rneille de se garder «.le la vengeance possible
ire titré, rneille semble avoir redouté cette vengeance, car. dans V Avertissement au Besançonnois Mairet, il ul, ou peut-être un de ses partisans répond pour \ us ne vous contentez pas de luy à Corneille
attribuer les deux responses au Libelle 'la Lettre
le nom d'Ariste. que vous desadvouez, voua taschez
de luy taire des ennemis dans sa province, en expliquant
entière 2 sur une personne de haute condition que
CZ nommer île peur de ses ressentiments contre une explication si impertinente >. Il l'autetii de VAdver-
' iraeille.
ntrt ces m I
tissement poursuit, en niant que Corneille ait écrit les deux réponses à la Lettre à *t sous le nom d'Ariste, et en essayant (ce qui est plus fort), de reconnaître en Mairet celui en qui Mairet reconnaissait un gentilhomme normand.
11 faut avouer que Corneille, si c'est lui l'auteur de l' Advertissement au Besanconnois Mairet, se défendait bien maladroitement, en donnant ainsi le change et en intervertissant les rôles.
Il fallait un sphinx pour deviner cette énigme, car c'en est une. Le sphinx s'est rencontré : c'est M. Henri Chardon qui nous a renseignés et bien renseignés sur cet épisode, plus qu'obscur, de la Querelle du Cid. « Je ne dois qu'à moi seul toute ma découverte » (i), s'écrie-t-il, non sans un orgueil légitime. M. Chardon a raison ; c'est à lui et à lui seul que revient tout l'honneur de cette très curieuse trouvaille.
Mairet agacé, et cela se comprend, d'être, contre toute vraisemblance, désigné par Corneille ou ses partisans comme Fauteur des deux libelles en réponse à la Lettre à*^etc, riposta par Y Apologie pour M. Mairet contre les calomnies du ST Corneille de Rouen. C'est dans cette Apologie, écrite soit par Mairet lui-même, soit sous sa dictée, par un ami dont le nom n'est pas encore connu (2),
(1) Op. cit., 239.
(2) Nous essaierons de le découvrir.
qu'on lit le ; tivant, i qui semble, comme le cfli
trdon, mériter d'avoir trouve place
dans le Rôle des coups de bâton dans l'histoire litté-
raire (t) : « M ir Mairet... devoit vous tailler en
ictes d'hostilité que vous avouez voua
mesme a ■• premièrement etfvers luy, tant par
un mauvais Rondeau, que par Jeux lettres subsecutives dont Tune esgratigne tous ses ouvrages, et l'auti fortune et son origine ; pour la dernière is la par-
donne a\ sèment : nous scavons bien que n'ayant pas une circonstance qui puisse estre apliquee à mon amv. vous contraint Je la luy donner 2 . pour satisfaire à la personne Je condition qui dans VOStre bonne ville Je Rouen
l'un chastiment ntre qui l'âme la plus lasche Fremiroit du ressentiment.
Ce fut au jeu Je paume, en un coin, ce dit-on,
irnel.— Scarron, dans une de s. < ent quatre
le d'un mal fatal aux rimailleurs :
• nul qui ic prend d'ordir GlUïc
Son nom c»t biilonrudc ou bien coup de bttl
Ou Dame Corneille enfermée, Tremblant sous la main du Faucon (i), Pour la dernière fois ereut estre déplumée. Le bruit mesme court un petit Que la pauvrette en esmutit.
