MODES DE LA CONTAGION
Dans une exploitation infectée, le Bactérium Pullorum se rencontre partout. On le trouve naturellement en abon-
dance dans l'ovaire des poules malades, mais il existe aussi dans le tube digestif des sujets qui paraissent sains et ne réagissant pas à la pullorine restent des porteurs de germes particulièrement dangereux. On peut le voir dans le sol. dans l’eau de boisson souillée par les déjections des malades. Il semble cultiver merveilleusement dans l’atmosphère chaude et humide des couveuses et des éleveuses qui sont en réalité de parfaites étuves à température optima constante.
La résistance des germes que les travaux du Laboratoire ont montré assez faible in vitro, paraît au contraire beaucoup plus grande dans le milieu intérieur des poulaillers, parquets et parcours de nos fermes. Kerr a prouvé que, dans les fèces humides, Bactérium Pullorum peut rester vivant cent un jours.
C'est cette résistance de Bactérium Pullorum si fort dès qu'il se trouve dans le milieu même où il peut faire du mal, qui constitue à nos yeux une des difficultés les plus grandes à vaincre pour réussir à la ferme dans la lutte contre la Pullorose.
Ne pouvant, comme les spécialistes le recommandent, bêcher trois fois en six mois la terre des parquets infectés après l’avoir recouverte de chaux, nous avons essayé de désinfecter le sol de parquets clos de grillages en les laissant vides pendant un an, demandant aux agents atmosphériques de réaliser cette destruction des germes pour laquelle il ne paraît pas y avoir d’autres moyens conciliables avec les difficultés de main-d'œuvre si grandes actuellement à la campagne. Pendant ce temps, les locaux d'habitation étaient badigeonnés à trois reprises, à un mois d'intervalle, avec un lait de chaux concentré, fortement crésylé, et le matériel qui les meuble (perchoirs, planches à crottes, mangeoires, nids-trappe...) étaient nettoyés par immersion prolongée (24 heures) dans l’eau crésylée. Dans ce parquet considéré absolument libéré du Bactérium Pullorum, l’introduction de sujets neufs d’un autre élevage n'ayant pas réagi à deux injections diagnostiques de Pullorine et con-
ces
trôlés par l’autopsie de deux animaux volontairement sacrifiés, a été suivie de la réapparition de la maladie onze mois après la remise en service du parquet. Pourtant toutes les précautions, non rigoureusement scientifiques certes, mais très sévères cependant, avaient été prises pour éviter l’apport de l’extérieur de microbes dans ce parquet et à défaut de l'hypothèse de la persistance du bacille dans le sol, nous sommes. obligé d'admettre que les animaux étrangers, pigeons, que nous n'avons pourtant jamais vu aller dans ce parquet où rien ne pouvait plus les attirer, moineaux, mésanges plutôt, rats peut-être... ont assuré une nouvelle souillure du milieu.
Nous avons essayé en vain aussi d'utiliser momentanément les parquets infectés en les faisant pâturer par d’autres espèces animales (moutons, lapins..….), qui mangeant au ras l’herbe, permettaient une meilleure action des radiations solaires. Seul, l’abandon total, définitif, pendant plusieurs années au moins (4 ans), suivant la conception américaine, permet d'assurer la désinfection convenable du sol.
Cette présence du Bacterium Pullorum en tous les éléments constitutifs d’une exploitation avicole infectée permet de classer les modes de la contagion en :
Congation par hérédité ;
Contagion par les voies pulmonaires, digestives ou ombilicales.
1° Contagion par hérédité :
Elle a été très élégamment schématisée par M. Leynen qui, en une gravure très originale, montre comment une poule et un coq, tous deux, ou au moins l’un des deux, malades donnent des œufs infectés dans la proportion de 71 %.
Ces œufs contaminés, lorsqu'ils éclosent (et ils ne le font que dans la proportion de 15 % environ), donnent des poussins malades dont le plus grand nombre ne tarderont pas à succomber. Ceux qui survivront resteront des malades chroniques qui, à leur tour, produiront des œufs infectés, reconstituant le cycle sans fin de la contagion.
+ Le
2° Contagion par les voies naturelles ou accidentelles :
A côté de ce mode d'infection, le plus frappant et le plus répandu, il est vrai, mais aussi le plus facile à vaincre, il en est d’autres moins graves, en apparence, mais autrement funestes encore aujourd’hui, puisqu'il n’y a pas de moyens efficaces d'en avoir raison.
