‹ La querelle du Cid (volume 2)Chapitre 3 sur 8 · I. humeur vile de cet autheur ci la bassesse de son «une · texte numérisé non relu

I. humeur vile de cet autheur ci la bassesse de son «une

difficile à cognoistre dans les sentimens qu'il

donne aux principaux personnages vie ses comédies: il

rend les uns fourbes, artificieux, et fait commettre aux

autres des lachetez dont luv-mesme, quelque profes-

publique qu'il tasse de poltronnerie, ne pourroii pas s'empescher de rougir si je les luy remettoia sous les yeux,

tes il est bien difficile qu'il peiist rendre ses acteurs plus vaillans, puisque luv-mesme n'a pas si tost la perion de prendre une espée 2] qu'il >e déclare par une lettre imprimée indigne de la porter, et qu'à peine a-t-il reçeu celles de noblesse qu'il faict une action assez infamante pour l'en dégrader. »

• I ;• avait être plus grossier.

neille et ses partisans se demandèrent quel pouvait bien être l'auteur de ce vilain pamphlet. Tout d'abord ils

l'attribuèrent à Mairet. l'n ami de Corneille lança B

l'adresse de Mairet. — une Response de .', à .', SOUS le

nom eTAri P I Saint-Denis), réponse assez faible,

(l) / i d'Arme, l luiv.

neille reçut S'js lettl

où Ton peut toutefois noter le trait suivant. A propos des Galanteries du duc d'Ossonne, on lit ceci: (i) « L'autheur a voulu par ce poème bannir les honnestes femmes de la comédie, qui n'ont pu jamais souffrir les paroles ny les actions de ses deux héroïnes. »

Dans cette, Response de *4 à /. sous le nom d'Ariste, les partisans de Corneille considéraient donc Mairet comme l'auteur de la Lettre à *„ sous le nom d'Ariste. Il ne tardèrent pas à découvrir le véritable auteur de ce pamphlet. Cest alors que parut la Lettre pour Monsieur de Corneille contre les mots de la Lettre sous le nom iTAriste : « Je fis donc résolution de guérir ces idolâtres » (2).

Cette fois Corneille, ou un de ses amis, répondit vertement à son nouvel adversaire :

« Vous changez à tous momens de party ;

« Vous avez eu au commencement du Cid les sentimens d'un homme raisonnable, et vous n'avez pu luy denier les louanges qu'il tirait sans violence de tous les honnestes gens ;

« Maintenant vous déferez au jugement de l'Observateur (3), à cause qu'il vous a tesmoigné approuver cinq

(1) P. 5. — Voir page 2 3.

(2) Ces mots se trouvent p. 4 de la Lettre à »*, sous le nom d'Ariste.

(3) Scude'ry.

ÙX mauvaises pièces rimées que vous dites avoir

« Jeune homme, asseure/ vostre jugement devant que

de I .1 la censure publique, etc., etc. :

« Celui que j'attaque est un peu plus fortuné de biens que Claveret, sommelier dans une médiocre maison ; mais il taut apporter de la foy quand il s'agit de son origine j'avme mieux paroistre obscur que médisant ;

« Vous estes de la maison de Scudery, vous assistez souvent aux Conférences qui s*v traitent ;

Vous, ave/, autrefois recherché L'amitié de Gorneillf L'auteur de la Lettre j .'. tous le nom (TAriste se sentit touché : il était démasqué.

VOUS ave/, jadis recherché l'amitié de Corneille; R [légal . vous ave/, i lâché i Corneille pour

: pourquoi cela r Parce que Scudérv avait

méchants v, VOUS êtes jeune ; Votre maison est A'u\1l- noblesse plus que douteuse.

M ce dernier trait qui blessa tout particulièrement l'auteur anonyme de 1 1 Lettre à .". sous lenom (TAriste,

\) rd, était-ce Corneille l'auteur de la Lettre pOUt

neille < ontre les moi ett et* .' < )ui ndaii Mairet, dans s >n Epistre familière .»/< sieur

de Corneille i Ut mois, etc., p. 3.

Corneille : Cet amv, dit-il, qui vous ressemble si fort» (ii. — Cette affirmation mérite d'être contrôlée; mais si rien ne prouve que Corneille l'ait écrite, rien ne prouve non plus qu'il ne l'ait pas inspirée.

Quoi qu'il en soit, Mairet se détend de toutes ses forces d'avoir écrit la Lettre à /, sous le nom d'Ariste, que Corneille, ou un de ses amis, lui attribue : « Comme c'est lasclieté de desavouer ce que nous avons fait, c'est malice d'avouer ce qui n'est pas de nostre façon... Je proteste hautement que je suis très humble serviteur d'Ariste... 2 , et vostre amv devoit se contenter d'égratigner mes ouvrages, sans essayer malicieusement de me brouiller avec des personnes dont la profession m'a toujours inspiré la révérence et le respect. » — Après s'être défendu, Mairet va attaquer. « Votre ami 3i, dit-il à Corneille, m'attribue les deux pamphlets : Lettre pour Monsieur de Corneille contre les mots, etc., et Response de /„ à t\ sous le nom d'Ariste. » Je comprends pourquoi il m'accuse d'être l'auteur de ces deux libelles, et surtout du premier ; « c'est pour se mettre à couvert de l'orage qu'il appréhende, car enfin celuy qu'il y désigne et qu'il offence est de telle qualité qu'il a des domestiques

(1) « Libelle de vostre style et peut-estre de vostre façon » avait déjà dit Mairet, p. 1.

(2) Le P. André de Saint-Denis.

(3) « Votre ami », traduisez: « Vous, Corneille ».

d'aussi bonne condition que vous, je ne veui pas duc meilleure, quoy qu'on m'en ayl asseuré : ei le rang qu'il i dans la Provinc* - demeurez est si haut que,

«i vous en éliez advisé, vous iriez luy demander pardon du zèle indiscret de vostreamy, qui vous peutestre injurieux. »

Il est facile Je voir que Corneille et Mairei connaissent l'un et l'autre l'auteur de la I.ctti t à .'. SOUS te i.<>»i tTAriste : c'est un gentilhomme normand de mince nobl Corneille ou son ami; de très bonne

famille, selon Mairet. Ht. ici, nous Voyons que Maiiet

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