CHAPITRE XVIII
L'orage éclata dans la nuit. — Il fut si violent que personne ne dormit au château. C'était à croire que les solides assises d'Apremont elles-mêmes allaient être emportées par les rafales de la tempête.
Les girouettes criaient, les portes s'ouvraient toutes seules, les éclairs bleuâtres pénétraient dans la chambre de Frileuse, en dépit des rideaux soigneusement fermés, et, dans les longs corridors, on entendait des bruits étranges, que la superstition des domestiques attribuait au passage des âmes en peine.
Ce matin-là, Frileuse se leva de bonne heure, et de sa fenêtre, qu'elle ouvrit elle-même, pour la première fois peut-être, elle put constater les désastres de l'ouragan. — Les parterres ravagés^ les arbres brisés, les allées et les pelouses jonchées de feuilles et de menus débris, le petit ruisseau, qui cheminait si paisiblement la veille, entre les glaïeuls et la menthe sauvage, devenu maintenant un torrent furieux, roulant im-
pétueusemeni , dans ses ondes gonflées, toutes sortes d'épaves arrachées à ses rives.
(( Qu'ai -je donc ce matin? se demanda Frileuse, en passant la main sur son front brûlant. Cette mauvaise nuit m'a fatiguée plus qu'une veille complète. »
Elle s'habilla seule, descendit doucement le petit escalier qui, de sa chambre, conduisait dans les jardins, et sortit du parc par une petite porte, la plus rapprochée du village.
Tout en s'amusant à suivre le cours du torrent, et à contempler ses colères en miniature, elle fit plus de chemin qu'elle ne croyait, et se trouva devant l'église, , dont la cloche sonnait le glas des morts.
La grande porte était déjà ouverte ; quelques bonnes femmes entraient en se signant. — C'était l'heure de la messe. Pour la première fois peut-être, M. le curé était en retard ; il s'avançait rapidement par le petit sentier qui conduisait au presbytère; son visage, d'ordinaire si saintement paisible, semblait bouleversé ; il rendit le salut de Frileuse d'un air à la fois distrait et douloureux, et passa sans s'arrêter.
La messe était une messe de deuil. Frileuse se sentit le cœur serré, sans savoir pourquoi ; elle aurait voulu parler à quelqu'un, rencontrer un visage de connaissance ; le silence de l'église l'oppressait, et les vêtements noirs du prêtre faisaient monter des larmes à ses yeux.
Elle sortit avant la fin de la messe, et alla s'asseoir
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sur un petit mur qui faisait face au cimetière. De là elle voyait les tombes de ses aïeux, et la somptueuse chapelle sur le fronton de laquelle se lisait en lettres d'or ces mots : « Sépulture de la famille de Barbantaine. »
Dans l'égalité du tombeau, « en présence de cette commune faiblesse de la mort )>, comme dit Bossuet, regardez, Frileuse, vos ancêtres confondus avec leurs humbles vassaux. — Que reste-t-il aujourd'hui des uns et des autres, si ce n est aux yeux de Dieu, comme dans la mémoire des hommes, que le souvenir de leurs bonnes et de leurs mauvaises actions.
« Et quoi, pensait Frileuse, courir toute la vie, ' n'atteindre qu'une ombre, et venir ici, après avoir quitté cette chaumine d'argile, comme lisait Mauve l'autre soir, dans son beau livre de saint Augustin. A quoi bon vivre alors ! »
Non, Frileuse, rien ne finit là, tout commence au contraire, ne le savez-vous pas ? La sagesse antique pouvait dire en parlant des morts :
(( Ils ont vécu ! » Nous, chrétiens, mieux inspirés et mieux instruits, nous disons : « Ils vivent ! »
Il n'y avait plus au ciel aucune trace de l'orage de la nuit ; à rorient,rhorizon était noyé dans une vapeur dorée, annonçant que la journée serait chaude ; au zénith, le ciel se montrait d'un bleu sans tache, et, dans les haies qui servaient de clôture au cimetière, une multitude d'oiseaux, peu soucieux de la tristesse
du lieu, préludaient à leur concert matinal. Tout près de Frileuse, debout dans Fherbe encore humide, une vache contemplait le paysage d'un air rêveur, et ses larges yeux si doux semblaient interroger l'espace.