L'infection peut se faire :
a) Par la voie pulmonaire et la voie ombilicale : Des observations de nombreux auteurs et nos constatations personnelles semblent prouver que la mortalité en couveuse est très supérieure à celle sous la poule, la contamination paraissant se faire par le cordon ombilical dans les vingtquatre premières heures ou ensuite par voie pulmonaire, ainsi que tendraient à le justifier les nodules du poumon si souvent trouvés à l’autopsie des poussins morts quinze jours après leur naissance.
Les jeunes, nés sains, s’infecteraient au contact des malades qui rejettent des bacilles avec leurs excréments.
Dans deux couveuses Buckeye de 350 œufs à eau chaude, conduites parallèlement, la moyenne de quatre incubations successives, faites dans l’un des incubators avec les œufs provenant de poules saines, dans l’autre avec des œufs de poules ayant réagi positivement à l'injection de Pullorine, œufs préalablement lavés à l'alcool pour enlever les germes qui auraient pu rester sur la coquille, nous avons She
Pour l’incubation d'œufs sains :
11 % d'œufs ne formant pas d’embryons au 6° jour ;
4 % de poussins morts en coquille ;
85 % de poussins nés bien portants parmi lesquels 5 % ont été éliminés dans les quinze jours qui ont suivi la naissance, pour malformation ou faiblesse.
Pour l'incubation d'œufs infectés ou suspects, nous avons eu :
15 % de poussins morts en coquille ;
65 % de poussins nés avec les apparences de la santé, dont 31 % morts entre le 2° et le 6° jour et 27 % morts entre les 6° et 15° jours ;
ed —
19 % d'œufs ne donnant pas trace d’embryon au 6° jour de l’incubation, avaient été éliminés à cette date.
Les essais menés parallèlement avec poules couveuses et avec incubators ont donné des résultats très différents et nettement, pour les œufs contaminés, en faveur de l’incubation naturelle.
Pour ces derniers essais, nous n'avons pu malheureusement établir de tables convenables et précises tant les incidents d'incubation et d'élevage, fonction de défaillances purement accidenteiles et nullement liés à la Pullorose, ont réduit dans des proportions sensibles les bons résultats esconiptés. Malgré les pertes dues soit à l’abandon momentané ou définitif des œufs par des mères mauvaises couveuses, soit à un rat qui a pu tuer toute une couvée, soit à la noyade dans un abreuvoir de quelques jeunes... qui ont abaissé le taux de pourcentage réalisé, la moyenne obtenue a été encore supérieure à celle donnée par la couveuse arti ficielle. Nous devons avouer que la station de Manhattan a fait des observations diamétralement opposées aux nôtres.
b) L'’infection se fait enfin par la voie digestive. Ce mode de contagion est le plus fréquent chez l’adulte. Ceux-ci en effet s’infectent d'ordinaire en mangeant des œufs bacillifères brisés accidentellement dans le nid ou en absorbant des aliments souillés par les déjections des malades ou des porteurs de germes.
Rettger a prouvé cette contamination de la poule saine en répandant sur la litière des poulaillers une culture de Bactérium Pullorum en bouillon. Quelques ouvriers de Nomexy (Vosges) en ont fait la triste expérience lorsqu'ils ont introduit dans leur petit poulailler familial, composé d’individus sains que j'avais d’ailleurs éprouvés peu de temps auparavant à la Pullorine, des sujets gagnés à une loterie de champ de foire et restés là sans avoir pondu en attendant le moment d’être utilisés pour la table.
On a envisagé enfin la contagion par le « cochage ». Le dépôt d’une culture de Bactérium Pullorum, âgée de vingtquatre heures, à la partie la plus basse de l’oviducte, n’a pas amené chez ces volailles d'expérience l'apparition escomptée de la maladie.
PADNE EU EN
Diagnostic
Dans l’état actuel de nos connaissances sur la Pullorose, c'est le diagnostic seul qui présente un réel intérêt, car de lui dépend la conduite à tenir dans un élevage infecté.
