‹ La quadrature de l'amourChapitre 85 sur 178 · LE DISCERNEMENT CHEZ LA FEMME EST RÉTROACTIF · texte numérisé non relu

LE DISCERNEMENT CHEZ LA FEMME EST RÉTROACTIF

La femme est souvent dupe, étant toujours crédule.

Elle manque de la capacité voulue

Pour juger les défauts secrets, les ridicules

De l'être sur lequel elle a jeté ses vues.

Dans l'amour elle a peu d'ironie. Il est vrai

Que son désir d'aimer est tel que l'on ne sait

Si sa berlue n'est pas un néant volontaire !

Elle discerne bien les vices, non les tares.

La bêtise?... Hum !... D'ailleurs, je crois bien qu'il est rare

Que la bêtise soit un obstacle à lui plaire.

Avouons-le : elle a l'extase très facile.

Et rien ne la rebute, et rien ne l'horripile !

Jamais de répugnance. Elle supporte tout.

On l'a dit d'elle : pas de goût ni de dégoût.

Elle est douée de la stupidité de l'ange !

Mais par exemple, après... ah ! comme elle se venge.

Férocement, avec une verve lucide.

Impitoyable, sur son amour décédé !

Le cœur avait glacé l'esprit et fait le vide

Dans son cerveau; voici l'esprit ressuscité !

Dès qu'elle n'aime plus, il revit, surabonde.

Raille, récapitule, extermine, condamne.

Il est loin, le divin sourire de Joconde !

On se trouve devant un juge aux doigts profanes,

Qui démonte toutes les pièces du squelette ;

Et ces amours vannés, que la femme étiquette.

Semblent, après qu'ils ont achevé de mourir, Sous l'éclairage blême et froid du souvenir, Une collection macabre de phalènes Cloués au mur avec les pointes de sa haine !

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