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CHAPITRE XIV

En dépit de la tranquillité de cette maison, Yéfa eut un sommeil agité, comme imprégné do l'étonnant changement qui s'était fait dans sa vie. Mais elle s'éveilla tôt, si tôt que, sur la

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ioute qu'elle voyait au-delà du parterre, il n'y avait aucun bruit, aucun passant.

Le parterre était soigné, les fleurs alignées avec symétrie, les corbeilles enserrées de petites bordures de lobélias, ou de ces fleurettes sveltes et délicates que le peuple nomme a désespoir du peintre ». Dans l'angle, près du mur, se (roiivait l'arbre dont avait parlé le colonel, un vieil orme tordu, oublié là on ne sait comment, lors des terrassements. Une partie de ses branches avait disparu; un grand rameau, mort depuis peu, demeurait au milieu, agitant à la brise ses feuilles couleur d'or brun, qui avaient un petit grésillement sec en se heurtant, et qui commei|^aient d'ailleurs à joncher le sol. Le tronc épais, tout couvert de mousses grisâtres, avait des cavités si profondes, qu'on eût dit qu'il n'en demeurait qu'une épaisse écorce. Et cependant, il gardait une ramure assez vivace pour abriter un peuple d'oiseaux qui, en ce moment, saluaient bruyamment le lever du soleil... A son ombre étaient placés un fauteuil de jardin et une petite table rustique... Il offrait vraiment un contraste singulier avec les bosquiils de rosiors et les rangées de géraniums dç Mlle Luspy,

Le temps s'annonçait splendide. Le ciel était pur, avec de petits nuages floconneux qui ne semblaient avoir d'autre raison d'êlre que d'en faire ressortir l'azur. Le soleil montait, éclatanl, les feuilles gardaient des traces de rosée. Bientôt, quelques charrettes de maraîchers commencèrent à apparaître, traînées par des ânes et conduites par des femmes brunes, au regard vif, dont la tête était couverte d'un mouchoir Puis la porte do la maison s'ouvrit, et Mlle Lespy apparut, avec un chapeau rond et un mantelet. Elle portait un livre, et se rendait évidemment à une chapelle voisine, dont la cloche avait commencé à tinter. Malgré l'heure matinale, elle était soigneusement habillée, et ses petites boucles blanches moussaient sur son front avec le même art que la veille.

Les habitudes de la maison se révélaient peu à peu à Véfa... Un homme d'âge moyen, coiffé d'un bonnet de police, poussa la porte extérieure, entra comme un habitué, puis ressortit, ayant échangé son veston contre un tablier, et portant sur son bras le pantalon rouge et la tunique du colonel, qu'il se mit en devoir de brosserai! grand air. Enfin, le colonel lui-même descendit, toujours en tenue, se promena les

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mains derrière le dos, examina quelques roses, coupa celles qui étaient fanées, el échangea quelques remarques sur le temps avec le domestique, qu'il tutoyait, et qui, c'était aisé à comprendre, était un ancien ordonnance.

Véfâ s'habilla promptement, fit sa prière, remerciant Dieu avec ferveur de ce nouvel asile, et le suppliant de veiller sur Isabelle ; puis elle attendit avec impatience le retour de Mlle Lespy.

Une teinle rose plus accentuée couvrait le8 JDues de la vieille demoiselle, quand elle rentra de son excursion matinale. Son premier regard fut pour la fenêtre de Yéfa, et un joli sourire lui rendit la jeunesse qu'elle n'avait pas perdue tout à fait.

— Déjà levée! Descendez vite, mignonne, le déjeuner vous attend.

Elle reçut la jeune fille au pied de l'escalier, et, l'ayant embrassée comme une vieille connaissance, la fit entrer dans une salle à manger assez étroite, meublée à l'ancienne mode, oii des tasses étaient rangées sur la nappe bien blanche.

Elle fit un signe à la servante, qui lui prit des mains son mantelet et son chapeau.

— Prévenez le colonel, s'il vous plaît, et ser* vez le déjeuner.

Comme une petite fée domestique, elle commença à disposer des tartines, puis elle versa dans la tasse de Véfa du chocolat oui moussait et dans celle du colonel du café noir.

Quel délicieux déjeuner elle fit entre eux!... Elle avait décidément des instincts modestes, cette petite Véfa, car les meubles sans style de son tuteur semblaient lui composer un cadre plus familier et plus attrayant que les grands buffets laqués, chargés d'argenterie, de la vaste salle à manger de Belvoir...

Mais aussi, ce frère et cette sœur avaient l'air si heureux de la voir! Elle était un événement dans leur vie paisible et monotone, mais un événement joyeux... Elle apportait une note de jeunesse qui leur donnait une impression atlen drie ; et, chose vraiment singulière, ils rendaient à cette enfant, tous vieux qu'ils étaient, sa véritable atmosphère...

