CHAPITRE XXIV
Nous ne raconterons pas, jour par jour, l'existence des habitants d'Apremont, telle que les événements nouveaux l'avaient faite.
Il nous suffira, pour rester au courant, de jeter de temps à autre quelques regards indiscrets sur un certain petit livre, relié en maroquin rouge, où Frileuse tient consciencieusement note de ses impressions et de ses sentiments.
Ce petit livre a beau être fermé par un cadenas d'argent suspendu au fermoir ; c'est un menu obstacle pour le romancier qui se flatte de lire au fond des cœurs. Nous faisons donc sauter hardiment la serrure, et voilà ce que nous lisons à la première page qui tombe sous nos yeux :
K Je crois décidément que je deviens meilleure. — J'ai consenti (Mauve prétend que Tidée vient de moi, mais je suis certaine qu'elle me l'a suggérée) à broder sur le métier un grand coussin destiné aux étrennes d'Hilarion.
« Il m'a fallu bien des efforts de volonté pour en arriver à couvrir de points cet interminable morceau de canevas. Vers la fm, le courage me manquait complètement, et si ce n'avaient été les exhortations de Mauve, qui ne cessait de me répéter que sans la persévérance on ne peut se flatter d'arriver à rien de bien, j'aurais tout planté là une demi-douzaine de fois.
« Enfin, hier, trente et un décembre, à quatre heures de l'apres-midi, mon aiguille à tapisserie a fait son dernier point. Mauve a veillé jusqu'à minuit pour monter mon ouvrage, et, une fois sorti de ses mains, entouré d'une cordelière de soie verte, avec quatre glands aux coins, mon coussin était un chef-d'œuvre. Il faut dire que le dessin était de la composition de Mauve : des fleurs fantastiques, genre Louis XIII, qui se marieront admirablement avec l'ameublement sévère du cabinet d'Hilarion. ~ Mauve a des idées fort arrêtées en tapisserie comme en toutes choses. — N'est-ce pas singulier qu'avec une si grande douceur dans le caractère, on puisse si bien savoir ce qu'on veut ?
a Moi, je iie veux qu'à force d'irritation et de colère ; quand j'étais petite, les trépignements de pieds, et les grincements de dents, me venaient chaque jour en aide; maintenant ces signes extérieurs ont disparu, mais le fonds n'en vaut pas beaucoup mieux.
(( Pour en revenir à la tapisserie, Mauve a horreur de ces vulgaires représentations qui sont l'idéal de
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Vénérande : un chat ou un chien, accroupi sur un coussin à glands jaunes, et destiné lui-même à devenir un coussin; un berger, promenant son visage saumon au milieu d'une prairie vert épinard, ou bien encore ces massifs bouqueis de fleurs, sans goût ni grâce, où rien n'est observé, ni la nuance, ni la forme.
« Hilarion a été enchanté de mon ouvrage ; mais c'est là un mince éloge ! Le pauvre homme n'était-il pas bien décidé à trouver charmante la moindre œuvre de mes mains? En tout cas, le style lui importe peu.
« Quant à Vénérande, elle a pleuré d'attendrissement sur la petite bourse au filet que je lui ai confectionnée en surprise, toujours d'après l'inspiration de Mauve. Il y a presque autant de défauts que de mailles, mais c'est égal, la chère créature a été contente comme je ne l'avais pas encore vue.
« En vérité, il n'est guère difficile de se rendre agréable à des gens si bien disposés.
(c Dans l'excès de sa reconnaissance pour ce qu'elle appelle mes longues heures de travail, Vénérande a composé, à Tintention des petites sœurs de Mauve, toute une caisse des plus délicates friandises que contient l'office, et Hilarion, sans en rien dire, a joint à cet envoi une collection de livres d'étrennes, parmi lesquels un abonnement au Magasin d'éducation et de récréation d'Hetzel, qui a fait les délices de mon enfance. »
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a 6 janvier — Nous avons tiré les rots ce soir en petit comité. -- Mauve a eu la fève, et qui aurait pu s'attendre à la lui voir offrir à Hilarion, quand son bon ami le docteur était là !
<L Allons, a dit le docteur en trinquant à la santé de son heureux rival, je vais essayer de me consoler de cet échec inattendu à l'aide d'un espoir rétrospectif. N'est-ce pas, mademoiselle Frileuse, que, si vous aviez été reine, c'est avec moi que vous auriez partagé les honneurs de la royauté ?
