V. 17. D'un certain âne, illustre dans Técole
* L'Artésien Jean Buridan était un des philosophes les plus renommés du xiv* siècle; ce qui ne tire pas du tout à conséquence. On lui attribue le sophisme fameux d'un âne placé entre deux picotins d'avoine exactement pareils, et qui, dans son indécision, meurt de faim entre deux. Baylc pense que « le sophisme appelé l'Ane de Buridan pourrait bien n'être autre chose que le Pont- aux- Anes de logique, mentionné par Rabelais, liv. 11, chap. xxviii, où, incertain s'il doit ou décrire le combat d'entre Pantagruel et les géans, ou en omettre le récit, il invoque Thalie et Calliope, et les prie de le tirer de ce mauvais pas. Au chapitre troisième du même livre, Gargantua déjà vieux est représenté dans un embarras tout pareil, ne sachant s'il devait ou pleurer pour le deuil de sa femme Badebec morte en couche , ou rire pour la joie de son fils nouveau-né. « L'ànesse de Buridan , dans la morale de Spinosa, et l'âne Burdin des Bourguignons sont la liiême chose que l'âne illustre dans l'école dont Voltaire parte ici.