On lui montra la maison, les fleurs, la cour, 311 une demi-douzaine de poules gloussaient <lans un poulailler construit par l'ordonnance. Puis le colonel dit :

— Je vais à l'exercica...

Il prit ses gants, serra la main de Véfa et celle de sa sœur, et s'en alla très droit, très jeune.

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vers ce qui l'intéressait plus que tout au mondée

— Ma chère, dit Mlle Lespy, je n'ai plus, depuis longtemps, le plaisir d'exercer l'hospitalité; mais je me souviens de la manière dont je l'envisageais jadis pour moi et pour les autres. Vous êtes chez vous, absolument libre de faire ce qui vous plaît; je serai heureuse chaque fois que vous m'exprimerez un désir... Quand mon frère reviendra de l'exercice, il vous fera faire un tour en ville... C'est aujourd'hui mon jour; je ne pourrai sortir tantôt, et il faut que, ce malin, je me livre à mes petites manies...

— Si je pouvais vous aider en quelque chose?

— Yous aimeriez peut-être à arranger les Heurs? Prenez cette corbeille, ma chère, je vais couper des roses... Ici, nous en avons toute l'année.

Elle ouvrit un placard dans l'antichambre qu'encombraient, par parenthèse, les cantines du colonel, et y prit un sécateur et une paire de vieux gants dans lesquels elle enfonça ses petites mains. Véfala suivit à travers les allées. Couper une rose était pour elle toute une petite affaire; il fallait qu'elle fût suffisamment épanouie, pas trop, cependant; elle ne devait pas avoir de boutons j enfin, il fallait grouper des échantillons

des différentes espèces. Sa récolte achevée, elle y joignit des brins de Jasmin, des rameaux du tamaris, et, non sans une certaine inquiétude, elle confia à Véfa le soin d'en garnir une demidouzaine de vases et de porte-bouquets de différentes grandeurs.

A son grand soulagement, elle vit promptement que la jeune fille, qu'elle suivait de l'œil, s'en tirait à son gré. Elles étaient en ce moment insiallées dans une sorte d'office, où se trouvait une grande table; sans ôter ses gants, elle sortit un instant, et revint, portant dans ses bras deux revolvers et deux épéos, qu'elle se mit en devoir de frotter avec un linge gras, puis une peau de daim.

— Ceci n'est pas précisément ma besogne, comme vous le pensez, dit-elle en riant. Mais j'ai dû envoyer l'ordonnance en ville, et c'est ie jour du nettoyage; mon frère serait malheureux, s'il vient tantôt des officiers, de voir ses panoplies ternes.

Véfa offrit de l'aider. Mlle Lespy était très adroite, et c'était piquant de voir cette vieille petite femme délicate manier ces armes, se vouer par tendresse fraternelle à une occupation si peu faite pour elle

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— Comme j'aime déjà votre frère! dit Yéfa d'un ton sincère.

Mlle Lespy leva sur elle des yeux ravis dont, une fois de plus, l'expression parut familière à la jeune fille.

— On ne l'aimera jamais trop, on ne lui rendra jamais asaez justice, mon enfant... Il est trop modeste pour aimer à parler de lui; mais je tâcherai qu'il vous conte ses souvenirs militaires... Il s'est conduit en héros.

— Et comment, avec ses étais de service, dont mon grand-père parlait toujours, n'a-t-il pas été fait général?

L'expression qui attrista soudain le visage de Mlle Lespy révéla à Véfa qu'elle avait touché un point sensible.

— Comment? Oh! c'est bien simple : il n'a jamais rien voulu demander. Et vous comprenez que lorsqu'un si grand nombre d'officiers font, avec raison d'ailleurs, valoir des titres légitimes, on est trop heureux de les satisfaire au détriment d'un homme qui ne réclame rien... Il pense, lui, que l'honneur d'être officier est une récompense déjà suffisante, à laquelle vient encore ajouter la satisfaction d'avoir fait son devoir... Gela semble incroyable, mais je vous

afGrme qu'il aimait mieux voir ses camarades décrocher les étoiles.

— Cela ne paraît pas incroyable quand on l'a vu de pcès... Il a dû souffrir, quand il a atteint l'âge de la retraite.

— S'il a souffert ! J'ai cru qu'il en mourrait. Il avait l'air d'une âme en peine lorsqu'il se traînait, oisif, dans les rues, pour voir passer son régiment... S'il avait du quitter l'uniforme, il n'y aurait certainement pas survécu... Puis, peu à peu, il a pris l'habitude d'aller à l'exercice, de passer une ou deux heures au cercle militaire... Il compulse des notes, il revit le passé; il se tient au courant des nouveaux règlements, des armes nouvelles; il garde l'annuaire à jour, il lit tout ce qui s'écrit sur l'armée, les tirs, les manœuvres en campagne, que sais-jel... Il vit aussi d'avenir...

