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IX. — DIFFICULTES DE L AGRICULTURE INDUSTRIELLE

•cela d’autant plus qu’il se rapproche davantage du fideicomrnis de famille, c’est-à-dire qu’il s’oppose plus fortement à l’émiettement du sol et à l’endettement de la terre par suite de la division de la succession, il rend les tendances à la centralisation du sol beaucoup plus fortes que les tendances à l’émiettement. Par suite, s’il permet d’agrandir l'exploitation, de la rendre plus rationnelle, il arrache un grand nombre de petits propriétaires à la glèbe qui les enchaînait à la terre natale.

L’ Anerbenrecht n’est pas fait pour les petits paysans : la coutume et la loi le montrent également. Il ne serait qu’une entrave pour lui, et sa prospérité dépend de moins en moins de sa propriété foncière, elle vient de l’argent qu’il peut gagner à côté. Y! Anerbenrecht protège le grand paysan. En Autriche il ne s’applique qu’aux biens fonciers de moyenne étendue; dans le Mecklembourg, auxbiens qui sont taxés au moins à 37 boisseaux 1/2 ; à Brême, aux biens d’au moins 30 hectares ; en Westphalie et dans le Brandebourg, aux biens dont le revenu net de l’impôt foncier est d’au moins 75 marks, etc.

L' Anerbenrecht du grand paysan ne prolétarise pas seulement ses frères et sœurs plus jeunes et ses plus jeunes enfants; il tend aussi à prolétariser ses petits voisins. Mais il favorise par là aussi l’émigration à la ville, le dépeuplement de la campagne, et contrecarre ainsi le développement d’une agriculture rationnelle.

Voici ce qui nous est rapporté de certaines localités de

la Hesse où ce droit est en vigueur. Depuis des années on y déplore presque universellement le manque de travailleurs ; l’émigration, de ces contrées vers des pays industriels, des jeunes gens et des hommes valides qui n’ont plus rien à eux, est très importante; les femmes et les enfants restent seuls ainsi que les vieillards et c'est parmi eux que les agriculteurs — paysans et grands cultivateurs — doivent recruter leur personnel (1). »

(1) Verhiiltnisse der Landarbeiter , II, p. 233.

l’agriculture dans la société capitaliste

Cela est bien plus vrai encore du fideicommis. Il est une des causes les plus puissantes de ia création et de l’extension des latifundia. Il est d’ailleurs absolument faux de soutenir que, dans la grande propriété, la tendance à la décentralisation prévaut seule, et que seulement des obstacles artificiels puissent s’opposer à cette tendance. Là où la production pour le marché prévaut en agriculture, les deux tendances font leur apparition, successivement et concurremment, la tendance centralisatrice et la tendance décentralisatrice. Dans les provinces orientales de la Prusse, il y avait, d’après Conrad, à la fin du siècle dernier, 2 498 particuliers possédant plus de 1000 hectares, en tout 4 684 254 hectares. Sur ces 2 498, 308 étaient fidéicommis avec une propriété totale de 1 295 613 hectares, à peu près un quart de la surface de la propriété au-dessus de 1 000 hectares. En France il n’y a pas de fideicommis et malgré cela la grande propriété s’y développe dans de plus grandes proportions qu’en Allemagne. En Allemagne, les propriétés de plus de 50 hectares occupaient en 1895, 32,56 0/0 de la surface totale exploitée par l’agriculture ; en France, en 1892, les exploitations de plus de 40 hectares occupaient 43,05 0/0. Malheureusement dans la statistique française les exploitations de plus de 40 hectares ne sont réparties enchâsses que d’après leur nombre et non d’après leur surface. Il est caractéristique que ce soient précisément les plus grandes exploitations dont le nombre ait augmenté fortement. On comptait

Exploitations

Accroiss. (-{-) ou

diminut. (— )

De plus de 40 hectares .

De 40 à 100 hectares .

De plus de 100 hectares ....

De plus de 300 hectares ....

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