PREMIERE OBSERVATION
Ceux qui par quelque désir de gloire donnent leurs ouvrages au Public ne doivent pas trouver est range que le Public s'en face le Juge. Comme le présent qu'ils luy font ne procède pas d'une volonté tout à faict des-interesséc, et qu'il n'est pas tant un e/fect de leur libéralité que de leur ambition, il n'est pas aussi de ceux que la bienséance veut qu'on reçoive sans en Considérer le prix. (Feuillet 3 des Sentiments) (1).
(i) L'auteur renvoie à la première édition des Sentiments.
Que les Critiques jugent donc si ce n'est pas la1 un gahmathias confus et brouillé, et dont les mots extravagants et détachés n'ont aucune suitte ny construction, ils blessent l'aureiile par leur rudesse, et vont sautelant hors de la cadence et des arrondissements convenables à une période bien adjustée. Certes il faut avouer que l'esprit se délecte aussi bien en la mesure eHm l'harmonie de la prose comme en 'celle des vers, et que pour rendre un discours agréable les périodes doivent estre nombreuses prononcées ou escrites en paroles mesurées et liées ensemble avec un certain ordre et disposition, or la période que nous examinons icy n'a aucun de ces ornements la, nulle grâce, nulle beauté, rien d'elegant, rien de propre ny de poly, et quand on vient à l'examiner par les règles e;stroictes et rigoureuses de l'Analitique ainsi que son Autheur a examiné l'ouvrage du Cid, il ne s'y trouve aucune partie qui n'ait son vice et son défaut et jusques aux moindres particules tout a besoin de reformation.
Quant à la structure de la période elle est tout en desordre et le mot, présent, qui l'occupe avec tant de relatifs et tant de, pas, qui luy sont référés, la rendent si obscure qu'elle na ny jour ny clarté et de faict en la regardant de prés on verra qu'il y à bien peu d'eiegance en ces trois proches reprises, ne procède pas, qu'il n'est pas tant, il n'est pas aussi, qui forment une consonnance désagréable qui brouillent tout et qui jettent la période en desordre et en confusion, comme aussi jle mot de, ceux, qui vient après et qui est référé à celuy de, présent, semble ne le recognoistre plus pour son relatif, et est si esloigné de luy que leur corelation et leur correspondance en est d'abord interrompue, de sorte que pour la restablir le lecteur est obligé de lire la période deux fois. Voila pour ce qui est de l'ordre et de l'économie, venons au principal.