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Banques. . . .
l.lOl
Soc. de volaille..
Soc. indust. à do-
micile. . .
Soc. d'apiculture
lOi
Soc. de lin. . .
Diverses. . . .
Fédérations. . .
Total. . .
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On peut donc classifier comme suit toutes ces sociétés :
287 crémeries : les crémeries auxiliaires ne sont pas comptées, mais le total des membres ne change point pour cela, car les membres des 74 crémeries auxiliaires sont inscrits au nombre des membres de ces 287 crémeries ;
140 sociétés agricoles qui achètent tous les articles nécessaires à la culture ;
35 sociétés qui s'adonnent à la vente de la volaille et des œufs : les potiltry societies ;
201 coopératives de crédit ;
103 sociétés diverses, y compris 3 fédérations, qui montrent toutes les formes que peut revêtir le mouvement coopératif: industries à domicile, agriculture, culture du lin, horticulture.
Le chiffre d'atîaires de ces sociétés augmente chaque année : en 1900, 477 (ayant donné les chiffres) représentaient 1.038.877 livres, en 1904, les chiffres incomplets promettent deux millions de livres ; depuis sa fondation jusqu'en 1900 il est estimé à plus de 4 millions, nous disait-on. Gomme les sommes dépensées pour l'instruction
LA SOCIÉTÉ d'organisation AGRICOLE 397
et l'organisation pendant ces six ans montent à 25.000 livres, et ont procuré une augmentation de production et un profit pour les fermiers de 1.000.000 livres, on peut dire que chaque livre dépensée par la Société d'organisation agricole a rapporté à l'Irlande 40 livres.
Ainsi donc, malgré toutes les critiques dont elle avait été l'objet à son origine, malgré le manque de soutien moral et financier, la Société d'organisation agricole a brillamment montré qu'elle avait sa raison d'être : plus elle aura de moyens à sa disposition et plus elle réussira dans son œuvre de relèvement économique de l'Irlande. Et ce n'est pas l'opinion seulement de ceux qui sont les promoteurs du mouvement ; les efforts que font les fermiers irlandais pour réorganiser Tagriculture de leur pays et donner une solution aux différents problèmes de la vie agricole sont l'objet d'enquêtes d'économistes des deux mondes. Il en est venu d'Allemagne, de France, du Canada, des Etats- Unis, des Iodes, du Transvaal, pour étudier les avantages économiques qu'a répandus sur toute la surface de l'Irlande la Société d'organisation agricole, mais surtout ses avantages moraux, l'influence qu'elle a eue sur le développement de l'initiative et de l'énergie irlandaises qui sommeillaient. Le gouverneur d'un misérable district de la Présidence de Madras qui avait subi les horribles atteintes de la famine, lorsqu'on voulut l'envoyer au Département de l'agriculture pour recueillir les informations qu'il désirait : « Oh! dit-il, ne me parlez pas de départements d'Etat : ils sont les mêmes par toute la terre. Je suis venu pour apprendre ce que les Irlandais font pour s'aider euxmêmes et comment vous avez réveillé leur volonté et leur initiative (1 ). » Il est encourageant pour ceux qui ont fondé
(1) Cité par sir Hor. Plunkett, dans Leland in the New Centuryj p. 206.
la Société d'organisation agricole et lui consacrent leur vie, de voir, grâce à leur œuvre, leur pays dont on proclamait l'incapacité industrielle, devenir un objet d'enquêtes et d'investigations et non seulement d'étrangers, mais même d'Anglais. Cinq conseils de comté de l'autre côté du canal Saint-Georges ont envoyé en Irlande des missions d'agriculteurs pour étudier les progrès de la Société, et déjà une Société anglaise d'organisation agricole s'est fondée sur le même type et dans le même but.
Il n'est pas exagéré de dire que la Société d'organisation agricole a opéré dans l'agriculture irlandaise une véritable révolution, qui a mis les fermiers à même de soutenir la concurrence de leurs rivaux étrangers dans des conditions bien plus favorables qu'auparavant, tant dans le domaine de la production que dans celui de la dislribution. Elle a permis, et, surtout au lendemain de la loi de 1903, elle permet aux nouveaux propriétaires paysans d'envisager avec assurance ces problèmes vitaux auxquels ni le transfert de propriété ni la réduction de la rente ne pouvaient apporter de solution adéquate. Enfin si, en observant l'histoire de rirlande dans ces dernières années, nous voyons les représentants des opinions les plus opposées se départir un peu de leurs seules préoccupations purement politiques pour s'adonner à une œuvre construclive, se départir aussi de leur splendide et intolérant isolement pour se réunir dans un Comité de vacances ou une Conférence agraire^ c'est un peu à la Société d'organisation agricole qu'on le doit, à l'esprit d'union qu'elle a inculqué à ses membres, aux sociétés qu'elle a fondées et où se rencontrent tenanciers et landlords dans le seul but de travailler à la prospérité économique de l'Irlande.