‹ La querelle du CidChapitre 20 sur 87 · XII. — L'ACOMODEMENT DU CID · texte numérisé non relu

XII. — L'ACOMODEMENT DU CID

et de son Censeur (,).

lONSIEUR du CID, vous n'avés fait que deux fautes, qui ne se puissent reparer, Tune, d'avoir fait imprimer vostre pièce, qui avoit esté si bien approuvée sur le Théâtre. Et l'autre, d'avoir répondu à celuy qui l'a censurée; Parce que vous ne vous déviés pas ennyvrer de la gloire du Théâtre, pour montrer que vous n'en pouviez point prétendre hors de là : Et que pour répondre à un ennemy déclaré et conneu , il faloit faire mieux de la plume ou de l'espee. Vous ne scauriez nier que dans le détail de vostre Pièce, vous ne soyez imbécile dans le sentiment des Roys, de la Nature, de la Vertu, des Grands, des Sages, des Capitaines, des Fanfarons et des Modestes : Et que vous ne spyez extrêmement plat et fade dans vos Vers,, pour estre si présomptueux, si foible et si extravagant en H'Epistre d'Ariste, qu'on ne peut comprendre quel mouvement vous l'a dictée. Mais si Ton vous reproche qu'en vostre Lettre Apologitique au Sieur Scudem, l'on ne sçauroit deviner si vous voulez passer pour Vaillant, pour Poltron, pour Ecolier, ou pour Maistre : Et qu'on doute si vous connoissez vous mesme ce que vous estes (si ce n'est un Suppliant qui voudroit bien faire le Rodomont) Consolez-vous, que celuy qui vous a deffaict en une moitié de son livre s'est deffaict en l'autre, et vous accordez tous deux. ',

(i) Auteur inconnu.

Éd. princ. A Paris, M.DC.XXXVII. In-8° de 7 pages, y compris le titre. — Publié d'après l'exemplaire de la Bibliothèque de Caen (•'" 2 e' )

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