Enfin le curé sortit de la sacristie, qui donnait dans le cimetière. Le bedeau l'accompagnait ; tous deux causaient d'un air anxieux et préoccupé.
Frileuse songeait a aller trouver le digne pasteur ; ce fut lui qui vint à elle ;
« Ma pauvre enfant, dit-il, d'un ton de compassion, c'est bien à vous d'être venue. — Je les quitte à l'instant même ! — S'ils sont affligés, je n'ai pas besoin de vous le dire, mais ils s'inclinent, en vrais chrétiens, sous la main de Dieu qui les frappe.
— Quoi donc ? s'écria Frileuse, saisie d'effroi. Qu'y a-t-il?
— Vous ne savez donc rien !.... Cette messe où je vous voyais !.... c'était pour lui !
— Qui?... Lui !... Jacques ! voulut-elle crier, mais les sons expirèrent dans son gosier.
— Frappé si vite ! Il pouvait parler encore cependant; il me comprenait et se faisait comprendre. Bon et fidèle serviteur! Mon enfant ! j'ai vu la mort du juste ! ))
Frileuse n'avait plus besoin d'interroger ; elle sanglotait, la figure cachée dans ses mains.
ce Ils ne m'ont pas appelée, murmura-t-elle ; ils ont
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gardé leur douleur pour eux seuls. — Que puis-je en
effet?
— Le désastre est bien grand. Ils perdent un père incomparable, et voilà Jacques, à vingt-cinq ans, chargé d'une nombreuse famille, presque complètement dénuée de ressources. »
Une heure après, Frileuse connaissait toute l'étendue de ce malheur. — La veille au soir, M. Salvage avait reçu une lettre qui lui annonçait que son associé et bailleur de fonds avait fait banqueroute. L'usine était engagée au-dessus de sa valeur ; en vendant tout, on ne satisferait pas encore les créanciers. N'était-ce pas le déshonneur ?
C'en était trop pour une santé ébranlée depuis si longtemps déjà. Le coup fut mortel. M. Salvage le comprit dès le premier instant, mais il ne perdit rien de sa présence d'esprit. Les heures qui lui restaient à passer ici-bas (le compte devait en être court), il les consacra à Dieu d'abord, à sa famille et à ses affaires ensuite. — Il désigna Jacques comme le chef de la famille :
ii Mauve sera la mère *, elle l'était depuis longtemps déjà )), dit-il en s'efforçant de sourire.
Quand Frileuse arriva, pâle, tremblante, se soutenant à peine, elle trouva une douleur résignée et chrétienne, sans plainte, sans bruyants gémissements, mais non pas sans larmes.
Hélas ! il ne s'agissait pas pour eux de s'asseoir au
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bord du chemin dans leurs habits de deuil, et de voir passer devant leurs yeux obscurcis par les pleurs les visions du passé. — Il fallait se relever aussitôt, prendre une décision , travailler enfin chacun dans la mesure de ses forces.
Frileuse, le cœur déchiré, entendit tout cela ; elle assista au conseil de famille.
Jacques parlait au nom de tous ; on Técoutait, comme on aurait écouté le père qui n'était plus ; on lui obéirait, quelque lourds que fussent les sacrifices imposés.
Frileuse comprit qu'on allait partir, que l'usine serait vendue, et que cette famille bien-aimée, frappée dans son chef, le serait encore dans chacun de ses membres, puisqu'il allait falloir se disperser pour gagner le pain de chaque jour.