Pour que ce diagnostic soit vraiment utile, il devrait pouvoir être précoce de façon à intervenir hâtivement alors que la maladie ne fait que débuter. Mais dans la pratique, chez l’aviculteur non averti, ce n’est que quand le mal a fait des ravages tels que l'élevage est à peu près irrémédiablement condamné, que celui-ci songe à faire préciser par le technicien la cause de la mortalité de ses poussins, seul symptôme marquant qui attire son attention.
Pour la Pullorose, il faut commencer par un diagnostic d'ensemble, c’est-à-dire confirmer ou non l’existence du mal puis, dans l’affirmative, tendre à préciser dans l'élevage infecté, les malades, les contaminés et les suspects.
Certes, il devrait aussi, pour permettre la seule prophylaxie rapide, disposer d’une méthode pouvant dire immédiatement de façon certaine si l'individu examiné est ou non porteur du terrible germe, mais, pour cette dernière mission qui, comme nous le verrons plus loin, serait capitale dans l’amélioration d’un élevage, nous n'avons aucun moyen sûr.
Le premier diagnostic, celui qui envisage l’ensemble de l'élevage, est généralement facile à établir dès que l’attention est en éveil ou quand déjà le mal a fait des victimes,
car la mortalité effroyable des poussins dès le 3° ou le 4° jour qui suit leur naissance, plus grande encore dans les 3°, 4° et 5° couvées que dans les premières et les dernières, c'est-à-dire avec des œufs provenant des mères dont l'ovaire a son maximum d'activité, ne peut être attribuée qu'à Bacterium Pullorum, au point qu'il est à peine besoin de l’autopsie des poussins, de la constatation des nodules typiques (visibles sur le poumon dans 44 % et sur le cœur dans 10 % des cas, d’après Gallagha), pour savoir que l’hécatombe est bien due au Bacterium Pullorum.
Mais en dehors de la période d’incubation, alors que le mal ne s’accuse chez l’adulte que par un état de moindre résistance (facilement constaté au nid-trappe), que seul un aviculteur initié, observant quotidiennement ses élèves, sait apprécier et interpréter, la Pullorose peut s'installer, envahir tout l'effectif et compromettre irrémédiablement l'avenir avant qu'on ait demandé au Vétérinaire d'utiliser les moyens scientifiques dont il dispose pour effectuer des sondages puis les tris dans le troupeau surveillé.
Toutefois l’aviculteur a un moyen, en dehors des réactions biologiques et du recours aux produits du laboratoire, pour surveiller sa basse-cour, c'est celui que devrait utiliser tout éleveur soucieux de l’état sanitaire de son cheptel, quel qu'il soit, et qui veut que chaque fois qu’un individu meurt ou est sacrifié pour la boucherie, ses viscères soient examinés minutieusement. Dans l'élevage atteint de Pullorose, l’aspect anormal des ovaires des poules attirerait vite l’attention et assurerait le diagnostic certain de la maladie. L'éveil donné, il peut alors faire un examen général qui doit permettre de dépister les malades en période de décharge bacillaire mais qui reste encore impuissant à déceler les « blanchis », sujets chez lesquels la maladie sommeille, et les porteurs de germes, c’est-à-dire les gœuéris qui contiennent en eux, à l’état saprophyte, le microbe spécifique. Pour ce diagnostic, la symptomatologie a peu d'utilité. Chez l'adulte, en effet, sauf à la période de début, on peut con-
sidérer la Pullorose comme une infection générale chronique sans manifestations extérieures appréciables qui puissent être rattachées à la maladie. La recherche directe du microbe étant pratiquement impossible, le laboratoire a mis au point deux techniques qui, utilisant les modifications humorales que provoque chez les sujets infectés l’évolution de l'infection, se proposent :
1° ou de rechercher si le sérum sanguin des malades agglutine en amas les corps des Bactérium Pullorum répartis normalement en une suspension homogène dans une émulsion artificielle (séro-agglutination) ;
2° ou d’éprouver la réaction vis-à-vis de la toxine sécrétée par le Bactérium Pullorum, appelée Pullorine, lorsqu'introduite en un point facilement abordable dans l’épaisseur de la peau (d'ordinaire du barbillon), elle procure une réaction locale chez les sujets infectés par le Bacterium Pullorum et comparable à celle obtenue chez le bovin tuberculeux en injectant quelques gouttes de Tuberculine dans l'épaisseur du derme : c’est la Pullorination intradermique.
