‹ La quadrature de l'amourChapitre 14 sur 178 · L'AGE MAL A PROPOS APPELÉ INGRAT · texte numérisé non relu

L'AGE MAL A PROPOS APPELÉ INGRAT

La jeune fille? Peuh ! Trop facile conquête ! Même un enfant, même im vieillard, n'importe qui.

Peut lui faire tourner la tête.

Elle est spontanément immorale en esprit, Faxce qu'elle est encor trop près du premier âge. Ces jouvencelles ne se font que peu à peu. Le cynisme et l'amour sont d'abord le breuvage Où leur petite bouche apaise un premier feu. Elles restent ainsi, les oreilles collées

Aux portes closes du Désir, Et, comme elles touchaient les premières poupées,

Leurs mains tendues sont prêtes à saisir. Elles n'éprouvent pas l'élan qui divinise

Vers la lumière et vers le rêve.

Mais elles ont la convoitise.

C'est une grâce un peu vulgaire, que relève Ce sérieux dans le désir, ces gravités Qui donnent aux enfants des airs de statuettes

Et de dieux attristés.

Le séducteur répugne à de telles conquêtes ! Leur songe est trop borné, leur âme sans défense... Mais obser\'éz ce blanc bouquet d'adolescences ! Oies ont ça de tendrement particulier Que, malgré l'âge ou même un geste provoqué.

Jamais l'amour ne les fait rire.

Ce sacrilège-là n'appartient qu'à la femme ! Et — n'est-ce pas le trait le plus pur de son âme? — L'enfemt respecte encor celui qui le désire.

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