‹ La querelle du Cid (volume 2)Chapitre 2 sur 8 · NEC SPERNENDA FUIT GLORIA PONE SEQUI · texte numérisé non relu

NEC SPERNENDA FUIT GLORIA PONE SEQUI

Corneille n'avait pas tort, sans doute, de penser tant de bien de lui; mais devait-il s'exprimer avec une telle....

bonne part de ses succès de théâtre au jeu brillant de Mondory : « Mais du moins la scène est là : le geste, la diction nous viennent en aide, et Roscius (Mondory) peut compléter l'œuvre imparfaite. 11 relève au besoin ce qui languit; toute sa personne contribue au succès, et de là peut-être le feu de mes vers, de là leur grâce. »

« Sed tamen hic scena est, et gestu et voce juvaraur,

Forsitan et mancura Roscius implet opu». Tollit si qua jacent, et toto corpore prodest,

Forsan et inde ignis versibus, inde lepos. »

{Corneille, éd. Marty-Laveaux, X, 68).

(i) Corneille, (éd. Marty-Laveaux, X, p. 64 et suiv.). * (2) lbid. (X., 71).

franchise N devaft-il pas laisser ce soin h quelque ami qui lui eut décerné lesmémes louanges dans une pièce

liminaire, du genre «.le celles Joui les Scudéry,lesMairet, . H\er, les Boisrobert, les Claverct ci . plus ou moins illustres, avaient fan procéder sa comédie de la Veuve? Corneille, tout le premier, s'aperçut, mais un peu tard pour reculer, qu'il s'était louv p de complaisance :

« Mon esprit ;'égarcen sa propre louange, ■ dit-il

au P. André: je vous devais des excuses, et voila que je me « vante moy mesme. > « Revenons aux chansons que l'amitié demande

durs que Corneille nous tait ses confidences et

nous dit que c'est l'amour qui l'a rendu poète :

« I ne Philis et la secrète estime

. :n esprit faisoit de nostre rime Me ht devenir poète aussi tost qu'amoureux; Elle eut mes premiers vers, elle eut mes derniers '

BO que maintenant cette belle inhumaine Traite mon souvenir avec un peu de haine, toujours en estât île l'aimer,

(i) L'auteur du D i Clii finement, |

excuser Corneille

• . i r poétique et la ( omraodité

.■m propi »urpr< '.n esenvant et nous jette hors de* borni

la modestie. - •

Je me sens tout émeu quand je l'entends nommer, Et par le doux cllet d'une prompte tendresse Mon cœur sans mon adveu recognoist sa maistresse ; Après beaucoup de vœux et de submissions, Un malheur rompt le cours de nos affections; Mais toute mon amour en elle est consommée, Je ne voy rien d'aimable après l'avoir aime'e; Aussi n'aymay-je plus, et nul objet vainqueur N'a possédé depuis, ma veine ny mon cœur. »

Ces vers sont charmants ; mais on peut se demander à quel propos Corneille fait ces confidences amoureuses au jeune feuillant, le P. André de Saint-Denis? Corneille, hàtons-nous de le dire, ne s'éloigne pas, autant qu'on pourrait le croire, de son sujet. « Vous m'avez réclamé, dit-il au P. André, quelques couplets de chanson. C'est chose impossible. Philis, que j'ai adorée, avait une « voix ravissante. » S'il est une personne au monde pour qui j'aurais dû composer des chansons, c'est elle. Eh bien ! mon amour, « le père de mes vers, n'a jamais pu tirer, en sa faveur, deux rimes » (de chanson).

« Tant mon esprit alors contre moy révolté En haine des chansons sembloit m'avoir quitté, Tant ma veine se trouve aux airs mal assortie, Tant avec la musique elle a d'antipathie » (i).

(i) Corneille se calomnie; n'a-t-il pas composé la Mascarade des

Enfants gâtés; les chansons : Toi qui près d'un beau visage ; Si je

La conclusion, bien naturelle de VExcyse à Ariste le-ci : i L'Amitié, ne pouvant exiger plus que

• • iste, laisser ma musc.

m me, V Excuse à Ariste est une pièce plus badine que sérieuse. Le tort de Corneille, si tort il y a, tut de la publier immédiatement après le succès éclatant du Cid.

nt prétendu que VExcw ht depuis trois ans au moins (i) :

On m'a dit que pour la V Excuse à Ariste bien deftendre, il assure qu'elle estoii faite il y a desjà plus de

— C'est] :*esl même très probable;

mais il est certain que ['Excuse à Ariste ne fut publiée

Cid. On lit, en effet, dans V E pi stre familière

du sieur Mayret « C t lettre doit

estre appelée vnstre pierre d-adiopemcnt, puisque San*

Marty

à I'jku du i M

elle ny la Satyre de l'Espagnol (i), ny la Censure de r Observateur (2) n'eussent jamais esté conçeûes. » On lit également, dans le Jugement du Cid composé par un bourgeois de Faris, etc. (3) : Il faut aussi que nous nous confessions que cet Autheur qui ne s'attendoit pas à un si grand applaudissement, n'a peu supporter cette haute fortune; et se sentant eslevé de terre (4), et emporté sans aisles par ce vent populaire, n'a plus sceu ce qu'il devenoit, et est tombé lourdement quand il s'est voulu fier sur ses forces, en se louant luv mesme par une misérable Lettre à Ariste, où il s'est estendu en des vanitez insupportables. »

Si les rivaux de Corneille, ses amis d'autrefois (5), devenus ses ennemis après le succès du Cid, n'avaient pas été aveuglés par une haine féroce, et surtout par la plus basse jalousie, ils auraient laissé passer, sans en prendre autrement souci, cette pièce qui, je le répète, était plus badine que sérieuse; mais sûrs de plaire à

1 De Mairet.

(2) De Scudéry.