— Il n'a pas eu de difficultés pour garder son uniforme? dit Véfa en souriant.

— Cela, je vous le répète, c'eût été, au-dessus de ses forces... Mon enfant, j'ai dix ans de moins que lui... Quand je suis née, il entrait a Prytanée... je ne l'ai jamais vu en vêtement civils, jamais, entendez-vous?... Et si j'ai h douleur de lui survivre...

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Deux larmes montèrent à ses yeux, et elle déposa un instant Fépée qu'elle frottait, une épée d'honneur offerte par les officiers de son ancien régiment...

— Si je lui survis, ce que je dois désirer, parce qu'il ne pourrait pas vivre sans moi, la dernière vision que j'aurai de lui, dans son cercueil, ce sera cet uniforme dans lequel, dit-il, il veut répondre à l'appel du grand Chef de là-haut...

Elle surmonta son émotion en voyant que Véfa aussi avait les yeux humides, et reprit plus gaiement :

— Cela n'a pas marché sans difficultés. Le général le rencontra un jour, quelque temps après sa mise à la retraite, et lui exprima son étonnemeut de le voir conserver un uniforme qu'il n'avait plus le droit de porter. « Plus le droit de porter! répéta mon frère; ne l'ai-je pas acquis, ce droit, en vivant ma vie entière sans jamais le quitter? N'est-elle pas à moi, ne l'ai-je pas, à la lettre, payée de mon sang, cette tunique qui, à Bezonville, a été traversée de deux balles? Mon général, j'aimerais mieux mourir, — enseveli dans mon uniforme, — que de porter d'autres vêlements «.Le général embarrassé, en a référé au divisionnaire; celui-ci a proba-

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blemeat jugé le cas exceptionael, d'autant qu'il' y a eu dans la carrière de mon frère des cir-' constances qui lui font une situation particulière... Vous savez peut-être qu'en temps de guerre, il commanderait une brigade de territoriale... Et depuis, personne ne l'a jamais tourmenté.

Véfa avait envie de pleurer et de sourire à la fois. Elle aimait déjà, aussi, la sœur fidèle, qui était comme le reflet gracieux de cette figure de soldat. '

— Et vous ne l'avez jamais quitté? demandât-elle, cherchant à pénétrer plus avant dans celte âme de vieille fille.

— Jamais! répondit Mlle Lespy avec orgueil. Mon frèrea des idées très arrêtées surle mariage, en ce qui concerne les officiers; on peut les trouver exagérées, et je crois vraiment qu'elles le sont pour les autres. Mais, dans son cœur à lui, il n'y avait pas de place pour une autre passion... Cependant, ce cœur est tendre, personne ne le sait mieux que moi. Il aurait souffert de l'isolement, si je m'étais séparée de lui.

— Alors, vous avez sacrifié votre bonheur au sien?

— Je n'ai rien sacrifié, je n'ai eu aucun mé-

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rite; je n'ai fait que suivre la pente de mon affection.

— C'est beau, une telle union! Vivre de longues années sans nuages, sans ombres !

Mlle Lespy parut éprouver un léger malaise.

— Ohl certes, nous sommes profondément unis, dit-elle, quoique, en une circonstance, nous n'ayons pas pensé de même... Ce jour-là, j'ai compris que les meilleurs d'entre nous peuvent errer, et que les vertus les plus hautes sont, plus que les autres peut-être, capables d'exagération...

Elle avait paru plutôt se parler à elle-même que s'adresser à Véfa. Tout à coup, elle tressaillit, et regarda la jeune fille avec inquiétude : — Je divague, enfant. J'aime à penser que je n'ai rien dit qui puisse atteindre votre sympathie pour mon cher frère? Plus vous le connaîtrez, plus vous constaterez combien il en est digne! Un peu plus tard, Véfa visita !a ville, pilotée par son tuteur.

Ils longèrent le Cours oti, à cette heure, des officiers flânaient. Naturellement, la jeune fille eut sa part très large des saints empressés qu'ils prodiguaient au colonel. Une jolie personne inconnue, très élégante, survenant tout à coup

dans cette ville de province, c'était un événement, et plus d'un lieutenant se rappela justement que c'était le jour de Mlle Lespy, et qu'on pourrait rencontrer chez elle et voir de plus près cette nouvelle venue à l'aspect très distingué et très sympathique.