Pour que ces deux méthodes, chez les sujets porteurs du Bacterium Pullorum, donnent la réaction recherchée, :il faut que le sang de ces animaux contienne en quantité apprécable les anticorps que fabrique l’organisme dès qu'il lutte énergiquement contre le microbe. Il n’en est plus ainsi chez l’animal trop malade et qui par suite ne se défend plus ou chez le « blanchi » qui est en état d'infection latente et dont l'ovaire, habitat habituel et préféré du germe, est en sommeil. Comme il n’y a plus de décharges des antigènes fabriqués par des germes en activité, il ne se produit pas d'anticorps et leur absence peut causer de graves et importantes erreurs.
De même ces méthodes ne pourront utilement renseigner sur le cas des animaux chez lesquels le Bacterium Pullorum vit en simple saprophyte sans amener de réaction de défense. C’est pourquoi, d'emblée, avant d'envisager le détail
me
de ces techniques et leur facilité d'application, nous pouvons déjà affirmer que seules les réactions positives ont une valeur certaine mais que les réactions négatives demandent une interprétation qui doit tenir compte de la fréquence des épreuves et du degré d’activité de l'ovaire.
1° SÉRO-AGGLUTINATION.
Utilisée pour la première fois par Jone en 1910, elle consiste théoriquement à prélever aussi aseptiquement que possible du sang (3 à 4 grammes au minimum) de l’animal suspect, à jeun depuis vingt-quatre heures, à le centrifuger pour séparer le sérum des globules, à le chauffer à 56° pendant trente minutes, puis à le mettre, à des taux de dilution progessivement croissants, en présence d’une solution étendue de corps microbiens afin de voir s’il provoque l’agglutination.
La récolte du sang se fait naturellement à la ferme, tandis que l’examen du sérum reste ordinairement du ressort du laboratoire. Les prélèvements de sang deviennent assez compliqués dès qu'il faut intervenir sur un effectif important. Ils se font au travers d’une peau badigeonnée à la teinture d’iode avec une seringue de Pravaz stérilisée par ébullition, dont l’aiguille très fine a été introduite aseptiquement dans la veine sous-clavière (veine de l’aile) rendue saillante par compression. Même en opérant avec une grande dextérité, cette introduction de l’aiguille est parfois très délicate et exige souvent plusieurs tentatives vaines avant d'atteindre son but. Souvent les fausses manœuvres provoquent la formation d’un trombus qui la rend impossible. De plus, la nécessité d'opérer pour chaque individu avec une seringue propre, commande l'emploi d’un matériel si abondant que nous avons dû rapidement simplifier la technique en nous bornant à ponctionner la veine avec une lancette flambée et en recueillant le sang sur la peau lavée à l’eau bouillie et à l'alcool. Mais si cette méthode va pour
un seul prélèvement par aile, elle devient impossible du fait de premiers résultats négatifs, car on doit, comme nous en avons constaté la nécessité, faire quatre prises de sang à un mois d'intervalle les unes des autres.
Technique de la séro-agglutination :
Plusieurs techniques ont été préconisées pour cette séroagglutination. L'une, la plus ancienne, dite méthode lente, est celle que nous avons appliquée systématiquement. La solution de corps microbien enployée est obtenue en recueillant en sérum physiologique la culture des différentes souches de Bacterium Pullorum en boîtes de Roux sur bouillon gélosé. Cette solution, aussi concentrée que possible, peut être conservée environ un mois par l'addition de chloroforme qui ne tarde pas à tuer les microbes {en 48 heures) et empêche le développement de toute flore microbienne étrangère qui aurait pu souiller l’émulsion au moment de sa fabrication ou au cours de son emploi quotidien.
Le sérum utilisé vient du sang suspect primitivement centrifugé puis chauffé au bain-marie à 56° pendant trente minutes.
Après avoir dilué au dixième dans du sérum physiologique une partie de ce sérum, on met avec une pipette graduée en vingtièmes de centimètre cube, les doses suivantes dans six tubes disposés parallèlement sur un chevalet :
1° tube : 8 gouttes de sérum entier (ou 8/20° de cmc.);
2° tube : 2 gouttes de sérum entier ; 3° tube : 1 goutte de sérum entier ; 4° tube : 3 gouttes de sérum dilué au 1/10° ; 5° tube : 2 gouttes de sérum dilué au 1/10° ; 6° tube : 1 goutte de ce sérum dilué.