(4) Allusion aux mots de Y Excuse à Ariste :

« Quittant souvent la terre »

« Puis d'un vtjj eslevé se cachant dans les cieux. »

(5) Voir les compliments qu'ils lui adressaient après le succès de La Veuve.

Richelieu, qui n'avait pu pardonner à son ancien colla-

rneille, Je manquer d'esprit de Suite, tr.i-

dui>. ntents de saisii n qui

Ittaquer le triomphateur du Cid, ils ne

Qt, dan- t à Ariste, que U [] moitié

asemeni, moitié en M jouant. Corneille parle un peu

isement de lui-même.

Maire:, l'heureux auteur de Sophotlisbe, Mairet qui,

de La V vait ainsi acclamé son ami

Corneille :

Kirc c notre France,

le premier d.s beaux esp

rits prit Je I'' :,ct,

Matretj a la date où parut à Paris V Excuse .? Ariste,

'■'. te leur, le comte de Belin. Ne

voul : une mauvaise foi insigne, voir dans cette

mt traits de vanité i termines par celui-ci, qu'il ne pouvait digérer :

il toute nu rcnomni.

il fil imprimerait Mans, ou à la Flèche i , et envo

l'exemplaire i it-êtrc, de

Paris, pour la faire distribuer par les soins de son ami Claveret (i), les six stances que l'auteur espagnol du Cid, Guilhen de Castro (2) est censé adresser à son traducteur, ou plutôt à son plagiaire, Corneille.

La guerre était déclarée, et elle allait se continuer sans trêve, sans pitié. Les injures abondaient dès le premier pamphlet. Yanteur, insolent, froid esprit qui se paist de fumée, impudent, orgueilleux, imposteur, ignorant, corneille déplumée, telles étaient les aménités que l'auteur de Sophonisbe lançait, comme des pavés, à la tête de l'auteur du Cid.

Ce factum misérable, dont voici le titre exact : « Vautheur du vray Cid espagnol, à son traducteur francois, sur une Lettre en vers qu'il a J'ai et imprimer, (Fxcuse à Ariste), ou après cens traits de vanité, il dit en parlant de soy-mesme : « Je ne doy qu'à moy seul toute ma Renommée, » ce factum était signé : don

(1) Claveret, lui aussi, avait adressé à Corneille un madrigal louangeur, imprimé en tête de La Veuve. (Corneille, éd. Marty- Laveîux, I, 385).

(>) Chose curieuse, c'est Corneille lui-même qui apprit à ses ennemis le nom de l'auteur espagnol à qui il avait emprunté le sujet de sa pièce. « Vous avez déclamé contre moy, pour avoir teuie nom de l'autheur espagnol, bien que vous ne l'ayez appris que de moy, et que vous sçachiez fort bien que je ne l'ay celé à personne, et que mesme j'en ay porté l'original en sa langue à Monsieur le Cardinal, vostre maistre et le mien. » (Lettre apol., p. 8).

i ■ \ \ cille ne sfy trompa pas i :

il reconnut la plume de Mairet. aussi, inspire par la

^ eu» mieux tait, sans Joute, de mépi

plates injures . répondit-il à Mairet par un rondeau OÙ

l'on r dit un critique 2 , qui emboîte le pas au

pudibond Voltaire, de trouver 1 un terme digne de

Villon ou de Régnier, dont la Muse impudique ne savait

rougir. 1 M. Lormicr, dans son Introduction de la

bien plaidé pour Corneille les

nces atténuantes, que je ne saurais mieux faire

que de le citer ici I ':: a totljours cru que Corneille,

en écrivant le mot que nous laissons inachevé bo. . .

mais que les premières lettres et la rime indiquent

ilemeni obéi à un élan de colère irréfléchi ; bien au contraire, ce mot, moins malsonnant en son temps 1 notre, et que Boileau employait encore dans la première édition de son Art poétiqw lit été exprès

pi ; intention. ( >n | mner qui

commen: 1 lieu de le lui reprocher, ne baient pas

en taisant comprendre l'allusion eer-

• ■ • il p.is Je vous cognoUtrc »

neul au bt

tairie qu'il contenait. En 1626, Mairet, empruntant à la littérature espagnole un de ses sujets, les moins propres à la dignité de la scène française, avait écrit une comédie : Les Galanteries du duc d'Ossone, d'une licence inaccoutumée ; tous les personnages montraient une immoralité révoltante, les hommes faisaient assaut de libertinage et les femmes de la plus rare effronterie. Si cette pièce avait été quelquefois jouée, au moins elle était restée inédite jusqu'en 1 636. Or, Mairet venait, imprudemment, d'en renouveler le souvenir, on pourrait dire le scandale, en la faisant imprimer et mettre en vente chez le libraire Pierre Rocolct. A Corneille qu'une ligue jalouse semblait vouloir accabler sous les injustes reproches de plagiat, d'immoralité, l'occasion ne se présentait-elle pas favorable pour rappeler au public ce que valaient quelquefois ses accusa'eurs, en nommant, si honteux fût-il, l'endroit où tel de ces poètes paraissait avoir copié ses tvpes et trouvé son inspiration ? »

On ne saurait mieux dire; et si Ton admet la juste indignation de Corneille, on ne doit pas lui imputer à crime le « gros mot » qui est, ce nous semble, la raison d'être du Rondeau à Mairet.

