V. t4. Et l'Intérêt, ce vil roi de la terre
Pour qui l'on fait et la paix et la guerre , Triste et pensif, auprès d'un coffre-fort , Vend le plus faible aux crimes du plus fort.
Ces deux derniers vers rappellent les suivans, que Rutebeuf a employés dans le fabliau intitulé Le Chemin du Paradis; il peint l'Avarice, qui
Emmi la solle sur ud coffre Est assise mate et pensive.
Mate signifie affligée, triste.
Voltaire a depuis fait usage de la même idée dans la tragédie de Mérope (act. i, se. 11) :
• Ainsi donc, par mon peuple en tout temps accablée, Je verrai la justice à la brigue immolée; Et le fil intérêt, cet arbitre du sort, Vend ton^oxxrs le plus faible aux crimes du plus fort.
V. 2fî5. Mais rien de plus : ce jeune liomme de bien Voulait beaucoup et ne demandait rien.
C'est la pensée du Tasse [Gerus. lib., c. 11, st. xvi ; quand il peint ainsi la délicatesse d'Olinde, l'amant de Sophronic :
» Ei che modesto è si coœin' essa è bella, a Brama assai, poco spera, e nulla chiede. >>
Ce dernier vers, qui est charmant, a été rendu avec beaucoup de bonheur par M. Baour-Lormian :
L'infortuné languit dans son cruel lien , Désire, a peu d'espoir, et ne demande rien.