‹ La Queste du GraalChapitre 23 sur 62 · STAR · texte numérisé non relu

STAR

dogme et grand baiser de paix du divin au mortel.

Vous vous dressez, comme une tour cance et comme une vigie, Acropole inviolable où sont les Vérités. Vous vous dressez, irradiante et claire, et tout l'enfer surgi n'ombrerait pas vos pieds. Vous vous dressez, éclatante el paire, absolue perfection et fille du Parfait ; vous êtes la raison totale el l'excellence, et les ors vous reflètent au inonde minerai.

Vous vous dressez, arc-en-ciel sur nos âmes; en vous s'est signe le pacte merveilleux du salut de la terre. Vous vous dressez, en bénigne touriere aux portes de diamant du Paradis féerique : et de vos longs doigts fins bénisse/, le pécheur que Dieu repousserait s'il pouvait refuser ce qu'accorde sa mère.

Vous vous levez à l'aube de nos cœurs; votre regard bénin étoile nos berceaux ; et, sous l'ombre épaissie du pèche, vous scintillez tendre sollicitude entêtée d'avertissement. C'est vous qui guérissez du doute, et qui donnez au vrai un aspect conceptible pour les esprits infimes, (l'est vous qui remettez au cœur desespéré un peu d'espoir; c'est vous qui consolez, c'est vous l'auxiliaire, perpétuelle el tendre. — Madone de Santé, Mère des Affligés, Notre-Dame du bon secours.

Celui même qui peut déchirer le mystère, parler aux anges et dire Dieu, quand il vient pour chanter un hymne a votre'gloire, n'a plus de voix,et sa viole muette n'obéit à l'archet, car il entend descendre du ciel même, l'écho du cantique éternel.

« Heine », chantent les Anges, « Mère », les Patriarches. — « Oh! l'accomplissement que vous êtes, Marie », dit le prophète. « Suprême apostolat », pro-

clament les apôtres. — Les Etienne élevant l'instrument du supplice ; tandis que les très douces Vierges fléchissent le genou, la légion des martyrs fait osciller ses palmes, et du ciel prosterné un écho vient à nous, et le dévot se tait, écoute et prie tout bas : celle qu'auprès de Dieu les neuf chœurs magnifient :

« La Reine conçue sans péché. »

Par le saint pentagramme joyeux de vos mystères, Alléluia sur moi.

Que j'annonce vraiment la parole qui sauve aux Évangiles contenue ; que je parle toujours de Dieu même aux pervers; que j'écrase Nimroud au nom de votre Fils, négateur de la Force inepte et proclameur des bontés conscientes qui font les hommes-dieux.

Que je sois visité par les idées sublimes, accueilli par la cause et servi par l'éther ; que les errantes vérités sur moi se posent, oiseaux géants, tandis que la sentimentalité douce poudroiera son pastel, pollen de psyché.

Qu'il naisse en moi le verbe surhumain gisant au cœur des vieux symboles ; sur la pierre cubique assis, que je retrouve le pentacle du cœur inscrit, au cercle immense de l'esprit.

Que dignement je le présente ce Verbe du ciel dicté ; et que l'artiste en moi égalant le rêveur enveloppe le vrai d'un manteau de beauté.

Hardi explorateur des trois mondes magiques, que toujours dans le Temple aboutissent mes pas : et que j'y vienne un jour, joyeux et consolé, ayant trouvé la sœur qui mettra dans ma vie le battement suave de ses paupières lourdes, débordantes d'amour invariable et clair.

ISTAK 83

Par le saint pentagramme joyeux de vos mystères, Alléluia sur moi.

Par le saint pentagramme pleurant de vos douleurs, faites que je soutire seulement les fières, les hautes et les rares rancœurs.

Oui, je veux agonir et rester solitaire, loin des banalités de la gloire et du cœur ; m'abreuver des ennuis du face à face horrible que fait ma vileté devant mon idéal : je veux suer mon sang goutte à goutte et pleurer Jusqu'à l'aveuglement de mes yeux désolés ; mais ne permettez pas, Vierge compatissante, que ma douleur, mêlée aux flots de l'humaine douleur, s'y noie inglorieuse, et ruisseau dans le fleuve.

Oui, je m'adosserai à la colonne infâme des prophètes, des novateurs ; et je poitrinerai aux lanières acérées. Elles se pourpreront sur moi. Mais il me les faut neuves ; et moi mort, qu'on les brûle : que mon orgueil soit sauf sous le bandeau d'épines drapé de dérision.