« Contentez-vous que j'ay sceu l'adventure par une lettre d'un gentilhomme qui vray semblablement en don estre bien informé, c'est Monsieur de Charles-val, que ,e cite d'autant' plus hardiment que je suis asseuré qu'il n'y va rien du sien, et qu'il ne vous craint que médiocrement ; il vous estime encore moins, si je ne me trompe : au reste je vous donne advis que, sans la générosité de Monsieur de Scuderv qui se contente de vous avoir accable de raisons, le châtiment et la menace dont je vous parle eussent esté la mesme chose; et certes vous l'aviez bien mérité pour avoir eu l'impudence de mesdire d une maison qui se peut justement vanter d'une noblesse de quatre ou cinq siècles. »
Tout d'abord, M. Chardon ne découvrit rien (il 1 avoue de la meilleure grâce) dans ce passage étrange: mais bientôt ses yeux s'ouvrirent, et il vit ce qu il fallait y voir, c'est-à-dire que le Faucon qui avait fait trembler sous sa main (2) la pauvre Corneille, n'était autre que
(0 En note, à la marge : « Le sieur Corneille entendra cette allusion, s'il luy plaist. »
(2) La mahi d'un faucon (r)
Jean-Louis I < signeur de Charleval, - le
le normand bien connu, qui aimait tant à coqueter, l'ami Je Scarron t S lequel lui adressa ><<n
sonnet sur Adam et Ei
Il n'y a plus de Joute maintenant. Charleval SC
é par < lorneilleou par l'un lis, dans la Lettre pour Monsieur de Corneille
COntl etc. , avait menacé Je voies de tait, au
Jeu de Paume Je Rouen, l'auteur Ju Cid, et, sans l'intervention Je Scudéry, il l'aurait roué de coups.
Inutile Je parler ici de Charleval et vie sa famille : je ren\ teur au livre de M. Henri Chardon, qui a
fait amplement connaître cel tire de Corneille,
a lui, ci qui a parfaitement démontré que
illégations de Corneille ou de ses amis répondant
au factum Je Charleval n'ont rien qui ne puisse se
rter à la personne de ce gentilhomme normand.
Corneille, le glorieux poète du Cid% menacédu ba on '
Oui. hélas • et ce n'est pas seulement par Charleval que
leille fut si odieusement insulté, «-'est par Mairei
lui-même, qui, enhardi, suis doute, par l'insolence de
î.rttu au maréchal d'Alto ■ I
.il lut un :■ ; i mis de Ninon de
: : ■. let il, chat
Charleval, osa écrire ou faire écrire, à la fin de son Apologie ! i : « Pour Monsieur Mairet, après les grands coups de plume et de bec qu'il a reçeus de vous et de vosire part, si Ton peut juger de l'indolence de son esprit par la modération de sa lettre, j'ose quasi vous estre garand de la débonnaireté de son humeur; mais à tout hazard, ne vous y fiez que de bonne sorte, et surtout gardez vous bien de mettre sa patience à de nouvelles épreuves par de nouvelles calomnies, car Me hercle, en telle verve le pourriez vous prendre,
Qu'ayant beaucoup d'amis en la ville ou vous estes
Et des plus apparents, Luy-mesme iruit vous voir, et vous chanter goguettes
A la barbe de vos parents.
Assurez-vous que c'est un faux Bourguignon : je le connov comme si je Pavois nourry ; sur ma parolle il seroit homme à vous faire frasque sur frasque, pièce sur pièce et peripœtie sur peripœtie, nonobstant clameur de haro ou charte normande ; et fussiez vous armé de Cids jusques aux dents, si vous en avez; espargnez luv donc par vostre silence une manière de visite qui vous surprendroit d'autant plus vilainement qu'il luy prendroit possible envie de vérifier sur les lieux certains mémoires
qu'il i reçeus d'un gentilhomme de ses amis , ,. qui voua >it jusquea dans le foye, je ne veux pas dire jusquea i ur. de peur de menti:
\ .la donc de nouvelles menaces de voies de fait I Mais ce n'es! pas fini ' Excité, sans doute, par les rodomontades de Charleval et les vantardises de Mairet, un drôle se trouva pour adresser à Corneille le plus ignoble pamphlets, je veux parler de la Suitte du Cid en u le triomphe de son autheur en despil des
envieux, (".'est une plaquette rarissime, que n'ont connue
ni M. Màrty- La veaux, ni M. Emile Picot, et qu'on peut smplaire unique, je pense, à la Bibliothèque de
M. H. Chardon l'a lait connaître le premier [a .et
nous, nous l'avons lait réimprimer pour la Société des
tphîles normands avec toute l'exactitude possible.
■vons nos lecteurs. Qu'il nous sullise de dire
que le nom et l'adresse du prétendu libraire, éditeur de la
Suitte du Cid. en disent déjà long :
\ VUli :
chez Martin I l'enseigne du
ment ,/// /.. < u if en pro . l'auteur,