HYMNE PAÏEN
Esprits des temps païens, génies de la nature, dai-
mons
De l'oubli et du dam, sortez ; je vous rends, pour un soir, votre ancienne puissance ; je vous livre ces cœurs, je vous livre ces corps : régnez encore et que l'instinct triomphe du péché !
Et toi, grand Pan, parais, commande, oraculise, en ce temple construit pour la divinité.
Prononcer votre nom, et faire votre signe parmi la luxure prochaine, mon divin Rédempteur, je ne l'oserais pas.
Vous avez défendu qu'on opposât le mal au pire, et que par le péché on guérit du péché ; à vos œuvres parfaites, il faut des mains sans tache, il faut de purs rayons pour éclairer vos voies.
Mais puisque l'impuissance du sacerdote éclate en cette peccation : poète-musicien, je dresse ici la lyre qui, d'abord, révéla la douceur aux humains ; au nom de l'harmonie, au nom de la nature, je viens et je réconcilie au mâle dorien le mode d'Ionie ; j'accorde l'instrument d'amour qui dissonait ; votre grâce agira dès lors, si elle daigne, sur un clavier tonalisé, selon la Norme auguste des origines.
« Dresse-toi dans ta honte et ta sublimité, symbole du
péché, symbole de Dieu même, forme qui crée la forme !
0 signe de la vie, ô moyen du plaisir, sceptre de la
nature, royauté qui s'étend du pard à l'homme, moyen premier du devenir : 0 geste initial, ô geste extasié de tout ce qui respire, clef de l'être, clef de l'Amour, rouvre à celles qui t'ont renié, méconnu, le calme paradis des voluptés sereines ; soumets, nombre divin, le binaire à ta loi ; ô Panthée ! »
LA DECADENCE LATINE
I fHOPÉE