Corneille, son rondeau une fois écrit, éprouva-t-il quelque hésitation à le faire imprimer et circuler dans Paris? Si l'on en croit Claveret (1), Corneille demanda

(1) Lettre du sT Claveret au s' Corneille, sov-disant autheur du « Cid », p. ô.

avocat d'Orléans, devenu à Paria maui Hc dramatique. C'est p ssible. Corneille

re que c'était Claveret qui s'éta i distribuer à profusion le pamphlet envoyé du Mans par Mairet [le vra tpagnol)', il pouvait

c que Claveret était toujours son ami. Claveret ne lui avait-il pa é une épigramme aimable et un

madrigal louangeur i }, pour mettre en tête de sa comédie Je la La ■ admettons donc que Corneille consulta

Claveret sur la question de savoir s'il devait taire imprimer ou nom FOn Rondeau. < Ne T'imprimez pas, aurait •

eret : les honnestes Femmes ne seau roienl le lire sans honte, i Mais si Corneille éprouva un instant d'hésitation, il dut bien vite prendre son parti, quand il apprit, de façon certaine, que <Ja\ était l'âme damnée de Mairet, et qu'il s'était fait un

malin plaisir de colporter a Paris. Je maison en

le V\ ay Cid espagnol.

« La Renommée est si r.ivic

« Ta Veuve par sa douceur <xtr

:» l'art de charmer, etc. ■

' >■■ .' ! re sur l'exemplaire de la Bibliothèque de I :nc de letlr de la RMJn de

Le rondeau parut donc, où Corneille, après avoir traité Mairet, âgé d'un an de plus que lui ii), de « jeune jouvencel, » après l'avoir accusé « d'entasser injure sur injure » ; — de « rimer avec rage une lourde imposture » ; — « de se cacher ainsi qu'un criminel » ajoutait : « Chacun connaît son jaloux naturel; on le montre comme tin fou solennel »; et Paris entier l'envoie au diable et sa Muse où Ton sait. »

En vrais combattants d'Homère, l'auteur de Sophonisbe et l'auteur du Cid s'étaient, tout d'abord, mutuellement lancé à la tête des bordées d'injures. La lutte allait continuer, impitoyable.

Claveret lui-même : « MT de la Guenstiere (ou Quenstiere), au Dauphin, place Dauphine. »

Claveret, dans sa Lettre au sr Corneille soy disant autheur du Cid, finit par avouer qu'il a colporté le pamphlet de Mairet : « J'ay descouvert, dit-il p. 5), qu'on vous avoit fait croire que j'avois contribué quelque chose à la distribution des premiers vers qui vous furent adressez sous le nom du Vray Cid espagnol, et qu'y voyant vostre vaine gloire si judicieusement combattue, vous n'auriez pu vous empescher de pester contre moy, parce que vous ne sçaviez à qui vous en prendre. Je ne crois pas estre criminel de leze amitié, pour en avoir receu quelques copies, comme les autres, et leur avoir donné la louange qu'ds méritent... »

(i) Mairet est né à Besançon en 1604.

Les Observations sur le Cid (par Scudéry), et la Deffense du Cid. — Quel est l'auteur de la Deffense du Cid? N'est-ce pas Faret, l'auteur de Y Honnête homme?

Richelieu aurait pu, aurait dû s'interposer entre les deux lutteurs, et leur dire : « Allez chacun de votre côté ; vous êtes quittes. » Mais il faut croire que cette bataille l'amusait, lui qui faisait jouer, par ses laquais et ses marmitons, une parodie du Cid, où Ton entendait, entre autres fines plaisanteries, celle-ci, qui sera répétée tant qu'il y aura des farceurs d'estaminet : « Rodrigue as-tu du cœur ? — Je nai que du carreau. ( i ) »

Donc, loin de vouloir faire cesser cette a guerre de plume » , Richelieu dut être heureux, quand il vit Scudérv. Scudéry le capitaine Fracasse, Scudéry le Matamore (3 1, descendre dans l'arène, non pas certes pour

(i) Tallemant, Hist.. II, 3g5.

(2) Expression de Scudéry (Obs., p. 95).

(3) Chose curieuse, Scudéry, dans ses Observations, donne ces epithètes aux héros de Corneille. — Il avait pourtant dit, au début de son pamphlet : « Connois toy toy-mesme » (p. 4).

apporter l'olivier mais pour irriter davantage les

Jeux adi (

:i effet, avec sou outrecuidance accoutumée,

alla:: nnant à l'un, pour l'exciter, l'appui d<

lourde et pJ Lie érudition, insulter et énerver

l'autre par ses critiques aussi stupides que malveillantes.

Scudél — «.le même que Mairet. — avait beau se

|Uer et publier son pamphlet anonyme; il était trop

naître. Il n'v avait pas, en effet, à cette date,

Jeux auteurs en France pour écrire une phrase comme J'attaque le Cid et non . autheur; j'en

veux a son ouvrage, et non point à sa personne; ei Comme COmbatS et la civilité ne sont mpatihles. je

veux baiser le fleuret dont je prétends lui porter une botte franche.. N n, il n'v avait qu'un seul homme

pour rappeler ainsi à ses lecteurs qu'il était en même

temps i | guerrier, i ± c'était Scudéry : Incessu

pat ni: .

- idéry l'honneur d'analyser, ni surtout de discuter m 0 rvations .sur le Cid (3).

(i) ' .' ns, p. 5.

urpuni,i'e*i Gui pourtraire »

ave«: se :

i t y ' t c: guerrier il aura du lam

..mrnent dan» le* anciennes édition! Ile.