— Oh ! que non ! s'est empressée de répondre cette bavarde de Vénérande, dont la langue ne sait rien garder, Frileuse n'a jamais voulu partager la fève avec personne. Toute petite, nous nous arrangions, par une innocente tricherie, de façon à ce que la fameuse dragée se trouvât toujours dans s^ part de gâteau ; eh bien ! elle la retirait aussitôt pour la mettre dans sa poche ; puis, après le dîner, elle s'en allait toute seule, sans lumière, dans un coin de la grande galerie, marmottant des paroles inintelligibles, comme si elle causait avec un être invisible dans une langue étrangère. Quand on la questionnait à ce sujet, elle avait l'air très-contrarié, et finissait souvent par pleurer. Une seule fois, elle m'a dit : «Ma bonne, chante-moi donc cette jolie chanson du beau Tristan de Léonnais^. Voilà quelqu'un avec qui je partagerais volontiers ma
fève. ))
— Mais il est mort, mignonne, lui ai-je répondu.
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— Je le sais bien, a-t-elle dit, avec un gros soupir. Tristan, n'est-ce pas le nom de ce portrait qu'on appelle aussi le Comte Noir ? »
a Vous ne m'ôterez jamais de la tête, continua Vénérande, que cette petite, qui ne ressemblait à personne dans son enfance, gardait sa fève pour le Comte Noir, ou pour le beau Tristan, dont elle ne faisait qu'un seul et même personnage au fond de sa petite cervelle. »
« Le docteur a souri en disant : « Vraiment ! » de son air le plus distrait. Il pensait, sans doute, à je ne sais quelle pierre rare ou à quelque insecte nouveau.
« Mauve m'a regardée dans le blanc des yeux, et moi je me suis mise à rougir comme une sotte. — Quelle sottise, en eflet, mais passée depuis bien longtemps !
a Est-ce que je me soucie encore du Comte Noir? — Est-ce qu'il n'y a pas au moins deux ans que je ne lui porte plus ni la fève des rois, ni mes bouquets de fête, ni ces mille petits tributs, dont j'avais pris l'habitude dans ma stupide enfance? »
« 8 janvier. — Ce soir Mauve m'a la une lettre de Francine ; cette lecture m'a fait plus venir d'une fois les larmes aux yeux. J ai demandé à Mauve de me la prêter, pour en copier certains passages ; aussitôt elle m'a offert de me la donner en toute propriété.
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« Vous n'y tenez donc pas ? ai-je demandé avec étonnement.
— Si fait, chère petite, mais je crois comprendre qu'elle contiendra pour vous plus d'une utile leçon ; dès lors, le sacrifice ne doit pas exister pour moi. »
(( J'ai refusé néanmoins, et voici ce que je transcris sur mon livre rouge.
Clermont, 7 janvier.
« Quel beau jour pour moi aujourd'hui, chère Mauve! — J'ai touché le premier trimestre de mes appointements : cent vingt-cinq francs ! N'est-ce pas énorme, et bien agréable à recevoir, ce premier argent gagné : un beau billet tout neuf, sur lequel on lit en grosses lettres : cent francs ; puis une pièce d'or de vingt francs, et un gros écu de cinq francs.
« Aussitôt j'ai fait les parts, sauf à vous demander ratification après coup, ma chère conseillère.
« Que diriez-vous d'un manteau imperméable pour notre Jacques ? Je sais qu'il se refuse le nécessaire, le cher garçon î Tout son but est d'éteindre les dettes de notre pauvre père, tâche sacrée dans laquelle vous l'aidez de tout votre pouvoir ; je ne puis que vous approuver tous deux, mais cependant, il ne faudrait pas que la santé de l'un ou de l'autre pût en souffrir. Il fait froid dans ces montagnes, et Jacques a bien du
chemin à faire chaque jour, par tous les temps, pour se rendre hla. mine.
<( J'ai donc été chez M. Simon, le premier tailleur de Glermont, et j'ai commandé un imperméable pour une grandeur de 1^,72. — C'est bien la hauteur de notre grand Jacques, n'est-ce pas ?
(( Quand vous aurez ajouté à cette importante commande une robe de mérinos noir pour Camille, dont l'avarice se refuse à cet achat indispensable, et un tablier pour notre vieille Gothon, qui est venue nous voir le matin même du premier janvier, les poches pleines d'oranges pour nos petites sœurs, vous penserez comme moi que le billet de cent francs s'est transformé de la manière la plus charmante du monde.
(( En femme prudente, j'ai gardé les vingt-cinq francs de monnaie pour les dépenses imprévues du trimestre qui va courir. »
« Tout en causant. Mauve m'a demandé si je tenais compte de mes dépenses.
a Je m'en garderais bien, ai -je répondu, les registres d'Hilarion, sur lesquels il passe la meilleure partie de son existence, m'ont dégoûtée à tout jamais d'un livre de dépenses quelconque, fût-il du plus petit format.