<c S'il n'est besoin que d'argent, pensait-elle, en retournant au château l'âme désolée.... On dit que je suis riche... Dieu soit loué ! Cela va donc enfin servir à quelque chose. »
Elle entra, comme un tourbillon, dans l'austère retraite où Hilarion se reposait de ses travaux du jour, en écrivant son interminable histoire des Fastes d'Apremont,
Elle lui arracha des mains la plume pleine d'encre, et de nombreuses éclaboussures rejaillirent sur la page, où s'étalaient de vrais chefs-d'œuvre de calligraphie.
« Il faut m'écouter, dit-elle, je n'ai pas de temps à perdre. »
11 voulut sourire, mais dès qu'il l'eût regardée, il fut épouvanté de l'expression de sa physionomie.
(( Hilarion, demanda-t-elle sans préambule, combien vaut l'usine ?
— Singulière question, répondit-il, que vous importe ?
— Je veux Tacheter !
— Bah ! dit-il, en assujettissant ses lunettes sur son nez.
— Vous ne savez donc pas, reprit-elle d'un ton concentré, que mes amis, les seuls êtres que j'aime au monde, et elle appuja sur ces derniers mots avec une cruauté impitoyable, "Sont chassés de leur demeure.
— Que voulez-vous que j'y fasse? murmura-t-il.
— Comment ! » Et ses lèvres tremblaient, et ses prunelles vertes lançaient des éclairs presque farouches. « Vous ne comprenez donc pas qu'il faut à tout prix les tirer de peine.
— Avec quoi ? Croyez-vous qu'on ait ainsi trois cent mille francs sous la main.
' — Trois cent mille francs, dit-elle en haussant les épaules, je ne m'inquiète guère de ce que cela vaut ! Je sais seulement que la ferme des Feuillasses, dont vous me parliez il y a quelques jours, est estimée à ce prix. J'ai bien retenu le chiffre, allez ! vendez-la!
— La vendre ! s'écria-t-il en écarquillant ses yeux ronds, vendre les Feuillasses ! Le plus beau fleuron du domaine ! Vous n'y pensez pas ! »
Sa voix était frémissante de colère et d'indignation. On sentait qu'il avait besoin de faire appel à tout son respect envers Tbéritière, pour se contenir dans de justes limites. — Mais le calme arriva subitement :
a Elle est mineure ! murmura-t-il. Elle ne peut rien !» •
Grâce au ciel, ces prés, ces champs, ces bois, ces florissantes métairies, toute cette riche terre d'Auvergne à laquelle Hilarion est attaché par le fond même de ses entrailles^ tout cela restera intact. Il n'est pas au pouvoir d'une petite fille d'y porter une main sacrilège.
a II y a encore un autre moyen, reprit-elle en arrachant fièvrement Teffilé soyeux de son ombrelle. Vous m'avez dit un jour que si on voulait couper les arbres du grand et du petit parc, on ferait en un seul coup un abattis de plusieurs centaines de mille francs. Faites cela, Hilarion, et je vous bénirai ! )>
Sa voix devenait presque caressante. L'épreuve était rude pour le pauvre tuteur. Mais Hilarion était cuirassé contre la tentation. Il regarda bien en face la petite sirène, et ses bras retombèrent le long de son corps , dans une attitude de stupéfaction douloureuse.
a Des arbres déjà centenaires, quand les plus vieux
d'ici n'étaient encore que des enfants, reprit-il d'une voix concentrée ! Des arbres qui ont vu passer les équipages de chasse de monsieur le marquis avant la Révolution, et qui pourraient raconter des splendeurs à jamais éteintes.
— Que m'importe ! »
Le ton de Frileuse disait son dédain pour ces vieux souvenirs.
(c II importe beaucoup ! Jamais la hache du bûcheron ne frappera ces nobles témoins du passé. Ils doivent mourir de leur belle mort. Le testament est exprès là-dessus. »
Le testament ! Cette parole qui frappait alors Toreille de Frileuse, sans qu'elle eût le loisir de la relever, revint plus tard à sa pensée, et la poursuivit pendant bien des jours et des nuits.