Disons seulement que Fauteur de Y Amant libéral fait à Corneille les reproches suivants : « Je prétends, dit-il, (i) prouver contre cette pièce du Cid :

« Que le sujet n'en vaut rien du tout,

« Qu'il choque les principales règles du poème dramatique,

« Qu'il manque de jugement en sa conduite,

« Qu'il a beaucoup de meschans vers,

« Que presque tout ce qu'il adebeautez sontderrobées. »

Et la conclusion, bien digne des prémisses, est celleci : « L'estime qu'on en a fait est injuste. »

Il se trouva bien vite un ami de Corneille pour répondre au pamphlet de Scudéry, par une Deflense du Cid, que ni iM. Taschereau ni M. Marty-Laveaux (2) n'ont connue, bien qu'elle eût été signalée par les frères Parfaict (3) et par Niceron (4), et qui, après avoir été retrouvée par M. Emile Picot à la Bibliothèque Sainte- Geneviève, a été réimprimée pour la Société des Bibliophiles Normands en 1879, par les soins de M. Lormier.

Quel est l'auteur de cette Deffense du Cid?... M. E.

(2) Corneille, t. III, p. 25.

(3) Hist. du Th. fr., t. V, p. 256.

(4) Mém. pour servir à l'Hist. des Hommes ill., XX, p. 88 et suiv.

I e titre perte un fleuron qui nous

parait être celui de I. Maurry, de Rouen Ce détail a son

importance, parée qu'il prouverait que la Deffense du Cid

il été écrite, sinon par Corneille lui-même, du moins

piration, par un de ses compatriotes

\ cela, M. Lormier, qui connaît mieux que personne

meiennes impressions rouennaises, répond : (2)

« Elle (Pi m pression ai D ffense ne paraît pas être de

cette dernière ville Rouen ; ni chez Laurens Matirrv, ni

aucun autre libraire ou éditeur rouennais, je n'ai

ornements typographiques fleuron du

titre, tête de page, lettres majuscules . alors d'un emploi

banal. On les voit, au contraire, souvent ensemble

dans les volumes in-40, publies .1 Paris chez. Toussaint Qui net; en particulier ils se rencontrent tous dans son

éditi 1 unes du sieur de Saint-Arnaud , donnée

en :

Vie de Rotrou mieux connue, M. Henri

Chardon, qui a fait de si heureuses trouvailles dont noua

. ,rd , sur Corneille, regrette qu'on ne

<r qui vi / tg( meut du Cid composé par un

Bourgeois de Paris, marguillier de sa paroisse, lorsqu'il parle du m qui .1 pris la cuise de Corneille,

et semble avoir eu plus de soin de défendre son affiche de la morale de la Cour et de paroistre grand logicien, que de rien faire à l'avantage de l'auteur du Cid. (i) »

Encore une fois, quel est Fauteur de la Deffense du Cid; quel est le pédant (?) quia pris la cause de l'auteur du Cid et qui semble a avoir eu plus de soin de défendre son affiche de la Morale de la Cour (2), et de parestre grand logicien que de rien faire àl'advantage de Corneille? » — En cherchant bien, il me semble qu'on peut arriver, sans trop de peine, à découvrir l'auteur de la Deffense du Cid. En effet, à la page i5 de ce pamphlet (3), nous lisons ceci, en réponse aux reproches de Scudéry, qui avait blâmé Corneille d'avoir voulu « adapter », comme disent nos voisins d'Outre- Manche, à la scène française, une pièce espagnole des plus médiocres (selon lui) :

« Nostre traducteur (Corneille) en a usé de la sorte

pour s'accomoder au temps, et pour faire des ouvrages à la mode où l'on produit ce qui plaist, et non pas ce qui est le mieux. Nos tailleurs et nos cordonniers habillent et chaussent d'une façon et répugnante à la raison, et incommode mesme au corps ; mais ils ont leur excuse

(1) La vie de Rotrou mieux connue, p. 246 (Paris. Picard, 1884, in-80).

(ï) C'est moi qui souligne ce sous titre.

(3) Voir la réimpression île la Société des Bibliophiles Normands (C. Lormier).

■•. le courant de la motte qui les obi .

s mesme, par les places publiques, deux affiches qui publient VHonneste Homme

luy qui donne le liltre à ience de la Morale de la Cour sçait bien que les is de la morale ne changent pas de nature en la irtisans, ouy bien de la matière externe ou elles sont appliquées, mais il cognoist la vanité commune qui pousse chacun à vouloir estre courtisan, il les attire par l'amorce de ce titre à venir prendre ses înstrucqui seront les mesmes qu'il donnerait, sil eut mis en teste Je son affiche : VHomme de Bien "it la Morale Hommes vertueux.

Il le que l'auteur île la Qeffemse du

et l'auteur de VHonneste homme, ouvrage dont .m

pli que le véritable sens avec tant de complaisance,

ne font qu'un. Or, ne doit-on pas attribuer à lai et la

'', puisque l'aret est l'auteur bien connu

de VHonneste homme ou l art de plaire a la Cour? —

s-e attention aux date La Deffense du (..

homme, ete . est d I

l'ell Relation contenant l'Histoire de

nous dira, en parlant de Imm ; i ; incipalotl I VHonneste homme, qu'il in

environ l'an 1 63 3 . » — N'oublions pas que Faret était l'intime ami de Saint- Amand, et puisque M. Lormier nous dit que le fleuron, la tête de page et les lettres majuscules de la Deffense du Cid sont identiques aux fleurons, têtes de pages et lettres majuscules des Œuvres de Saint-Amant, publiées chez Toussaint Quinet (r), il me semble qu'on peut, avec assez de vraisemblance, pour ne pas dire de certitude, regarder Faret, l'ami de Saint-Amant, comme l'auteur de la Deffense du Cid.