On ajoute alors dans chacun de ces tubes et dans un septième tube pris comme témoin et qui ne contient pas de sérum, cinq centimètres cubes de la solution obtenue en mettant environ quinze fois son volume de sérum physiologique dans l’émulsion de corps microbiens, de façon à
ms
avoir une opalescence voisine de celle donnée par la terre d'infusoire en solution à 1/1000° dans de l’eau distillée.
Le sérum se trouve alors aux taux de dilution suivants :
Ces tubes sont laissés à l’étuve à 38° pendant 24 heures, au bout desquelles on les examine.
Si le liquide qu'ils contiennent s’est éclairci, c’est que les corps microbiens se sont assemblés en amas blanchâtres à la partie inférieure du tube. Il y a agglutination et la poule donneuse de sang doit être considérée atteinte de Pullorose.
Si, au contraire, le liquide des tubes est resté opalescent comme il l’est dans le tube témoin qui ne contient pas de sérum, c'est que le sang de la poule ne contenait pas d’agglutinine et ne pouvait par conséquent agglutiner les corps microbiens. La poule devrait être considérée indemne de Pullorose.
En réalité, dans la pratique, cette interprétation des résultats n’est pas toujours aussi simple. Il est des sangs qui n'agglutinent pas au 1/1000° et qui agglutinent au 1/33°. Ces sangs ne peuvent qu'être suspects, l’agglutination ne devant être considérée comme vraiment positive que si elle est observée dans les dilutions inférieures au 1/50°.
On peut schématiser de la façon suivante les règles à adopter pour l'appréciation de l’agglutination :
En donnant le signe 0 à l'absence d’agglutination (tube resté opalescent), le signe + à l’agglutination (liquide devenu clair avec un léger dépôt dans le fond), le signe part. à l’agglutination partielle (tube clair dans une partie de sa hauteur et opalescent dans le reste), et enfin le signe tr. ou trace (éclaircissement incomplet du liquide sans granulation appréciable), on obtient le tableau suivant :
ee
1/33 | 1/50 1/100 1/330 | 1/500 | 1/1000 | Ge 3 + 5 te + Positif.
+ + O O O0 (0) Positif.
+ part O O O O Très suspect.
part. part O O (o) O Suspect.
part. O O O O O Légèrement suspect O O O O (0) (e) Négatif.
tre tr. (0) O O O Négatif.
ir. tr Us tr O O Très suspect ou P.
Il est des sangs de poules malades qui n’agglutinent pas à tous les stades d'évolution de la maladie. La formation
d’agglutinines n’est vraiment abondante dans le sang qu’en
période d'activité de l'ovaire (préparation à la ponte et ponte). Aussi, comme nous le verrrons plus loin, on ne doit donner une valeur diagnostique réelle qu'aux réactions positives et aussi aux réactions négatives restées négatives aux quatre épreuves répétées, espacées l’une de l’autre au moins d’un mois et dont l’une a été faite en partant de sang prélevé au cours de la ponte.
Il faut se rappeler enfin que les coqs atteints de Pullorose agglutinent à un taux six fois moindre que les poules malades. Pour le coq, il faut donc interpréter plus sévèrement encore, s’il est possible, les résultats que pour les poules.
Une autre méthode, dite méthode rapide, utilise une émulsion de corps microbiens comparable à celle nécessaire à la méthode lente mais plus concentrée et recueillie en solution salée à 12 pour 100, la concentration de l’antigène étant un des facteurs importants de la réaction. Cette émulsion est rendue stérile par l'addition de quelques gouttes d’une solution de violet de gentiane au 1/1U0°, qui assure en outre sa conservation.
Avec une pipette graduée en centièmes de centimètre
cube, on dispose sur une plaque de verre divisée en petits carrés de trois centimètres de côté et disposés par séries de six :
3/100° de cmc. de sérum chauffé à 56° ;
2/100° de cmc. ;
1/100° de cmc. ;
3/100° de cmc. de ce même sérum chauffé en solution
au LOS
2/100° de cmc. ;
1/100° de cmc.
Sur chacune des gouttelettes obtenues, on laisse tomber avec le flacon compte-gouttes une goutte d’émulsion concentrée. Le mélange du sérum et de l’émulsion se fait en agitant avec une petite tige de verre qui peut servir pour les six mélanges si l’on a soin de commencer par les gouttelettes les plus faibles en sérum. Après cinq minutes d’attente, on examine les résultats obtenus en plaçant en chambre noire la plaque de verre éclairée de façon indirecte avec une source lumineuse placée en dessous.
