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IX. — DIFFICULTÉS DE L’AGRICULTURE 1NDUSTRIELLÈ

l’usage personnel de la famille du producteur. Le développement des villes impose à la campagne les impôts en argent, qui ne dérivent pas de son genre de production, mais sont primitivement en contradiction avec elle, et ceux-ci deviennent ainsi un des plus puissants facteurs de la transformation du mode de production paysanne.

Les impôts en argent sont à la campagne un des agents les plus actifs de la transformation de la production pour l’usage personnel en production marchande ; mais les impôts d’argent et les autres charges financières du paysan croissent généralement bien plus vite que la production marchande des campagnes et les établissements de commerce et de crédit qu’elle nécessite. C’est ce qui cause encore aujourd’hui beaucoup d’embarras d’argent au paysan et le maintient dans la dépendance de l’intermédiaire et de f usurier.

Mais ces mômes impôts en argent qui accablent tellement le paysan ne favorisent pas le développement de la campagne mais celui des villes et particulièrement des grandes villes. Il n’y a qu’une partie très minime des contributions qui soit consacrée à la campagne. C’est dans les villes que se trouvent les casernes, les manufactures d’armes, les ministères, les tribunaux et par suite les avocats que le paysan doit payer quand il a un procès. C’est dans les villes que se trouvent les écoles secondaires et supérieures entretenues aux frais de l’Etat, les musées, les théâtres subventionnés, etc., etc. Le paysan doit, comme l’habitant des villes, apporter sa contribution aux dépenses de la civilisation ; mais il est presque tout à fait exclu de ses bienfaits. Rien d’étonnant s’il ne comprend pas cette civilisation qui ne lui apporte que des charges, s’il se montre absolument hostile à elle, et fait ainsi la joie de la démagogie réactionnaire qui réclame une limitation de toutes les dépenses de ce genre, soi-disant par égard pour la bourse du pauvre peuple, au lieu d’aspirer à la diffusion de la civilisation

l’agriculture dans la société capitaliste

dans les campagnes, à la suppression de l’abîme qui existe à ce point de vue entre elles et la ville. Ce sera là une des tâches les plus importantes de la société de l'avenir.

Ce n’est pas la haine de l’agriculture, ce sont des forces économiques, plus puissantes .que la volonté des gouvernements, qui amènent la concentration de toute la vie de l’Etat dans les villes. Les gouvernements sont remplis des meilleures dispositions pour l’agriculture, et on sait comment ils cherchent à lui venir en aide de toutes les façons ' possibles, par des droits sur les denrées alimentaires, des dons gracieux, des primes de toute sorte.

Mais si considérables que soient les déplacements qu’ils produisent ainsi dans la situation des fortunes, l’écoulement des valeurs marchandes de la campagne à la ville, sans compensation aucune, n’est ainsi ni retardé ni arrêté dans son développement. Toutes ces mesures de protection ne favorisent en dernier ressort que la propriété foncière ; ce sont des moyens de faire hausser la rente foncière. Mais celle-ci constitue, comme nous le savons, une charge pour l’agriculture ; le système des fermages permet de la constater très clairement, et dans le système des hypothèques, si la charge est cachée, elle n’en est pas moins lourde. Dans le système du fermage, ces mesures d’assistance mettent le fermier dans la nécessité de payer des intérêts plus élevés. Quand le propriétaire et le cultivateur ne font qu’une seule et même personne, il semble y gagner; mais la hausse de la rente foncière amène une hausse du prix de la propriété. Cela peut déjà conduire le propriétaire du moment à augmenter les dettes de la propriété, et cela augmente assurément les charges de son successeur, acquéreur ou héritier. Au bout de. peu de temps, ces secours accordés à l’agriculture deviennent, même dans ce cas, des secours accordés au propriétaire réel, le créancier hypothécaire.

Mais celui-ci habite la plupart du temps à la ville :

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