Cette Deffense, hàtons-nous de le dire, n'ajoutera rien à la « gloire » de Faret. L'auteur de ce factum quel qu'il soit , remarque avec justesse que celui qui a écrit les Observations sur le Cid est mû par l'envie « qui est la plus basse des passions de l'àme »; ses réponses aux critiques de Scudéry sont sensées; mais, en somme, on peut dire que l'auteur du Cid pouvait être plus habilement détendu.

Faret, — si c'est lui l'auteur de la Deffense du Cid (et pourquoi non ? n'est pas très fort sur l'histoire littéraire de l'Espagne. D'après lui, Guilhen de Castro pourrit dans son tombeau depuis « six siècles » (2) ; mais comme il se rattrape, lorsqu'il parle des beautés du Cid, et surtout lorsqu'il défend le rôle de l'Infante, si violemment

(1) D'ailleurs Corneille {Lettre apologitique, p. 3), nous dit qu'il a reçu cette pièce « de Paris. »

Scudéry : Le Censeur reprend mal à pi

pièce quelque scène, ou il fait ; une Infante qui est touchée de mesme

Chimène, puisqu'elle n'entre pas dans la

ndelati die, et n'est pas une des parties

qui • rida qu'il se mesprend, et qu'il

ire que tout ce qui embellit et donne

artie de la chose belle : les mouch

d'une femme n'en font pas ny nv les parties; mais on ne laisse pus de les y

puisqu'elles servent à relever h

heur pur leur opposition, et Tintante introduite ne

peut tre inutile au dessein du Cid, bien qu'elle ne

i. puisqu'elle sert à relever les n te dont elle avait esté esprise, toute

Infante qu'elle estoit, et par là mesme à excuser ; • affermie à une passion Otl elle avoit

veu une Reine assujétie.

|ui ne re lit celui dont

Pellisson a Ji- : On voit par la lecture de ses i

qu'il avoit l'esprit lien fait, beaucoup de pureté et de

té dans le sti! up de génie pour la langue et

Pour conclure, je dirai : Celui qui a écrit ces lignes agréables sur « les mouches et les assassins », n'est-il pas le même que l'auteur des paragraphes : « Combien les femmes sont nécessaires dans les Cours, et des soins qu'il faut rendre aux femmes », du dernier chapitre de YHonneste homme? (i) « Sans elles les plus belles Cours du monde demeureroient tristes et languissantes, sans ornement, sans splendeur, sans joye et sans aucune sorte de galanterie. Et faut advoûer que c'est leur seule présence qui resveille les esprits, et picque la générosité de tous ceux qui en ont quelques sentimens. Cela estant véritable, comme certainement il est, quels hommes pourroient refuser des respects et des honneurs à celles qui leur donnent de la gloire, ou du moins qui leur inspirent le désir d'en acquérir ? Or, ces respects consistent en une certaine expression d'humilité et de révérence par gestes, ou par paroles, qui témoignent une extraordinaire estime que nous faisons des personnes envers qui nous en usons. Ils expriment encore par les actions, et il y a mille petits soins et mille petits services à rendre aux femmes, qui estans rendus à temps et souvent réitérez, font à la fin sur leurs esprits de plus fortes impressions que les plus importans mesmes, dont les occasions ne s'offrent que rarement... »

(i) Ed. de 1681, p. 174.

Jusqu'à preuve du contraire, nous attribuerons donc au

estimable i auteur «.le VHonneste homme, & Faret,

le pamphlet, en faveui ueille, intitulé la Deffense

du <

: mal le bien que son uni Saint-Arnaud itl Y ■• honnête nomme en le faisant trop richement riroei

Le rôle du comte de Belin, dans la Querelle du Cid.

Nous lisons dans la Relation contenant l'histoire de l'Académie française [i], par Pellisson : « Monsieur

Corneille a toujours crû que le Cardinal et une autre

personne de grande qualité avoient suscité cette persécution contre le Cid, témoin ces paroles qu'il écrivit a un de ses amis et des miens, lorsqu ayant publié 1 Horace, il courut un bruit qu'on feroit encore des Observations et un nouveau Jugement sur cette pièce : « Horace, dit-il, fut condamné par les Duumvirs, mais il fut absous par le peuple. » Corneille n'était pas le seul à croire qu outre Richelieu, dont la mauvaise volonté à l'égard de Corneille était évidente (2), une autre personne de grande qualité voyait avec plaisir les rivaux de Corneille attaquer 1 heureux auteur du Cid. Scudérv, furieux de voir qu on eût osé répondre à ses Observations qui lui semblaient irréfutables, non seulement clabaudait partout que la

(1) Ed. de 1672, p. i38.

(2) Pellisson, op. Cit., p. u8et 119-

était Pauvre de Corneille lui-même,

il harcelait le poète de ses lettres impertinentes \ k rres me viennent quereller jusques dans mon cabil Corneille n'a pas conservé les lettres