Véfa entra dans la vieille église romane dont les briques avaient pris, au soleil de tant de siècles, ces tons roux merveilleusement chauds qui déconcertent tous les peintres. Elle admira les curieux chapiteaux des piliers frustes, trouvant que leurs ciselures fantastiques lui rappeaient les sculptures et les bas-reliefs assyriens entrevus au Louvre, lors de son unique voyage à Paris. Elle descendit l'escalier usé de la crypte, qui datait, disait-on, du second siècle, et dont la voûte surbaissée avait abrité les premiers chrétiens de ces régions. Puis le colonel la ramena à la lumière du jour, et la conduisit dans la grande rue où so trouvaient les magasins.

Lancrau re^-s^iublait à toutes les villes du Midi, —animée dans un unique quartier, silencieuse comme la tombe dans les rues aristocraliques oti l'herbe poussait entre deux rangées d'hôtels délabrés, — encore plus triste dans les rnelles pauvres oh les façades s'effritaient, oti

les toits de tuile offraient à l'œil des crevasses sans nombre. Le soleil, toutefois, rachetait ce< laideurs, et pour qui était doué de quelque sentiment artistique, le ton des briques et la patine des pierres devenaient pittoresques sous cette lumière ruisselante, et avec le fond d'azur intense, poussé presque jusqu'à l'indigo, qui recouvrait la ville comme une immense coupole.

Le déjeuner fut ag-réable. Le colonel redisait à sa sœur tous les racontars militaires qui, à la vérité, se rapportaient à des gens inconnus de Véfa, mais qui la ramenaient dans un milieu et un courant d'idées qu'elle aimait.

Ils s'assirent sous le grand orme brisé. Mlle Lespy bourrait de ses petits doigts délicats la pipe de son frère, et s'intéressait entre temps aux piétons qui passaient sur la route. Puis elle déclara qu'il était temps de s'habiller, et pria Véfa de se faire belle, le bruit de son arrivée devant certainement attirer des visiteurs.

— Et j'ai encore quelque chose à vous demander, ajouta-t elle de sa jolie voix argentine. C'est bien froid de m'appeler Mademoiselle. Voulez- vous dire : ma tante, tante Chloé?

Véfa l'embrassa pour toute réponse.

Chloé! Ce vieux nom d'un autre siècle seyait  ses grâces surannées et à ses innocentes lecherches... Elle avait une manière de le prononcer qui le rendait joli, qui en laissait échappercomme des bouffées de jeunesse, des parfums de souvenirs. Et la voix du colonel s'adoucissait pour le dire.

Le jour de Mlle Lespy était très suivi. C'était, pour les officiers, une tradition scrupuleusement gardée de faire visite au colonel et à sa sœur. Ce jour-là, elle eut toute la ville, et Véfa y était pour quelque chose. La femme du général ellemême, qui était cependant venue le vendredi précédent, voulut voir la pupille du colonel.

Véfa reprenait donc pied dans un milieu miliaire. Elle y rentrait comme chez elle, elle s'y sentait droit de cité. Tante Chloé avait soin de aire allusion à ses origines; en la présentant, )]\e parlait do son grand-père : « Mlle de Douriac, la petite-fille du regretté général... » Ou : : La pupille de mon frère... Son grand-père, le générai de Dourliac était l'intime ami du cololel... »

Véfa éprouvait un bien-être moral indicible à je retrouver dans son ancienne atmosphère. li y avait cependant dis ombres, des notes discor-

dantes... Ce long- défilé révélait des jalousies de femmes, des rancuoes de camarades chez certains, des habitudes de commérage, de dénigrement. Mais sur ces misères planait une certaine grandeur. On sentait l'amour du métier, du noble métier, l'amour de la France, l'attachement aux belles idées, à ce qui est juste, droit, élevé. Ces mères de famille s'occupaient presque toutes de l'éducation de leurs enfants; elles nevivaienl pas pour le plaisir et la toilette ; cependant, chez les plus pauvres il y avait un souci de garder les apparences, non par une sotte vanité, ma s par respect pour la situation, pour les galons du mari...

Vers cinq heures, le colonel entra dans le salon. Si au-dessus de certaines petites faiblesses qu'il pût être, Yéfa pensa qu'il se trouvait flatté de l'empressement qu'on témoignait à sa sœur. Elle se rendit encore mieux compte de la situation très spéciale qu'il occupait dans la ville... Il inspirait un respect légèrement attendri, qui n'excluait pas, toutefois, un peu d'amusement. On souriait discrètement de ses exagérations, maison sentait ce qu'elles avaient de louchant, et l'on admirait le sentiment dont elles éman,aient. Il était à Lancran une sorte de person-

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nalité, et même lesjeunes officiers rieurs, qui se permettaient une plaisanterie sur son compte, se montraient pleins d'égards pour lui...

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