Avec le sérum de poules malades, les corps microbiens sont rassemblés en petits amas blanchâtres séparés par des espaces clairs visibles d'ordinaire à l'œil nu. Parfois il y a des agglutinations si fines qu’une loupe est nécessaire pour les apprécier.
Avec le sérum non agglutinant, le mélange sérum-émulsion reste homogène.
L'interprétation des résultats est comparable à celle de la méthode lente avec cette circonstance aggravante que l’émulsion qui sert dans cette technique doit être titrée préalablement par comparaison avec les résultats obtenus en utilisant des sérums connus éprouvés par la méthode lente.
Cette méthode dite rapide ne semble pas avoir une réelle supériorité sur la méthode lente. Elle comporte des causes d'erreurs plus grandes puisqu'à ses causes propres, elle ajoute celles de la méthode lente lors du titrage de l’'émulsion. Elle exige des manipulations plus délicates car le ma-
= Al =
niement et le nettoyage de pipettes divisées en centièmes de centimètre cube exigent autrement de doigté et de précautions que ceux d’une pipette divisée en vingtièmes. Même l'avantage de la rapidité n’est qu'apparent ou tout au moins relatif puisque dans une maladie chronique comme la Pullorose l’est chez l’adulte ayant les apparences de la santé, il importe peu d’avoir les résultats en deux heures ou en vingt-quatre heures si l'examen ne peut être fait qu'au laboratoire, c’est-à-dire loin de l’exploitation avicole.
Pour la séro-agglutination, Martin et Olney insistent sur la nécessité d'opérer aseptiquement la récolte du sang car ils ont enregistré des erreurs de diagnostic dues à ce que pendant le transport, parfois long du sang de la ferme au laboratoire, des Cocci importuns ont eu le temps de se développer. Des erreurs d'appréciation de l’agglutination ont été si fréquemment attribuées à la présence de microbes étrangers, qu ils discutent fort la valeur de cette méthode de diagnostic.
2° HÉMo-AGGLUTINATION.
Breach et Michael, pour simplifier les méthodes de séroagglutination, qui exigent l'assistance du laboratoire, on essayé d'opérer à la ferme avec le sang entier de la poule.
Avec un matériel très simple, lames de verre divisées en petits carrés de cinq centimètres de côté, émulsion concentrée de corps microbiens semblable à celle préparée pour la séro-agglutination rapide, petits agitateurs facilement faits avec la partie étirée d’une pipette à ensemencement, ils arrivent à poser un diagnostic presque instantané en opérant de la facon suivante, sans sortir de la ferme :
Après avoir déposé avec un flacon compte-gouttes une ooutte de l’émulsion sur un des carrés de la lame de verre, ils prélèvent au barbillon de la poule étudiée ne goutte de sang obtenue par légère incision à la lancette et recueillie à l'extrémité d’un agitateur. Cette goutte est déposée sur la goutte d'antigène, mélangée avec elle, puis étalée en
une mince pellicule sur toute la surface du carré avec le même agitateur.
Si le sang de la poule contient des anticorps, il se formera des agglomérats bacillaires nettement visibles à l’œil nu et apparaissant en vingt ou trente secondes, parfois seulement au bout d’une minute si la température du local où l’on opère est inférieure à 18 degrés.
En cas de réaction négative, le mélange reste homogène.
Cette technique, si élégante dans sa simplicité, si rapide et si facile puisqu'elle est appliquée près du poulailler par le seul Vétérinaire, n’a même plus le danger qu'on lui trouvait au début, d'apporter à la ferme une culture virulente depuis que par l’addition de violet de gentiane, qui aide aussi à la lecture de la réaction, on la rend inoffensive pour le milieu où on l'utilise.
Pourtant les difficultés rencontrées dans l'interprétation des résultats, l’absence dans certains cas d’agglutinations qui laissent croire à des réactions négatives alors qu'elles sont seulement de faible intensité mais nettement positives avec les séro-agglutinations, ont entraîné tant de défaillances que l’hémo-agglutination, qui peut être sera elle aussi une méthode d'avenir, exige d'être perfectionnée pour se généraliser.
