‹ La question agraire en BelgiqueChapitre 5 sur 14 · EE + VE · texte numérisé non relu

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çants d'engrais ou de matières premières alimentaires pour le bétail, le développement des moyens de communication, dont la culture de la betterave a causé la créalion par des transports si considérables vers les

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fabriques de sucre (charbon, coke, sucre, mélasse,

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betteraves, pulpes, etc.), favorisent le développement intellectuel de la population agricole et, en même temps, accentuent le caractère capitaliste de Ja culture. Les ouvriers des grandes fermes sont traités, et : se comportent, comme des ouvriers industriels. Quant |

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aux petits cullivateurs — propriétaires ou fermiers — ils sont entièrement sous la coupe des fabricants de sucre, qui leur imposent des contrats léonins, se réser- À vent, fréquemment, le droit de fixer, sans contrôle, le ce

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| | poids et la tare des livraisons faites, en un mot, leur ‘ ; apprennent à connaître, par expérience personnelle, toutes les rigueurs de l’exploitation capitaliste.

Ces diverses circonstances, jointes aux causes générales qui tendent à la prolétarisation des paysans,

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créent, naturellement, un milieu favorable au développement du socialisme, parmi les ouvriers agricoles et les petits cultivateurs.

Est-ce à dire, cependant, que tous ces gens soient désormais à nous; qu’il ait suffi, pour cela, d’un ou | deux ans de propagande, nécessairement superficielle ? ne. Ceux qui prendraient, à cet égard, leurs désirs pour / des réalités, s’exposeraient, pour l'avenir, aux décep-

ee | tions les plus amères. En réalité, s'il y a dans la Walhe. lonie beaucoup de paysans qui votent pour les socia- À listes, parce qu'ils sont mécontents et que nous sommes

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le principal parti d'opposilion, cela ne veut pas dire qu'ils adhèrent à tout notre programme et qu’ils soient, dès à présent, acquis au socialisme collectiviste. Nous en sommes aux premiers défrichements. La cullure intensive sera l’œuvre de demain.

S 2. — La répartition du sol.

S'il convient de ne pas se faire d’illusion sur le développement aciuel du socialisme agraire en Belgique, il ne paraît pas douteux, d’autre part, que ses progrès seront plus rapides que dans les autres pays du continent, parce que la transformalion capitaliste de l’agriculture y est plus avancée, les charges hypothécaires plus lourdes, le divorce de la propriété et du travail plus complet.

Tandis qu'en Allemagne, la partie du territoire exploitée en location représente seulement 14.68 0/0, et en France, à peu près 20 0/0 de l’ensemble du domaine cultivé (1), en Belgique, sur 100 hectares de terre — abstraction faite des forêts et des terres incultes

— il y en a 36 qui sont exploités en faire valoir direct et 64, presque les deux tiers, qui sont exploités par des fermiers (2).

Nous ne savons pas, tant les slalistiques officielles

(1) Albert Schaeffle. Deutsche Kern-und Zeilfragen. Berlin, 1895, p. 193.

(2) Recensement agricole, 1880, E, p. xcui.

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