SATIATA SED NON LASSATA
Les grands voluptueux sont de grands voyageurs.
Le mirage apparaît à la pointe des flots,
Danse un instant, puis, paiement, s'efface et meurt.
Il faut toujours aller sans halte et sans repos
Vers le désir, auquel le soleil des tropiques
Inflige une senteur lourde et mélancolique.
Le périple éternel n'est jamais termmé !
Mais nul renoncement ne perce et ne s'avoue.
Un sombre amour s'attache à ces prédestinés.
Ils vont, semblables à ces figures de proue
Qui s'avancent en chevauchant l'azur des mers.
Dans un balancement onduleux de berceuses.
Toujours droit devant eux, les deux yeux grands ouverts,
Et leurs seins nus frappés par la vague écumeuse !