ANATOMIE PATHOLOGIQUE
« À l'examen de l'utérus de la malade dont il est parlé dans la 2° observation, on constate: la paroi antérieure fendue sur la ligne médiane suivant son grand axe, et l’on voit en avant et en arrière de son fond, les déchirures produites par les griffes de la pince à traction. Il est gros et son volume rappelle celui d’un utérus gravide de trois mois environ; on note, au niveau du col, la saillie que fait dans la cavité cervicale le néoplasme interstitiel. La cavité utérine est dilatée; la muqueuse lisse, régulière, sans ulcérations, sans végétations. La paroi utérine est amincie, molle et friable. Les annexes sont normales. Il n'existait aucune trace d'inflammation péri-utérine. C'est là un type anatomo-pathologique fréquent d'utérus cancéreux avec pyométrie. Mais l'aspect anatomique des lésions peut être très différent. La muqueuse peut présenter des ulcérations, des végétations, des plaques de gangrène. Le muscle utérin peut être totalement ou partiellement hypertrophié ou alternativement présenter des zones amincies et des zones hypertrophiées ou d'épaisseur normale. Les propagations infectieuses péri-utérines, ayant le pyomètre pour origine, sont exceptionnellement notées. » Dans nos observations, le pus était franc, bien lié, sans odeur. On a maintes fois rencontré un liquide noirâtre, hématique, extrèmement fétide. Il peut même y avoir des gaz.
Entre deux formes extrêmes bien caractéristiques de
ÉsPObNe pyométrie, toutes les formes intermédiaires peuvent se rencontrer. On a, d’une part, la pyométrie par cancer du col, à forme fibreuse sténosante, à parois lisses, souvent amincies, à contenu franchement purulent, telle la pyométrie de la malade de notre deuxième observation ; d'autre part, la pyométrie par cancer du corps, où les parois de la poche sont végélantes, ulcérées, parfois cloisonnées. Le pyomètre est formé de pus teinté en brun, d'apparence hématique, tenant en suspension des débris de tumeur. Cette dernière forme se distingue nettement du cancer du corps infecté, par l'existence d'une collection plus ou moins volumineuse.
La pyométrie n’est pas l'apanage d'une forme plutôt que d'une autre de l’épithélioma cervical. Les cancers papillaire, nodulaire, cavitaire peuvent présenter cette complication. On observerait cependant la rétention purulente surtout dans l'épithélioma cavitaire. Notre première malade était atteinte d'un cancer papillaire végétant de la région cervicale. La seconde avait un épithéloma squirrheux nodulaire, forme spéciale à la vieillesse, produisant une sténose cervicale d'autant plus accentuée qu'elle se développe dans un organe déjà sénilement atrophié. En pareil cas, l’orilice interne est le siège de la sténose. La malade dont nous rapportons l'histoire clinique dans notre troisième observation n'avait que de la métrite fongueuse avec bourgeonnement caractéristique.
L'examen microscopique de l'utérus cancéreux compliqué de pyométrie offre à peu près toujours les mêmes particularités histologiques : épithélioma envahissant plus ou moins le tissu musculaire lisse ; pouvant pénétrer Jusque dans les issus péri-cervicaux ; métrite suppurée de date plus ou moins récente ; sclérose ; lymphangite,