Devra-t-elle, elle aussi, par ordre de cette voix d'outre-tombe, végéter dans cette triste demeure, jusqu'au jour oîi elle mourra de vieillesse, comme les arbres du parc, dans le grand lit drapé de velours amaranthe, et surmonté de quatre panaches blancs, où mademoiselle Gorisandre a rendu le dernier soupir?
Elle se rappela alors, avec quelle anxieuse curiosité, elle contemplait, étant enfant, un buste de la chanoinesse, ou plutôt un hermès à la façon antique. Cette reproduction de sa grand'tante lui fit horreur désormais. Elle se demanda avec effroi si un jour ne viendrait pas où, elle aussi, se verrait pétrifiée, la tête et
les épaules emprisonnées dans une gaine étroite de marbre, entre le cadran solaire couvert de mousse, et la Périélope noircie par les pluies d'hiver. Pétrifiée encore vivante ! Voilà le sort qui l'attendait !
Pour l'instant, ce mot lugubre de testament venait encore une fois se placer entre elle et ses meilleures espérances. — Elle sortit d'un pas résolu, sans retourner la tête vers Hilarion, qui l'appelait de sa voix la plus affectueuse, courut à sa chambre, s'y enferma à clef, et ouvrit un grand meuble de bois précieux qu'on avait apporté chez elle après la mort de mademoiselle Corisandre.
Là, dans un large et haut coffret de cuir d'Espagne, émaillé de clous d'or, et fermé par une triple serrure, reposent sur le velours et la soie, orgueilleux et inutiles, les joyaux étincelants qui avaient paré pendant tant de siècles les châtelaines d'Apremont.
Pour la première fois, elle les regarda avec tendresse ! Pour la première fois, elle fit miroiter les diamants, elle admira les perles chatoyantes, elle contempla les bonbonnières incrustées de pierres précieuses, les tabatières historiques, formant une galerie de portraits illustres. — Elle lut à haute voix l'inventaire recopié par Hilarion.
Ce collier au chatoyant mirage, combien de fois Ta-t-elle entendu dire à Vénérande ! chacune de ses perles, grosse comme une aveline, vaut huit cents francs ! — Et il y a trois rangs, à soixante-dix perles
chaque, sans compter Topale aux reflets irisés qui sert de fermoir ! On vendra ce collier, et encore cette rivière de diamants ; il y aura là de quoi éteindre toutes les dettes.
Mais le vondront-ils? — Jacques Torgueilleux, non! Mais Mauve, la douce Mauve ! Elle dira oui pour les petits ! — Et le lendemain, vêtue de noir, une mantille de tulle jetée sur la tête et les épaules, elle courut de grand matin porter son trésor, caché dans son petit tablier de taffetas noir.
« Où va-t-elle à cette heure ? se demanda Hilarion. Porter du grain à la faisanderie, sans doute? »
Et rassuré par l'air placide avec lequel elle lui avait rendu de loin son salut, habitué d'ailleurs à ses innocentes fantaisies, il se frotta les mains en disant :
« Allons, la voilà calmée ! Décidément, elle n'y pense plus !»
