ALLEGRETTO
Sur la crête des vagues apaisées et qui les bercent, les ondins fon,t la culbute et rient dans l'écume blanche, plus' blanche sous l'argentement de la lune.
Les bacilles de l'ombre grouillent ; les éphémères de l'obscur se hâtent de vivre ; toute une création imperceptible que le premier rayon de l'aube jettera au néant de l'évolution imparfaite, naît, aime et va décroître.
Il y a dans un pan de nuit, la même agitation qu'aux rais du soleil, le même microcosme qu'aux creux des rochers.
Avec ces exsudations de l'Elémental noir, sans doute, le sorcier élabore ses goétiques horreurs: car la Nuit, ccst le périodique retour du chaos primitif, et comme avant la lumière il grouille, à chaque décroissance de lumière, matrice des genèses éclatantes.
Quand l'homme tombe à la vie inconsciente du sommeil, cette vie, presque aussi nombreuse en moments; peut-être plus vivante en potentialité, la nature semble s'épanouir et se récréer, un moment libérée de son maître conscient, l'Esprit au dur vouloir, et la Mer s'augmente la nuit d'une nouvelle terreur.
Calme et sans limite, elle apparaît une féminité colossale qui repose ; soulevée, elle efface toutes les terreurs, les pâlit, elle devient l'ombre en mouvement et comme la matérialisation du Furieux dans l'invisible.
Pour l'instant, les ondins font la culbute sur la crête des vagues apaisées qui les bercent.