‹ La querelle du CidChapitre 69 sur 87 · QUATRIESME OBSERVATION · texte numérisé non relu

QUATRIESME OBSERVATION

Ceux qui par quelque désir de gloire donnent leurs ouvrages au Public, ne doivent pas trouver estrange que le Public s'en face le Juge. (Feuillet 3.) j

yuc le public, etc.: ces deux termes Public et Public, sont trop proches l'un de l'autre, et de tant plus qu'ils emportent une mesme signification, s'ils estoient homonyme et que leur définition fust diverse, leur proximité seroit aucunement dispensable, mais ces deux termes estant une mesme chose en nom et en signification, il eust esté mieux à propos de les esloigner l'un dé l'autre, attendu que leur voisinage si proche, outre qu'il choque i'aureille par leur consonnance, il insinue au lecteur que ci dernier Public, est un nouveau venu qui dict autre chose que le premier.

Que si la disposition du discours obligeoit son autheur à ces proches répétitions de mots, ou que les règles de la construction le contraignissent d'en user, il devoit adjouster au dernier Public, ce mot de, mesme, qui eust servy comme d'un pronom démonstratif pour insinuer que l'un et l'autre n'estoit qu'une mesme chose, en disant : Ceux qui donnent leurs \ouvrages au Public ne doivent pas trouver mauvais que le Public mesme s en face le Juge, ou l'on void que ce terme de, mesme, a je ne sçay quel emphase qui compense ou qui dispense de la proximité de ces deux mots Public et Public, les bons orateurs françois en ont ainsi usé. Balsac en sa seconde lettre du premier livre escrivant à un grand. I Vostre voix, dict-il, qui a esté choisie de toute la France < pour porter des prières au Roy et du -Roy mesme pour envoyer ses commandements dans les villes et dans les armées.

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