Scudéry, mais nous en devinons le contenu par quelques l ttre apoiogiiiquê que rameur

du C id crut devoir écrire en réponse a Scudéry. D'abord

Scudéry reprochait à Corneille quelle Budl voir

meille répondait :

n'av point fait la pièce qui vous pique 2 ; je Tav receue de Paris avec une lettre qui m'a appris le nom de son autheur. Il l'adresse à un de nos .unis qui vous en

a donner plus de lumière ; — En outre, Scudéry menaçait Corneille des ressentiments 1 d'une personne de haute condition | . A ' neille ripostait : Bien |ue je n'aye guère de jugement, si l'on s'en rapj us, je n'en ay pas si peu qilc d'offencer une

une de si haute condition, dont je n'ai pas l'honncu: eu. et de craindre moins - n t i -

ments que 1 . •

clic est cette personne de haute condition dont I

; [4 Un .-.y

ncille pouvait et devait craindre les ressentiments ? « Cette personne est inconnue », dit M. Marty-Laveaux i . Je croirais volontiers, avec M. Henri Chardon (2), qu'il s'agit ici du comte de Belin. Le comte de Belin, en effet, était une sorte de « Mécène manceau », qui fut le protecteur de Scarron, de Rotrou, et particulièrement de Mairet. Mairet passa six années de sa vie auprès du comte de Belin ; c'est chez lui, soit au Mans, soit au château d'Averton, que Mairet, qui « était à son commandement » 3 . composa les Galanteries du duc d'Ossonne, la Virginie, la Sophonisbe, la Cléopdtre ou Marc- Antoine, le Soliman. Y Illustre Corsaire, le Rolland furieux, et enfin YAthénaïs et la Sidonie. Dans la dédicace des Galanteries du duc d'Ossonne, datée du 4 janvier t 636, voici ce qu'il dit de son protecteur : « Dieu m'a fait la grâce de trouver un amy particulier tel que je pouvais le souhaiter, en la personne du comte de Belin... qui, tout grand seigneur qu'il est, et d'une condition à me pouvoir commander en maître, adjoute néanmoins aux biens qu'il me fait, celuy de la liberté qu'il m'a laissée. C'est dans sa maison qu'on prendrait pour la véritable académie des beaux esprits, n'estoit que l'on y fait trop

(1) Corneille, t. III, p. 24, t. X, p. 399.

(2) La vie de Rotrou mieux connue, p. 109.

(3) Tallcmant du Réaux, VII, 172.

boni mène une vie «.loin le repos n'est

troublé que par le souvenir d'une maîtresse. Depuis . m >us les ombrages de Chantilly, jg -le mes derniers ouvrages au ^mi qu il a pris de me solliciter de les faire ■ i .

nme le fait justement remarquer M. II. Chardon - Mairet, hôteet protégé de M. de Belin,%yanl figuré au premier rang des adversaires de Corneille dans la « Querelle du Cid i . et ayant écrit dans le Maine plusieurs de ses factums contre le jeune 3 rival qui venait d'écli] vieille renommée, il est difficile d'admettre

que le nom du comte de Bel in ne se ti I pas dans la célèbre polémique. > Ht M. H. Chardon, qui l'a noté le premier, ajoute : i On rencontre en effet le nom de cet illus're personnage dans les écrits des deux adversaires, i Dans son Apologie } . Mairet ou celui qui parle pour lui rappelle les bienfaits dont |\i Comblé Émînencc Richelieu et la protection présente d'un eux amv, que tout le monde Connaît assez, i De s. m

H. Chardon, op. cit., y . \

J et 108.

• cre qu'un .in Je plus que Corneille ; m. us il :ébuté très jeune au théâtre, et Corneille pouvait le comme un - ancien », bien que dans son l.irneux Rondeau il l'ail appelé* " jeune jouverK

et.

côté, Corneille !ou du moins l'ami qui a écrit pour lui la Lettre du des-intéressé au sieur Mairet , ne se généra pas pour reprocher à son adversaire les bienfaits dont Ta comblé et la protection constante dont Ta honoré le comte de Belin : « S'il est du Parnasse comme du Paradis, où Ton ne peut avoir d'entrée avec des biens mal acquis, tombez d'accord avec tout le monde que vous en estes exclus, si vous ne restituez pas la plus grande partie de vostre réputation à un maistre qui par excez de bonté ne s'est pas contenté de vous recevoir chez luy généreusement au fort de vos misères, mais qui par son approbation et par l'honneur qu'il vous a fait en vous regardant d'assez bon œil, a obligé tous ses amis à dire du bien de vos ouvrages. C'est de luy seul que vous tenez le peu d'estime que vous possédez, non du mérite de vos œuvres, etc. » (i ).

Il ne serait donc nullement surprenant que Mairet, l'insulteur de Corneille, insulté à son tour par l'auteur du Cid ou par ses amis, n'eût intéressé à sa cause, si mauvaise fût-elle, le grand seigneur dont il était le commensal et le protégé; et que le comte de Belin, dans un

(i) Lettre du dés-intéressé, p. 6. — Il est à noter qu'à la fin de la « Querelle du Cid » le nom du comte de Belin figure encore dans la lettre que Boisrobert, par ordre de Richelieu, envoya à Mairet (5 octobre 1637): « ... Conservez-moi quelque place dans le souvenir de M. de Belin, etc.. »

tent de mauvaise humeur contre Je détracteur de son n'ait m*. ressentiment

— Aussi noua conclurons, en admettant que Corneille, qui ^ ii toute l'estime, toute l'amitié que le comte

rtin pr>':. ur Mairet, et dont celui-ci se van-

publiquement 2 . a pu, non sans apparence de |u 'outre le Cardinal de Richelieu une autre . ande qualité a\ait .suscité la pc

iir si \'<<n peut attribuer au comte de Bel in, comme essaie de le faire M. H. Chardon assez timidement du resi e Dist urs ./ Cliton $ur les Observations du Cid avec un traicté de la Disposition du ne dramatique, et de Li prétendue Règle des vingtquatre heu < M. Chardon commence par dire } Je ne pense