On devine comment furent reçus les deux riches écrins. — Mauve refusa avec cette tendresse reconnaissante, qui ne peut laisser à la susceptibilité le loisir de se faire jour. — Mauve embrassa sa petite amie, et la laissa pleurer longtemps, la tête sur son épaule :
(( Qu'étais-je avant de vous connaître, murmurait Frileuse, qui s'était laissée glisser de sa chaise, et qui, agenouillée aux pieds de Mauve, ne voulait plus se relever, un stupide petit mannequin ? — Oui, repritelle, plus haut, avec un accent passionné, j'étais dans
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la nuit juqu'à vous. J'avais froid, j'avais faim, j'avais soif ! — Vous m'avez éclairée, échauffée, rassasiée. — Et maintenant, il faudrait vous perdre ! Il faudrait voir se refermer devant moi la porte de ce paradis terrestre qui me semble ouverte d'hier ! Oh ! ne le souffrez pas. Mauve; entendez ma prière, suppliez Jacques de dire oui ! »
Mais Jacques secouait la tête, en répétant de cet air inflexible qu'il savait prendre à l'occasion, et qui arrêtait sur les lèvres les paroles suppliantes :
(c C'est impossible !
— Son cœur est fait de dureté ! s'écria la Frileuse des anciens jours. Eh bien ! puisqu'il veut partir, puisque c'est décidément la dispersion pour tous, je partirai moi aussi, je courrai seule le monde, je jetterai sur les routes, à tous les vents du ciel, cet or maudit dont vous ne voulez pas, et je ne ferai pas le bien, ni la charité, ni l'aumône, ni rien de ce que vous m'avez enseigné.-
— Vous avez votre libre arbitre, comme toute créature intelligente, répondit Jacques froidement. A vous seule la responsabilité de vos actes, bons ou mauvais ! »
Oh ! comme elle l'aurait détesté pour cette réponse, sans son chagrin ! Mais quand elle le revit pâle et courbé, suivant sans rien distinguer autour de lui, le cercueil de son père, jusqu'à la fosse béante ; quand au retour, elle vit ces femmes et ces enfants en deuil se pressant à ses côtés, comme des lianes défaillantes
qui cherchent un appui, sa colère fondit en sanglots, et elle se jeta au cou de Mauve en lui disant :
a Emmenez-moi, emmenez-moi, ou je mourrai, moi aussi !
— Silence, enfant, murmura Mauve, rendonsnous dignes d'aller le rejoindre. C'est la résurrection, ma chérie ! Nous laissons son corps à la terre humide, mais l'âme n'est plus captive dans cette demeure d'un jour ; elle a brisé ses liens. Il nous voit, ce bon père, il nous entend, et il prie pour ceux qu'il a laissés orphelins.
— Merci, dit simplement Jacques, en serrant la petite main qui venait timidement au-devant de la sienne. ))
Mais que ce simple merci eût de valeur aux yeux de Frileuse. Il la réconcilia avec Jacques, avec elle-même, avec tous, sauf Hilarion, excepté de l'amnistie comme de juste, pensait-elle.
Le retour avec Vénérande fut silencieux ; la petite reine regardait d'un œil désolé les champs, les prés, les bois sans jûn, qui formaient le domaine d'Apremont. — Que lui importait sa part d'héritage ? Que lui faisaient ces épis d'or, chargés de grains, amassés maintenant au fond des granges immenses, ces pampres qui mûrissaient au penchant des coteaux ! — Quoi ! ne pouvoir disposer de rien, se sentir impuissante en face de tant de richesses ! Mais c'est la soif de Tantale, la faim de Midas !
Gomme elle se trouvait pauvre la riche héritière ! —
N*était-elle pas seule au monde, tandis que, dans la maison en deuil qu'elle venait de quitter, ils se serraient les uns contre les autres, comme une couvée déjeunes poussins àTapproche de l'orage.
« Malheur aux riches ! » disait-elle, répétant sans le comprendre l'oracle divin, qui n'a maudit les richesses que pour le mauvais usage qu'on en peut faire.
Frileuse, regardez autour de vous ! Sous ces toits couverts de chaume, d'où s'élève à cette heure une légère fumée, il y a bien des misères à soulager. Cet or que vous dédaignez, il peut servir à consoler les veuves, à élever les orphelins, à réchauffer les foyers sans flamme. — Mauve ne sera plus là pour vous montrer la route, mais si vous le voulez, vous pourrez encore retrouver sa trace.