J'affronterai le rire imbécile du peuple, je garderai grand air, je pense, au pilori ; pourvu, sainte Marie, que j'y sois seul : les larrons me font peur, oui j'accepte la croix ; mais l'insulte est trop forte, partie du corps de garde, criée par les brutaux.

Je porterai ma croix, imitateur du Christ, appliqué à draper les plis de mon linceul et cherchant, jusqu'à l'heure extrême du supplice à bien jouer ma vie, comme un acteur soigneux.

Je porterai ma croix avec de nobles poses, si vous me permettez de trouver en chemin quelque cri immortel qui sauve monCalvaire de l'oubli des humains.

• Je mourrai résigné, pardonnant, aussi beau que mon effort pourra dominer la souffrance ; mais que ma mort soit noble, dramatique et ressemble à la finalité d'un poème sanscrit.

Je mourrai, oh ! Marie, pour la cause papale, pour la race OElohite et pour la vérité ; mais mourir d'accident, de maladie, de guerre, mourir comme un grand niais... alors, révolté, maudissant, je mourrai mal.

Parle saint pentagramme pleurant de vos douleurs» faites que je ne souffre que les fières, les hautes et les rares rancœurs.

Par le saint pentagramme de vos gloires, glorifiez en moi le serviteur pieux.

Je ressusciterai, Marie, car j'aurai cru à votre beauté éternelle ; et que pas une idée ne vécut sous mon front qui ne fut une foi aux destinées célestes.

Pécheur mais ligueur, j'ai toujours, digne ou indigne, à toute heure crié le grand vivat du fanatique ; je ressusciterai pour fléchir devant vous ce genou si souvent courbé à vos images.

Et j'ascensionnerai, ivre de joie lucide, de lumière vêtu, continuer là-haut, dans les rayonnements de la rose mystique, le grand rêve de Beau pour lequel j'ai vécu, en mépris souverain du Réel et du Brut.

Mon esprit s'épandra en encens vers Jésus, en sereine expansion sur la terre ; car j'y aurai donné, imparfait mais violent, l'exemple d'un désir entêté et qui crève, pour monter dans l'air pur, la voûte des églises.

Mon Verbe assomptera, hymnode de vos mérites ; maître-chanteur là-haut comme je suis ici; j'assem-

istab s;.

blerai pendant les éternités calmes des mois émerveillés pour votre exaltation.

Je serai couronné par vous comme un vainqueur, humble soldat de votre culte; et vous me donnerez, dans vos fêtes, à porter la bannière d'étoiles où rougeoie, où gemmise la superexcellence de la rose mystique.

Par le saint pentagramnie de vos gloires, glorifiez en moi le serviteur pieux.

Saint-Esprit, ô la plus offensée par ce siècle; ô la

moins priée par ce cycle, des trois saintes personnes, je me confie à vous : inspire/moi ici le décret écouté d'un arrêt de justice.

Dois-je porter au jour les vermines entrevues eu cette ville laide où le hasard me mit; ou bien faut-il me taire et m'en aller ailleurs chercher d'autres sujels, dévoiler

d'autres mœurs, moins habilement hypocrites?

J'écoute et n'entends rien en moi qui déconseille.

J'écoute encore et crois me sentir poussé. J'hésite cependant... Non, rien ne m'avertit; c'est donc que vous voulez, et que la chose est juste, .le vais dire un Ave, Pater et <;i<>rl<t, afin d'éclairer mieux ma voie par la prière...

Soit donc ! En ce saint lieu où voué à .Marie je vins balbutier ma prière d'enfant ; devenu homme et nabi, je promets d'éclairer aux lueurs de justice les vaines gens qui grouillent dans le val lyonnais.

Je serai donc saint Georges ; le monstre, c'est Lyon ; et je le férirai d'un grand coup de lumière, qui le ren versera béant devant le monde étonné d'avoir cru

longtemps anodin le grand Léviathan, cet habile qui fait bénir ses ors et masque son grand livre sous les livres de messe !

Le ciel l'aura voulu 1 Je suis l'inquisiteur. Province immonde, à nous deux : tu me dois mes douleurs, tu dois à Dieu tes crimes, ta bêtise à l'enfer ; je mets mon pied sur toi :

Et Lutetiœ et Mihi et Diis.

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