile aux nonnes familier,
« Nommé pour lors entre elles le psautier. »
V'. 541. Le moine gris possédait le bâton
Du bon Jacob , l'anneau de Saiomon , Sa clavicule, etc
Les charlatans ont le bâton de Jacob; les magiciens, les livres de Saiomon, intitulés l'Jnneau et la Clavicule. Les conseillers du roi, sorciers à la cour de Pharaon, qui firent les mêmes prodiges que Moïse, s'appelaient Jaunes et Mambrès. On ne sait pas le nom de la pythonisse d'Endor, qui évoqua l'ombre de Samuel; mais tout le monde sait ce que c'est qu'une ombre, et que cette femme avait un esprit Pithon ou de Pylhon '.
' * Pithon, ou plutôt Pitho, est la déesse de l'éloquence; Pylhon est le fameux serpent tué par ApoUon. C'est de la première que Tibulle a dit dans une de ses Elégies:
" Delos ubi uunc, Pbabe, tua est, ubi delpica Pitho?
Quant au serpent, ApoUodore, Ovide, Macrobe, sont bien éloignés d'être d'accord sur son compte. Dom Calmet, qui ne doute de rien, n'a l)ourtant pas osé essayer de les concilier. ( L. D. B.)
DU CnANT IV. /j3l