— Êtes -VOUS bien sûre que vous auriez essayé sans cela ?
— Sincèrement non, ai-je dit en riant,
— C'est pourtant une coutume utile à tout le monde, a-t-elle repris avec cette gravité douce, qui me semble la voix de la raison même, aux pauvres comme auxriches, d'abord, afin d'entretenir des habitudes d'ordre et de prévoyance, qui sont nécessaires dans toutes les situations de la vie, à des degrés différents, il est vrai ; ensuite, pour servir en quelque sorte de mémorial abrégé. — On repasse là sa vie jour par jour, et l'on peut presque y retrouver la trace de la plupart de ses actions, bonnes ou mauvaises. ))
(( Gomme je me récriais :
— L'idée n'est pas de moi, ajouta-t-elle ; elle est de votre ami Jacques. Quand il était étudiant à Paris, il avait soin, m'a-t-il raconté, non-seulement de tenir un compte exact de ses dépenses quotidiennes, mais encore d'inscrire à côté de chacune d'elles ces mots : Pour moi seul.
a A la fin de la semaine il additionnait les pour moi seul, et quand il en voyait un certain nombre, qui lui semblait dépasser la mesure permise, il s'accusait d'égoïsme, et se promettait de mieux faire la semaine suivante.
— Jacques a toujours été un stoïcien », ai-je dit, un peu fière de mes connaissances nouvelles en philo-
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Sophie. J'avais appris précisément la veille toutes sortes de choses intéressantes sur Técole du Portique. — Jacques est surtout un chrétien », me répondit Mauve, avec cet air de sérieux enthousiaste qu'elle a toujours quand elle parle de son sage cousin, »
« 25 avril. Nous avons fait aujourd'hui une bien jolie promenade ; au retour, nous avons renvoyé la voiture, et pendant qu'Hilarion et Vénérande continuaient à se faire carrosser^ Mauve et moi avons choisi, à travers champs, la route des écoliers. — Bien nous en avait pris de faire d'avance cette déclaration, car, la fatigue étant venue, il fallut nous asseoir longuement à l'ombre encore légère d'un châtaignier, et l'on n'aurait pas manqué d'être fort inquiet au château, et d'envoyer des estafettes dans toutes les directions, en ne nous voyant pas revenir.
ce Quelle halte charmante ! Quel joli printemps tout en fleur ! Dans les fissures de chaque roche, des plantes sauvages dressaient leur tête verdoyante, et de beaux lézards, à l'éclat métallique, accouraient se chauffer sur la pierre à deux pas de nous ; aux branches des vieux pins, des petites pousses vertes, toutes neuves, semblables à ces touches lumineuses qu'un peintre jette çà et là au premier plan de ses tableaux, pour illuminer le paysage ; et dans la prairie, des
vaches couchées à Tombre, au bord d'une mare, où s'ébattaient une flottille de petits canetons, ruminaient paisiblement, sans souci du lendemain.
a J'aurais voulu ne jamais sortir de ce petit coin délicieux, et je ne pus m'empêcher de le dire à Mauve.
— Vous vous mettez donc à aimer notre pauvre Auvergne ? me demanda-t-elle d'un air un peu malicieux.
— Ne vous moquez pas, Mauve; cette fois, il ne s'agit pas d'un caprice, je le sens. Oui, j'aime ce bon pays, et je dirais volontiers comme Jacques : Je préfère l'herbage d'Auvergne aux plus beaux paysages du monde.
— A propos, Frileuse, j'ai reçu ce matin une lettre de notre mineur ; il termine en disant : J'envoie mille compliments à la petite reine du fond des entrailles de la terre.
— Oh ! ne me parlez pas de cela, Mauve, cela me fait frémir d'y penser. Pauvre Jacques ! quelle existence !
— Il est plein de courage, et plus à admirer qu'à plaindre, chère petite. Si vous lisiez sa dernière lettre, vous verriez avec quelle ardeur il embrasse les moindres devoirs de sa nouvelle profession. »
Ici nous arrêtons le journal du livre rouge pour reprendre notre rôle de chroniqueur.
Les yeux de Frileuse exprimèrent clairement le plaisir qu'elle éprouverait à lire a cette dernière lettre »
mais Mauve ne l'avait pas sur elle. — Il fallut se contenter des souvenirs fort incomplets de cette étourdie de Mauve. Elle raconta, en quelques phrases bien courtes, la vie que menait Jacques à Rocamadieu; il logeait chez de braves gens qui, pour cinquante francs par mois, se chargeaient de tout, depuis la chambre proprement meublée jusqu'à « la douce nourriture, comme dit Homère )>, y compris le chauffage au charbon de terre, lequel charbon ne coûte pas plus cher dans le pays que les pierres du chemin, et l'éclairage au suif?