(1) i icnl le protecteur .1

' lerelle du Cid . I< tu au « M< ccau -

I prit 1 ■ . ■

chan 'ri l.i tient) I .1 lui

par I

pas, pour ma part, que M. de Belin soit l'auteur de cette pièce... » Toutefois, il ajoute: « Mais ce n'est qu'après une sérieuse enquête qu'on sera en droit de l'attribuer à d'autres qu'à lui. » — Je regrette d'être, sur ce point, en complet désaccord avec le savant auteur de la Troupe du Roman comique dévoilée, de la Vie de Rotrou mieuxconnue et de tant d'autres publications si intéressantes pour notre histoire littéraire. Il me semble absolument impossible d'attribuer au comte de Belin le Discours à Cliton. Par exemple, l'auteur nous dira « qu'il fait quelquefois des vers et qu'il favorise ceux qui s'en meslent » (i). Le comte de Belin favorisait les poètes, cela n'est pas douteux ; mais a-t-il fait lui-même des vers ? « Il prit plaisir, dit Mairet, à caresser les Muses en ma personne; » Tallemant, lui aussi, nous dira que le comte de Belin faisait faire des vers à ses poètes, et surtout à son poète attitré, Mairet; mais il ne nous dit pas que le noble seigneur en fit lui-même. « Le comte de Belin, qui avait Mairet à son commandement, faisait faire des pièces à la condition que l'actrice, la Lenoir, eût le principal personnage, car il en était amoureux, et la troupe s'en trouvait bien » (2). Scarron, qui dans son Roman comique

(1) Discours à Cliton, p. 10.

(2) Tallemant, VII, 172. — 11 s'agit ici de la troupe de Monc'ory. 11 est à remarquer que la Lenoir et son mari avaient quitté la troupe Je Mondory en 16^4 (H. Chardon, op. cit., p. io3).

peint le cornu* de I traita du marquis dV

dira bien qu'il attirail dans son château ■ quelques beaui

iris, entre lesquels il se irou voit des poètes du

mier ordre; i il parlera de son amour passionné

pour la comédie et pour tous «.eux et celles surtout] qui

■ ; mais il ne fera pas la moindre allu-

ses talents poétiques 2 . De même la Pinelière,

dans sou Parnasse <>u le critique des Poètes ■ I e

comte de Bel in attire chez lui les plus beaux esprits

fait une petite cour de poètes — Mécène des poêles,

mais poète, non pas. Du reste. M. Chardon luimême, dans les deu iliels chapitres 3 qu'il a i »lin, ne dit rien qui puisse taire 5UDr qu'il i tit quelquefois des vers >, Comme l'allumera

lui-même l'auteur du Discours ./ Cliton. D'aillé 1rs, est-ce bien le comte de Bel in qui sérail allé

une lois au parterre voir jouer le CiA? \ Le comie de Belin au parterre, au milieu des clercs pavant leur place quinze sous!... — Ksl-ce le Comte de Belin — lequel ne

h! pas Corneille, et n'est pas connu de lui 5 —

qui craindra de s.- mettre mal avec l'un ou l'autre de

y leuxième partie, ch. XVII,

H. Chardon, <•■/• eit . p.

Ch. 'A et v.

nos Autheurs qui sont en querelle, et peut-estreavec tous ks deux ensemble ? i] — Est-ce le noble comte de Belin qui, dans une comparaison, parlera «d'un vin bourru que nous irions boire à renseigne de la Renommée, ou de quelque autre breuvage épais qu'on débite en plaine rué avec la lie? » [i\ — Enfin, est-ce le comte de Belin qui aurait attendu la « Querelle du Cid » pour faire imprimer un Traité de la Disposition du poème dramatique, composé depuis cinq ou six ans, et qui, ne trouvant pas d'acheteurs, aurait, pour mieux amorcer le public, changé le titre de son factum en cet autre : « Examen de ce qui s'est fait puur et contre le Cid avec un Traité, etc., etc. ?

Que le comte de Belin se soit déclaré assez ouvertement contre Corneille, dans la « Querelle du Cid », rien n'est plus vraisemblable, car « il se trouvait, par ses accointances avec Scudéry et Mairet, présent à ses côtés, dans un milieu anti-Cornélien » 3; ; mais qu'il ait com-

(i) Disc, à Cliton, p. 4.

(2) Disc, p. 7 et 8. Voir encore p. 96 : il est question du vin qu'on boit au cabaret des Trois-Maillets.

(3) H. Chardon, op. cit., p. 118. M. de Belin faisait venir chez lui la troupe de Mondory, et M. Chardon remarque, avec beaucoup de justesse, que Mondory et sa troupe (protégés par le comte de Belin) pouvaient avoir à se plaindre de Corneille, qui, par avarice, avait fait imprimer le Cid contre la foi promise aux corné-

liton sur les Observations du Cid Examen d ce qui s'est fait p ntrelei

admettre un seul instant, lequi estcefactum That is the question. \ Dana

abstiens se îles nations i .

- •• Il n'est pas douteux, dit M. Chardon, que M. de Belii cneille à l'égard île la iroup

rotection. » {op. cit.. p. I I G).

i Voir : ■ ntr Alexandre Hardy, pp rxetxxi.

tucunc raison a Claveret p.ir les I < Sainte-Beuve, etc. Niceron l'attril

fin, M. I.isle 'Essai sur les tht drantatiqu teille, ..(p. Soi le donne i Durval, l'auteur de

Je l'anthee. Ce qui est certain, c'eat que l'auteur du :.rme quelque part qu'il a com| k veux, dit-il (p. »8), rendre raison Je ce que j'ay

• Il me suffit que les pièces que j'ai en petit nombre, parviennent es mains de ceux que

t que je chéris « M. Arnaud (Tin rtet dramatiques

au XVII' tiède, p. i5q) est du mén M. I.isle M. I

nprendre pourquoi Durval aurait gardé 1 nyme en publiant ce 1 pal

liaitlana la prél Pani

Imcs de cette demi ne permettent nui:

siippo*cT que l)urval ait publié un traite" méthodîq

Du « vrai » rôle Je Rotrou dans la « Querelle du Cid, » ■

M. H. Chardon, dans sa Vie de Rotrou mieux connue, ayant dit h là-dessus tout ce qu'il y avait à dire, je me contenterai de résumer ses excellents arguments.

