EN ARGENT
Eté
ver
Moyenne
Salaire en argent et salaire en nature
12s. lld.
Les salaires d'hiver les plus bas sont dans le Connaught, oii nous avons le minimum à 7 shillings dans 3 comtés: Mayo, Roscommon et Sligo, avec un maximum de 8 shillings. Dans les comtés Leitrim et Galway le salaire
142 tivRÉ II. — citAPiTftE ni
d'hiver minimum est 7 shillings 6 pence, le maximum : 8 shillings dans le comté Leitrim et 9 shillings dans le comté Galway.
Dans les comtés Gavan, Fermanagh et Donegal le salaire d'hiver minimum est aussi 7 shillings 6 pence, mais le maximum est 9 shillings. Dans 10 comtés le salaire d'hiver maximum ne dépasse pas 10 shillings, dans 22 il est de 10àJ2 shillings, et dans 4 il est de 12 à 15 shillings : Antrim, Down, Waterford et Dublin.
Le salaire d'été le moins élevé est payé dans les comtés Roscommon et Sligo : 7 shillings. Dans 4 comtés du Connaught: Leitrim, Mayo, Roscommon et Sligo, le salaire d'été le plus fréquent est de 9 shillings ; dans le cinquième, Galway, il est de 10 shillings.
Les seuls autres comtés où il soit aussi bas que 9 shillings sont Donegal, Fermanagh et Glare. Les salaires d'été les plus élevés ne dépassent pas 15 shillings: ils sont payés dans les comtés Antrim, Down et Dublin. Les salaires les plus fréquents — hiver et été — sont dans Antrim et Down 12 shillings 6 pence, et 12 shillings dans le comté Dublin.
Les salaires en espèces des ouvriers accidentels sont souvent plus élevés que les salaires payés aux ouvriers attachés d'une façon permanente à l'exploitation d'une ferme, plus particulièrement pendant l'été. Dans nombre de districts, ces ouvriers accidentels sont payés de 3 shillings à 3 shillings 6 pence par jour pour la récolte du foin et du blé, et jusqu'à 4 shillings et 4 shillings 6 pence dans certains districts de TUlster et du Leinster. D'autre part, dans nombre de districts où leur emploi est rare, ces mômes ouvriers pendant l'hiver reçoivent des salaires beaucoup moins élevés que les ouvriers permanents.
Le tableau suivant montre les gains à la semaine (salaire en argent et salaire en nature) des ouvriers attachés d'une façon permanente à une ferme. 11 est dressé par comtés : dans 3 les salaires sont de plus de 12 shillings ; dans 5 ils vont de 11 à 12 shillings et dans 17 de 10 à 11 shillings ; dans 5 ils vont de 9 à 10 shillings et dans 2
ils sont de moins de
9 shillings (1) :
Down. . .
,. Od.
Kilkenny . .
Antrim . . .
ïipperary. .
Dublin . . .
King's . . .
Armagh . .
Cavan . . .
Wicldow .
Limerick . . .
Carlow . . .
Wexford . .
Londonderr}
Kerry . . .
Waterford
Westmeath .
ïyrone . .
Donegal. . .
Cork . . .
Fermanagh ,
Monaghan
Galway. . .
Loïigford .
GUire . . .
Queen's. .
Leitrim. . .
Louth. . .
Roscommon.
Kildare . .
Sligo. . . .
Meath. . .
INlayo ....
Les comté
s qui montrent donc les plus h
auts sa
ilaire
sont Down, Antrim et Dublin, respectivement avec 13 s. ; 12 s. 11 d. ; 12 s. 9 d. Armagh vient ensuite avec 11 s. 6 d. Dans 7 comtés, qui comprennent les 5 comtés du Gonnaught, plus Fermanagh et Clare, le total des gains hebdomadaires est de moins de 10 s., le plus bas naturelle-
(1) W. Fox, op. cit., p. 122.
iU
ment, dans Mayo, avec 8 s. 9 d. Dans 17 comtés ils sont de 10 à 11 s. ; dans 5 ils sont de 11 à 12 s. ; dans 3, ils sont de 12 à 13 s.
Dans le Gonnaught, non seulement le taux des salaires en argent est bas, mais c'est aussi dans cette province que les salaires en nature sont les moins élevés. Gela ressort clairement du tableau suivant (1) qui nous montre que dans 10 des 32 comtés, le gain hebdomadaire moyen (salaire en argent et salaire en nature) ne dépasse pas le salaire en argent moyen d'hiver et d'été de plus de 6 pence, et dans 5 comtés seulement la différence monte à plus de 1 shilling (Golonne A, salaire moyen en espèces ; colonne B, excédent du salaire total, en espèces eten nature, sur le salaire moyen en espèces).
Comté A B
Londonderry 10 s. 0 d. 1 s. 3 d.
Longford 9 7 1 2
Donegal 9 0 1 1
Louth 9 7 1 1
Meath 9 7 1 0
Fermanagh 9 0 0 M
Armagh 10 7 0 11
King's 9 7 0 10
Tyrone ... 10 0 0 10
Cork 10 0 0 10
Cavan 9 7 0 9
Limerick 9 7 0 9
Wexford 9 7 0 9
Monaghan 10 0 0 9
(1)W. Fox, op. cit., p. 123.
