‹ La quadrature de l'amourChapitre 27 sur 178 · DÉFINITION LINGUISTIQUE · texte numérisé non relu

DÉFINITION LINGUISTIQUE

Aimer, c'est un grand mot par trop rudlmentaire, Qui veut répondre à tout et ne répond à rien. Son sens est vague, mou, fragile et sibyllin. C'est un mot qu'on a fait pour les dictionnaires. Trop traditionnel. C'est un mot pour primaires, Et qui ne traduit pas le quart de nos nuances. Disons net : c'est un mot d'une rare indigence ! En se taisant on se comprend tant bien que mal. Mais, du jour où l'on a nommé le mot fatal. Un voile d'encre et de ténèbres a surgi. L'exégèse apparaît entre vous. Adieu, paix ! Vous vous perdez au sein de l'étymologie. (Tu m'aimes? Comme quoi? Autant que tu l'aimais?

— Non, c'était le désir. — Un désir qui dura

Un jour? Un an? — Un jour. — Mais c'est la même chose.

— Non ! — Si ! — Mais non !) Et cœtera, et caetera ! Interprétation du texte, sombres gloses !

Œil fixe et doigt crispé sur la carte du Tendre...

Le meilleur de l'amour fut dit dans un baiser.

Et, sitôt que le mot fatal est prononcé,

C'est alors qu'on commence à ne plus se comprendre !

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