« Gela veut dire la chandelle, n'est-ce pas? demanda Frileuse.
La chandelle proscrite des cuisines d'Apremont comme une denrée dégoûtante, bonne seulement à tout infecter et tout salir ! Et c'était à la chandelle que s'éclairait ce descendant des preux, ce vaillant Comte NoiVy pour lequel la lumière du jour était à peine assez pure.
Cette dernière réflexion doit être laissée au compte du narrateur. Frileuse ayant renié elle-même, il y a peu de temps, l'objet de son culte.
Quoi qu'il en soit, la petite reine soupira à ce vilain mot de suif.
a Mauve, dit-elle en rentrant au château, je veux, moi aussi, avoir un livre de dépenses, comme vous, comme Francine, et comme Jacques. Je veux supprimer, rmw^i/e, le trop grand superflu pour moi
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seule, et le transformer en nécessaire pour ceux qui en manquent.
— A la bonne heure.! Voilà une excellente parole, surtout si vous la mettez en action.
— Vous allez voir : primo, je supprime d'un coup cette demi-douzaine de journaux de modes, qui arrivent comme une avalanche le premier et le quinze de chaque mois. Regardez ce qu'il y en a sur la table de la bibliothèque ! Je ne prends même pas la peine de déchirer les bandes. Nous allons en faire un feu de joie, pour commencer, et puis j'écrirai aux diverses administrations....
— Doucement, doucement, petite prodigue, avant de les condamner au bûcher, voyez donc s'il n'y aurait pas un meilleur usage à en faire. »
Frileuse leva les yeux au plafond, et répondit qu'elle ne voyait absolument rien à faire de ces stupides marionnettes, avec leur taille de mannequin, et leur physionomie de poupée.
« Je pense, moi, reprit doucement Mauve, qu'une jeune fille adroite et laborieuse o^Jime NoémiDeltour, la fille aînée du percepteur, serait charmée de recevoir la collection de la Mode illustrée^ par exemple. Il y a là des trésors, la plus riche mine du monde à exploiter pour une aiguille industrieuse, sans parler d'articles charmants de morale familière, que tout le monde trouverait profit à lire.
— Bien, dit gaiement Frileuse, nous allons faire un
joli petit paquet que nous enverrons à Grozat demain matin, à l'adresse de mademoiselle Noémi.
— Avec une lettre explicative des mieux tournées », ajouta Mauve.
Frileuse continuait à fureter dans la montagne de journaux et de brochures, qui se dressait devant elle :
a C'est dommage, dit-elle en souriant, queBrichard et la mère Page n'aient rien à faire avec la mode. Ils aiment la lecture tous les deux, et Brichard relit sans cesse le même almanach à sa vieille amie. Je leur aurais abandonné volontiers mon Courrier du Monde élégant,
— Faites mieux, répondit Mauve. Pour cinq francs, vous pouvez leur prendre un abonnement à V Ouvrier; c'est un excellent journal, fort intéressant, qui ne publie que de bons ouvrages, signés des noms les plus recommandables.
— Cinq francs par mois, ce n'est pas cher, dit Frileuse, et nous allons inscrire l'Ouvrier pour Brichard, à la première page de mon nouveau livre de dépenses.
— Cinq francs par an, j'ai dit, petit étourneau !
— Cinq francs par an ! répéta Frileuse. Oh ! Mauve, donnez-moi vite l'adresse, et puisque vous assurez que c'est un si bon ouvrage, j'en ferai venir une demi-douzaine pour la cuisine.
— C'est inutile, enfant prodigue que vous êtes.
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Brichard et la mère Page inscriront à leur cahier des charges qu'ils doivent passer les numéros, à mesure qu'ils les auront lus, à leurs commensaux de Toffice, en commençant par Godard, et en finissant par le dernier marmiton, qui lit très-bien depuis....
— Depuis que vous lui avez appris. Mauve bienaimée, s'écria Frileuse en se jetant à son cou. Allons, donnez-moi vite l'adresse, et Frileuse écrivit de sa rapide petite écriture :
ce A M. Blériot, éditeur, quai des Grands-Augustins, 55, à Paris.
« Monsieur,
— Eh bien! demanda-t-elle en se retournant vers Mauve, -que faut-il dire maintenant ?
— Vous le savez aussi bien que moi.
— Je n'ai jamais écrit à un éditeur.
— Ce n'est pas plus difficile que de s'adresser à toute autre personne. Exposez clairement l'objet de votre demande ; finissez par une formule convenable, voilà tout. 11 faut vous habituer à ne plus laisser les autres agir toujours pour vous, comme si vous étiez encore une enfant. »