‹ La question agraire en Italie, le latifundium romainChapitre 28 sur 41 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Nous venons de voir comment la loi a essayé (Je résoudre le problème agraire dans la province Je Rome. Trompé par les apparences delà « lutte pour la terre », le législateur a cru pouvoir remédier au mal en modifiant la forme de la propriété légale, en assurant l'indépendance absolue de la propriété privée et en consacrant et en renforçant à côté d'elle la propriété collective. Ces réformes n'ont pas donné les résultats qu'on en attendait parce qu'elles n'atteignent pas le mal dans sa racine. Nous savons que la forme de la propriété s'adapte au mode de travail : modifier lune sans transformer l'autre, c'est faire œuvre vaine ou tout au moins imparfaite. C'est ce que les faits ont démontré. La suppression des usages publics sur les latifundia n'a pas par elle-même amené la culture intensive et les paysans ne semblent pas, actuellement et sauf exception, exploiter les domaines collectifs autrement qu'ils n'exploitaient les terres soumises aux servitudes publiques.

Or, puisque la crise agraire provient d'un man- ([ue d'équilibre entre le nombre des hommes à

LA BONIFICATION ET LA CULTURE LNTENSR'E 17a

nourrir et la production agricole nécessaire pour les nourrir, c'est à augmenter la production brute par la culture intensive que l'on doit viser. Cette culture nourricière intensive devra non seulement donner des produits abondants, mais absorber beaucoup de main-d'œuvre puisque celle-ci est en excès et qu'il y a un intérêt national à retenir dans le pays le plus grand nombre d'habitants. Les décrets des pouvoirs publics ne suffisent pas à introduire la culture intensive, nous en aurons la preuve tout à l'heure ; il faut pour cela des patrons capables et compétents ; or, nous savons que les latifundistes romains ne sont pas ces patrons-là. 11 faut aussi que ces patrons puissent disposer de capitaux abondants et qu'ils ne soient pas entravés dans leurs réformes techniques par des désordres civils ou de mauvaises conditions hygiéniques. Il en résulte que l'initiative privée a bien le rôle prépondérant dans la solution de la question agraire, mais que les pouvoirs publics ont aussi à intervenir pour lui préparer le terrain, ou du moins pour lever les obstacles qui pourrait la paralyser.

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