LES OUVRIERS AGRICOLES l4S
Wicklow dOs. 7d Os. 9d.
Dublin 12 0 0 9
Leitrim 8 7 0 8
Westmeath 9 7 0 8
Queen's iO 0 0 8
Carlow 10 7 0 8
Clare 9 0 0 7
Kildare 10 0 0 7
Roscommon 8 7 0 6
Kilkenny 10 0 0 6
Waterford 10 7 0 6
Down 12 6 0 6
ïipperary 10 0 0 5
Antrim 12 6 0 5
Sligo 8 7 0 4
Kerry 10 0 0 3
Galway 9 7 0 2
Mayo 8 7 0 2
Ces chiffres déplorables déjà si nous ne les considérons que seuls, le sont bien plus encore si nous comparons l'Irlande à la Grande-Bretagne.
Le salaire moyen (salaire en argent et salaire en nature) est en Angleterre de 17 s. 5 d. à la semaine ; dans le pays de Galles de 17 s. 7 d. ; en Ecosse de 19 s. 5 d. ; en Irlande de 10 s. 9d. seulement.
Nous avons déjà dit un mot de ces nombreux fermiers, du Gonnaught surtout, qui, ne pouvant tirer de la terre qu'ils occupent le revenu nécessaire pour payer leur loyer et pourvoir à leur subsistance, s'en vont chaque année
travailler sur les fermes de certains comtés d'Angleterre et d'Ecosse. Le Département de l'agriculture leur consacre un rapport annuel : c'est à lui que nous nous référons (1). Le nombre de ces migratory labourers^ de ces ouvriers émigrants, c'est leur nom ofliciel, diminuera, comme celui des émigrants qui quittent à jamais l'Irlande, lorsque la terre leur fournira leurs moyens de subsistance. Le Bureau des districts surpeuplés y ^travaille lentement, mais sûrement, en agrandissant les trop petites tenures, en en créant de nouvelles.
En 1841, la première année oîi il ait été fait une enquête statistiqueàleursujet,lecomtéDublinenvoyaiten Grande- Bretagne 5.625 ouvriers émigrants, soit 15.1 pour 1000 habitants à cette époque ; en 1904 pas un seul ouvrier n'a quitté le comté. D'un autre côté, il y a eu augmentation notable, quoique diminution quant au nombre absolu, dans le comté Mayo, qui d'ailleurs en 1904 comme en 1841 fournit le plus grand nombre d'ouvriers émigrants : en effet pour 1000 habitants il y avait, en 1841, 26.8 ouvriers émigrants, contre 47.8 en 1904. Cependant, dit le rapport, il ne faudrait pas tirer orgueil de la diminution des ouvriers émigrants de plusieurs comtés, ce n'est pas qu'ils aient trouvé du travail au pays, c'est qu'ils l'ont quitté pour toujours (2).
En 1 841 , les ouvriers émigrants étaient 57.651 ; ils sont, en 1904, 17.859 : ce nombre comprend aussi les ouvriers qui ne sont pas agricoles et les femmes.
Cette diminution n'est pas seulement absolue, mais aussi relative à la population de l'Ile aux deux dates : en 1841,
(1) Report on Irish Migratory Labourers. VarL FaL, l904[Cd. 2322].
(2) Ibid., p. 6.
nous avions 57.651 émigrants pour 8.196.597 habitants, ou 7.0 pour 1.000 ; en 1904 nous en avons 17.859 pour 4.458.775 (chUîrc du recensement de I90'J), ou 4.0 pour
On peut classer sous quatre chefs les points les plus intéressants concernant les ouvriers émigrants :
Leur distribution en Irlande ;
Leur nombre, relativement à la population ;
Leur situation, en Irlande ;
Leur destination.
Le nombre des ouvriers émigrants n'a pas beaucoup varié durant ces vingt-cinq dernières années (1) :
En 1904 ils sont 17.859.
Plus que les 3/4 de ces 17.859, exactement 13.703, sont natifs de la province du Gonnaught, et 9.527 de ces 13.703 viennent du comté Mayo : ce comté fournit ainsi plus de la moitié des ouvriers émigrants de toute l'Irlande ; le pre-
(1) Ibid., p. 8.
il 48 LIVRE II. CHAPITRE III
mier rang, nous l'avons vu, Mayo l'occupait déjà en 1841. Les autres comtés du Connaught en fournissent : Roscommon 1.513, Galway 1.500, Sligo 977, Leitrim 186.
La province qui, après le Connaught, a le plus grand nombre d'ouvriers émigrants, est l'Ulsler : 2.950, dont 2.364 ou 80.1 0/0, sont natifs du comté Donegal ; après le Donegal, c'est le comté Armagh : 292, puis Down : 146 ; Gavan : 55 ; Londonderry : 28 ; Monaghan 28 ; Antrira : 19 ; Tyrone 16 ; Ferma nagh 2.