D'après une légende « aussi tenace que si elle était gravée sur l'airain », Rotrou, au lieu de faire, lors de l'apparition du Cid, défection, comme tous les poètes qui avaient couvert de fleurs le jeune auteur de la Veuve, aurait soutenu son ami envers et contre tous ; et il aurait été le seul à le défendre.

Sur quoi cette légende est-elle fondée ? Sur rien.

Sans doute on doit tenir compte de la belle Elégie de Rotrou, qu'on peut lire en tète de la Veuve, de Corneille, et surtout des beaux vers qu'il fit débiter, en l'honneur de l'auteur de Cinna et de la Mort de Pompée, par l'acteur Saint-Genest.

Mais qui nous dit que Rotrou. — à la date du Cid, — n'ait pas fait comme les anciens amis de Corneille, et

(i) Op. cit., p. ng et suiv.

qu*il n'ait pas été choque comme eux par ses grands

castillans et par cette arrogante supériorité qu'il se donnait sur ses égaux d'hier, dans sou Excuse ii Aristi — N'oublions a plus que Rotrou était l'ami de

et qu'eu février i''>3-, il arrivait • quasi au moment psychologique de la querelle du Cid », dans le Maine, dans un milieu anti-Cornélien, auprès de M. de Belin, son protecteur, de Mairet. son aine, sou maître. j'allais dire son modèle. On estdoneplutôt tenté de croire que i subissant l'influence de son entourage et pour lui complaire, il a é'é entraîné à s'unir aux adversaires de neille. » «

Eh bien ! il ne tant attribuer à Rotrou « ni le rôle héroïque de la légende, ni celui d'humble complaisance ou de mesquine jalousie. > Quand on consulte les pièces du procès, on penche a conclure qu'il a « rempli simplement un rôle plus humain, repondant mieux à son caracennemi de la guerre et plein de sociabilité, celui

d'un conciliateur voulant mettre lin à cette regrettable

nique >■. — Il a voulu apporter aux deux lutteurs, i

neille et a Scudéiy, « un rameau d'olivier p mi

mettre bas les armes. Ce rameau d'olivier, c'est YIncognu

et véritable am\- de Messieurs Scudéry <■/ Corneille.

La pièce est sign^p h. R. Faut-il l'attribuer a Du

tt ou a RotrOU Le perc Niceron est le premier qui,

en i-3i i . l'ait attribuée à Rotrou. Cette attribution est acceptable. Seulement, ce qui est assez comique, c'est que, depuis cette date, certains critiques ont parlé de cette pièce sans l'avoir lue, et n'y ont vu (?) qu'un éloge de Corneille. D'autres, l'avant lue un peu légèrement, ne voient dans VIncognu que l'ami de Scudéry. — Ce qu'il y a de mieux à faire, c'est de lire avec attention ce pamphlet, qui est une réponse à La voix publique à M. de Scudéry sur les Observations du Cid.

M. H. Chardon, qui a étudié ligne par ligne VIncognu et véritable ami de Messieurs de Scudéry et Corneille, n'ose se prononcer bien nettement. Toutefois, après avoir mis les pièces du procès sous les yeux des lecteurs, et avoir dit : « Que chacun juge à son gré » il conclut ainsi : ce En étudiant la pièce de près, on voit qu'elle est faite par un lettré, familier avec le théâtre, avec le divin mestier de la poésie, par un ami des deux poètes, amené tout naturellement dès lors à chercher à les réconcilier, ce qui répond très bien au caractère de Rotrou. »

Nous adoptons complètement ces sages conclusions.

(i) Mém. pour servir à l'Jtist. des hommes illustres, XX, 90 et 96.

L'intervention de Faucon de Ris, sieur de Charleval dans la a Querelle du Cid >, - Corneille menace par Charleval et par Mairetde coups de bâton.

Cestà M H. Chardon que revient l'honneur de la

découverte de cet adversaire de Corneille, qui n'a jamais été nommé par ceux qui se sont occupés de la « Querelle

^ Après VExcuse à Ariste, après le Vray Cid espagnol, après le Rondeau, après la Lettre apologitique, parut un pamphlet intitulé : Lettre à ,\ (au P. André de Saint- Denis), sous le non d* Ariste.

Ce pamphlet dirigé contre le P. André de Saint-Denis, surtout contre Corneille, était d'une violence extrême. Je laisse de côté les attaques contre le Père André : ,e ^ndense en quelques lignes les injures à l'adresse de Corneille : « Autre Midas, au hazard d'avoir les mesmes oreilles ■ - insupportable vanité ; - imbécillité du personnage'; - sa place est à l'hôpital des fous incurables ; présomption qui dégénère en folie ; - le plus ingrat des hommes ; - ses autres pièces (à part le Cid et la

et

co

\/t\itv qu'il doit, l'un i Guilhem de Castro, l'autre I

. |ue peuvent passer pour farces

1 l pour terminer cette litanie d'injures, l'auteur île la

le >i"»i d'Ariste, disait de Corneille:

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