3° PULLORINATION.
Elle consiste à injecter dans l'épaisseur du barbillon un dixième de centimètre cube de Pullorine, extrait phéniqué de la toxine sécrétée par le Bacterium Pullorum, que les laboratoires fabriquent de différentes façons. Il existe pluseurs types de Pullorine. Celle que nous avons utilisée et que le Laboratoire National de Recherches d’Alfort a bien voulu faire pour nous, est constituée par un liquide parfaitement limpide, obtenu par extraction méthodique de la culture de Bacterium Pullorum en milieu gélosé. Des cultures totales de Bacterium Pullorum sur gélose, partiel-
lement autolysées par vieillissement, sont mises à macérer dans de l’eau distillée. Le liquide d'extraction est alors récolté puis entièrement dépouillé de ses résidus microbiens. L’asepsie des opérations et la conservation de cette Pullorine sont assurées par l’adionction d'acide phénique. Il existe d’autres Pullorines. L’une a été obtenue en réalisant un précipité alcoolique de culture privée de ses germes par centrifugation. Une autre n’est qu'un bouillon La culture de Bactérium Pullorum âgé de plusieurs semaines et dépouillé de ses microbes par filtration.
Nous croyons que ce qui importe avant tout pour l'obtention d’une bonne Pullorine, c’est l’emploi associé du plus grand nombre de souches bacillaires issues de l'élevage éprouvé. Pour le moment, cette réalisation, dans la pratique courante, n’est pas toujours facile et seuls les centres avicoles importants peuvent demander au Laboratoire la fabrication de pareilles Pullorines. Ce n’est que quand l’emploi de la Pullorine se sera vulgarisé qu'il sera possible de tenter systématiquement avec Bacterium Pullorum ce que l’on fait déjà dans le vaccin de prémunition contre les Brucelloses. Dans l’avortement épizootique, en effet, les produits vivants qui servent à hâter le cycle évolutif des manifestations abortives, sont faits avec le plus grand nombre de souches récemment isolées et provenant du département intéressé et des départements voisins. Seules les souches particulièrement virulentes ne sont utilisées que pour les élevages qui les ont fournies.
Technique de la pullorination :
L'injection se fait dans la partie basse du barbillon avec une seringue de Pravaz de 1 centimètre cube graduée, pourvue d’un curseur mobile et armée d’une aiguille courte et fine (1 cm. de longueur et 5/10° de millimètre de diamètre).
Un aide tient la poule, les ailes plaquées au corps, sous le bras dont la main immobilise les pattes tandis que l’autre main maintient la tête. L'opérateur prend le pouce et l'index de la main gauche le barbillon et avec sa main
Br es,
droite, pourvue du corps de la seringue entre index et médius, conduit le piston avec le pouce. La seule précaution consiste à bien mettre la Pullorine dans l'épaisseur du derme et non en dehors du barbillon. Le petit gonflement laissé par la Pullorine en bonne place est la preuve d’une intervention correcte.
Si la pullorination est des plus faciles chez les poules à grands barbillons (Leghorn), elle est parfois plus délicate chez les volailles à barbillons très courts ou adhérant aux tissus voisins ou sous-jacents (Wyandotte). Elle n’est cependant pas compliquée puisqu'avec un personnel entraîné nous avons fait couramment quatre-vingt à cent pullorinations à l'heure. -
Le petit œdème né de la pullorination existe chez toutes les poules et ne dure que quelques heures ; mais chez l’animal atteint de Pullorose, il est suivi au bout de 12 à 24 heures, parfois seulement de la 36° à la 40° heure, d’un gonflement local, chaud et sensible, plus ou moins volumineux, très facile à apprécier par comparaison avec l’autre barbillon et qui d'ordinaire dure au moins 24 heures et souvent deux ou trois jours.
Chez la plupart des sujets malades, l'œdème est très visible à l'œil. Il est quelquefois nécessaire cependant de toucher les barbillons pour vérifier si celui éprouvé diffère en chaleur et volume de celui resté indemne. La réaction générale à la suite de la pullorination intradermique est peu ou pas appréciable. :
En aviculture, où l’on doit être particulièrement sévère dans l'appréciation des résultats, tout engorgement œdémateux chaud, en nodule ou en plaque, si minime soit-il, perçu plus de vingt-quatre heures après l'injection, doit être considéré comme une réaction positive. Seuls les gonflements hâtifs (apparaissant moins de 24 heures après l’injection) et fugaces, n'ont aucune valeur diagnostique.