La province deLeinster fournit 692 ouvriers émigrants. Ils sont natifs des comtés Wickiow, Louth, Meath, Longford, King's, Carlow, Kilkenny, Wexford, Westmeath et Queen's, qui fournissent respectivement 440, 174, 26, 20, 11, 9, 5, 4, 2 et 1 ouvriers émigrants. Celte année il n'y en a point dans les comtés Kildare et Dublin.
La province de Munster en fournit 514, venant 368 du Kerry, 112 du comté Cork ; 20 du Tipperary ; 7 du comté Clare et 7 du comté Limerick ; aucun, du comté Waterford.
Si nous comparions ces chiffres avec ceux de 1903, nous verrions que le nombre total des ouvriers émigrants a augmenlé de 293. Dans le Leinster, c'est le même nombre; dans le Munster il y a une diminution de 72 ou 12.3 0/0. Dans ces deux provinces toutefois, les nombres sont si peu importants qu'ils n'ont pour ainsi dire pas d'effet sur la condition sociale des classes ouvrières ou sur le prix de la main-d'œuvre. Dans l'Ulster il y en avait 2.758 en 1903, il y en a 2.950 en 1904, soit une augmentation de 192 ou 7.0 0/0. Une augmentation de 185 a lieu pour le Donegal, qui est le principal comté des ouvriers émigrants de l'Ulster.
Le Gonnaugbt montre les varialions les plus curieuses ;
Ces chiffres montrent qu'un grand nombre des habitants du Gonnaught restent iidèles à leur vocation d'ouvriers émigrants. Mayo, cela va sans dire, vient en tôle avec 10.074 en 1901, 10.070 en 1902, 9.264 en 1903 et 9.527 en 1904.
La proportion des ouvriers émigrants à la population de la région où ils résident a beaucoup plus d'importance que leur nombre absolu sur une étendue déterminée. La proportion, pour toute Tlrlande, est seulement de 4.0 pour 1.000, mais 21.2 pour 1.000 dans le Gonnaught, 1.9 dans l'Ulster, 0.6 dans le Leinster et 0.5 dans le Munster.
Pour le Gonnaught, cette proportion atteint 47.8 pour 1.000 dans Mayo, 14.9 dans Roscommon, 11.6 dans Sligo, 7.8 dans Galway, et 2.7 dans Leitrim. Pour l'Ulster, elle atteint 13.6 pour Donegal, mais ne dépasse pas 0.5 dans les autres comtés, sauf dans Armagh 2.3.
Dans le Munster, la proportion la plus forte est 2.2 pour 1.000 dans le Kerry, 0.3 dans le comté Gork, insignifiante dans les autres comtés. Dans le Leinster, les proportions respectives sont 7.2, 2.6, 0.4, 0.4, 0.2, 0.2 pour les comtés Wicklow, Louth, Longford, Meath, Garlow et
King's. Il n'y a point d'ouvriers émigrants dans les comtés Kildareet Dublin, il n'y en a respectivement que 9, o, 4, 2 et i pour Garlow, Kilkenny, Wexford, Westmeath et (Jueen's.
Voici les comtés où se fait le plus ressentir l'émigration des ouvriers par 1.000 habitants :
Mayo hl.S Sligo 11.6
Roscommon .... l/i.9 Galway 7.8
Donegal 1,H.6 Wicklow 7.2
La proportion des ouvriers émigrants (hommes) à la population adulte-mâle (c'est-à-dire au-dessus de 20 ans) donne des chiffres encore plus frappants que si nous les envisagions par rapport à la population totale. En effet, il y a ainsi 17.018 ouvriers émigrants (17.859 avec les femmes), pour une population de 1.277.548 habitants audessus de 20 ans.
Mayo donne ici 177./i pour 1.000, tandis qu'aucun autre comté n'atteint 52 pour 1.000; Roscommon, 51.5; Donegal, Al. 5 ; Sligo, 39.8 ; Galway, 27.6 ; Wicklow, 24.3 ; Leitrim, 9.3; Louth, 8.9; Armagh, 8.4; Kerry, 5.1; les autres, moins de 2.7.
De ces ouvriers émigrants les uns sont, en Irlande aussi, ouvriers ; les autres ont une tenure. Posséder une terre ou n'en point posséder, tel est le critérium qui nous permettra de juger de la condition sociale des ouvriers émigrants Ces possesseurs de terre, n'en sont pas propriétaires, mais tenanciers seulement ; et ces terres ne sont pas des tenures économiques, telles que nous les avons définies dans un chapitre précédent. Il est à prévoir que, lorsque l'achat des terres se fera sur une très grande échelle, et que la Commission agraire et le Bureau
LES OUVRIERS AGRrCOLES
des districts surpeuplés, auront distribué les domaines dont ils se sont rendus acquéreurs, non seulement le nombre total des ouvriers émigrants diminuera, mais surtout le nombre de ceux d'entre eux qui posséderont une tenure économique.
Le tableau suivant nous montre que, sur les 17.859 ouvriers émigrants, 14.934 ou 83.6 n'ont point de terre (1).