‹ La Queste du GraalChapitre 22 sur 62 · STAR · texte numérisé non relu

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s'élève, hardi navigateur de l'éther sans limites, et qui à grands coups d'ailes coupe les vents du large, mon culte en t;i bonté a plané sur ma vie, Labarum vers le Tibre, et Toison sur l'Argo — 0 mère intémérable.

L'Amour sanctifié aux roses de ion souffle est monté de DOS reins a nos cœurs: et pourtant quel vertige d'en lias, aux attractions charnelles, et quelle boue sans la douleur — la douleur qui sanit le sexuel immonde et dans le sel des larmes lave la volupté — Mère d'Amour.

L'inell'abilite de votre Conception prosterne nos pensées, éblouies de mystère, et vous resplendissez en terre comme au ciel, reine de l'art, reine des anges, chef-d'œuvre du Vinci et du Sanzio — et chef-d'œuvre de Dieu — Mère admirable.

Tout ce qui œuvre et qui parture. le poète consolateur et le savant ingénieux vous saluent leur patronne ; créer, trouver, c'est vous être dévot — Mère du Créateur.

Votre exemple a fleuri au doux cœur de la femme, docile aux leçons de votre sainte vie. Alimitationde Jésus s'ajoute l'imitation de Marie ; vous nous avez sauve du Laid comme du Mal — 0 mère du Sauveur.

Six gemmes incomparables étoilent vos cheveux, eu couronne mystique.

La Prudence qui veille et défend du Malin aux adroites surprises ; la Piété qui nous lie au sacré : Vous les avez vécues ces vertus surhumaines de Bethléem au Golgotha ; et du salut des Mages aux larmes de saint Jean, vous fûtes Prudente et Pieuse Marie.

La Magniticalion de l'au-delà vermeil où l'on vivra joyeux à l'état de soleils incandescents et calmes à réverbérer Dieu: la Puissance du vœu que projette en

l'éther l'aspir auguste des prières, et qui d'un coup de foi jusqu'aux anges frappé fait descendre un miracle ; la Clémence, suprême équité, qui dessouille un coupable du nom de malheureux ; et la Fidélité, la vertu surhumaine du héros et du saint apparaissent sur vous, diadème éternel, unique même au Paradis, Vierge magnificente, reine Clémentine et Constante.

Trompé parles mirages, par le phare égaré, jouet de la lueur, j'ai cru la luciole une étoile tombée, et guetté les éclairs pour suivre mon chemin, voyageur attardé à contempler les sources ; au bord des lacs dormants, j'ai égrené les heures, Narcisse de mon désespoir ; pieux soifé le regard des femmes, comme aux vitrails flambants de chapelles en messe ; la lentille à la main, arrachant au soleil de la douleur et du feu, je n'ai trouvé qu'en vous Madone délectable la parhélie de Dieu.

La poussière des trônes a peuplé le désert de simouns charriant des sceptres concassés ; un néant solennel garde les hypogées ; vous la seule entrônée, de vos deux belles mains dispensez la sagesse longtemps stérilisée sous le sphinx sommeilleur.

Laetare ! votre cœur de mère de son doux battement apaisera la droite punisseuse et levée de Jésus. La?tare! vos mérites passent tous nos péchés.

Coupe sainte et remplie d'inimité certaine, vivant ostensoir du Dieu eucharistique. Votre chair exempte de la tache, fut le premier calice : et dans votre giron je vois le vif autel ; alabaster splendide où la femme sublime passe l'ange et conquiert sur eux la royauté . Fleur la plus fière , éclose au Verbe du Très- Haut, lotus et lys, vous embaumez la foi, sourire adorable du

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