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Applications de ces méthodes de diagnostic dans quelques fermes de l'Est
Dans les exploitations agricoles relativement importantes de Lorraine, d’une superficie de cent à deux cents hectares, on comprend que la séro-agglutination, par la difficulté de la récolte du sang, les risques de son altération résultant de l'obligation, pour atteindre le laboratoire, de faire voyager des prélèvements dont l’aseptie peut laisser à désirer, ne soit pas une méthode digne d’être toujours recommandée. Elle l’a pourtant été par Rettger, Jone, de Gage. alors qu'à notre avis elle est beaucoup plus difficile à pratiquer que la pullorination. Celle-ci, en effet, bien qu'elle semble compliquée par l'obligation qu'il y a à revoir plusieurs fois les sujets examinés, est des plus faciles si l’on règle bien le moment de l'injection de la Pullorine, de façon à devoir surveiller les volailles la nuit, quand elles sont rentrées au poulailler. À ce moment, sans les déranger, en peut passer en revue les poules qui se pressent correctement alignées les unes à côté des autres sur leurs perchoirs. Pour les commodités de l'épreuve, l'injection de Pullorine doit être faite à 6 heures du matin en hiver ou au printemps. Le contrôle fait à 18 et 24 heures ce même jour, puis à 6 et 18 heures le lendemain, ne demande que quelques minutes d'attention.
En appliquant systématiquement chez les mêmes sujets les deux méthodes, la séro-agglutination lente et la pullorinatiOn :
a) chez nous, au domaine du Faxal, sur un effectif de 350 Wyandottes blanches ;
b) chez M. Cournault, président de la Société d’Aviculture de l’Est, à la Cense de Saint-Thiébaut, sur un troupeau de 300 Wyandottes blanches ;
c) chez M. Paul Lederlin, à la prairie Gérard, ferme modèle des Blanchisserie et Teinturerie de Thaon, sur un effectif de 60 volailles de races différentes réparties en six parquets, nous avons obtenu par l’une et l’autre méthode
les résultats positifs ou suspects suivants, que nous avons chez certains sujets contrôlés par l’antopsie:
(La pullorination et la séro-agglutination ont été faites à quelques jours d'intervalle au début de novembre 1927. Le contrôle par les autopsies a été limité aux sacrifiées pour la consommation courante et fait en novembre et décembre 1927.)
a) Volailles du Faxal : Effectif total éprouvé : 350 sujets. Réagissant soit par l’une ou l’autre méthode : 44 %.
N° DU SUJET D AUTOPSIE MACROSCOPIQUE TION TION Poule 226 Positive Positive Non effectuée.
— 250 Positive Positive Ovaire altéré 12/12/27. —— 260 Suspecte Suspecte | Non effctuée.
— 217 Négative Suspecte Ovaire altéré. Début de péritonite chronique.
— 241 Positive Positive : ; ; — 212] Positive Positive j Non effectuée.
— 220 Positive Suspecte | Ovaire altéré 3/1/28. — 242 Positive Suspecte — 237 Suspecte Suspecte | Non effectuée.
— 331 Suspecte Suspecte | Ovaire altéré 12/17/28. — 231 Négative Suspecte — 215 Négative Suspecte Non effectuée.
— 216 Négative Suspecte — 1957 Négative Suspecte Poule trouvée morte de péritonite exsudative.
— 298 Suspecte Positive Ovaire altéré.
— 219 Négative Suspecte Co 305 Négative Négative : , ns 308 Suspecte Négative Non effectuée.
— 384 Positive Négative Poule 339 Positive Positive Ovaire altéré.
— Bj| Positive Positive | Ovaire altéré 9/12/27. — 213 Positive Positive — 278 Positive Positive — 279 Positive Suspecte x x — 319 | Positive Positive | Non effectuée. — 272 Négative Positive | — 236 Positive Positive | — 50 Positive Négative Ovaire altéré.
— 304 Négative Positive — 198 Positive Négative Morte de péritonite.
— 230 Positive Positive Non effectuée.
— 156 Positive Positive Ovaire altéré 19/11/27.
En Vote
PULLORINA- TION
AGGLUTINA- TION