ROSE
Rose ! chère et seule fleur souriante et consolatrice d'une jeunesse étouffée, si douce et si résolue, cousine caressante et pensive, toi qu'elle appelait « mon chevalier de Faventine », que fais-tu loin, si loin que tes proches se demandent si tu vis et que ta seule amie pleure.
Est-ce du honneur que tu caches ; prépares-tu dans l'ombre une éclatante destinée? As-tu trouvé ce que cherche Bèlit, toi qui n'hésitais pas, toi qui voulais à l'âge où l'on rêve.
Un soir, ayant tout calculé, tu es descendue à la nuit tombante te recueillir à la chapelle, tu l'as traversée d'un pas ferme, tu as dit adieu aux fleurs du jardin, et relevant tes jupes, garçonnière, tu as grimpé sur le noyer qui étend se branches sur la route, et suspendue à l'une, tu t'es laissée tomber de six pieds de haut ; t'es tu fais mal, petite Faventine, et quel chemin as-tu pris ? pendant que ton amie la lune se hâtait d'éclairer ta fuite.
Toute seule, dans la campagne nocturne, n'as-tu pas hésité? Sortie du couvent, tu es sortie de la commune voie, laquelle donc vas-tu marcher?
Tu te méfiais des tuteurs, des parents éloignés qui bâclent les destinés des petites cousines, sans souci de leur bonheur.
Seras-tu heureuse, volontaire, plus heureuse que la passive Bèlit? Qui sait à cette heure, il lune aussi sur ta
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tristesse : dans la brise qui agite les cheveux de lïèlit, il y a peut-être de ton soupir, petite Faventine.
wtu aimé ? Vas-tu aimer ? Veux-tu aimer.' Qu'as-tu voulu en t'évadant ? Héroïne de Théophile Gautier, ou curieuse, Théodore « 1 * * Sezannes ou la princesse Paule .'
Tu as perdu le droit de te plaindre : tu as dil non à la sagesse générale; le monde que tu as repoussé n'a plus pour toi que sa rigueur de voyer moral ; quelque pari cachée, tu attends l'heure ou lu pourras prendre la fortune el que verrons-nous quand tu auras les mains
pleines dur: petite Faventine, quel ehmneiiienl nous
réserves-tu? Tu es déjà coupable : le cœur de Bélit t'appelle, ce cœur plein de i"i. de toi seule, et tu ne veux pas l'entendre ; pour le fermer l'âme ainsi quel dessein y as-tu caché, précieux el formel.
N'importe! que tu réussisses ou que ton audace se luise vaine et m une une lame au rocher, m ;is osét'appuyer sur toi-même, et repousser tout, Androgyne de lumière. Androgyne d'ombre, entêtée, virile. m apparais poétique à l'imagination de Bêlit qui t'évoque, et telle fui sa perpétuelle confiance d'enfant «pie son âme qui se plaint de Ion silence ne tremble pas pour toi.
Ton prestige est tel pour ta cousine que tu lui semblés plus forte' que la vie et victorieuse, toi peut-être pleurante et vaincue a cette heure, pauvre petite Faventine!
Kl-