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L'AGRICULTURE SOUS -LA FÉODALITÉ

aujourd’hui, ne se présenta qu’exceptionnellement, et par suite de particularités de la tradition historique autant que de la configuration du sol. Ce qui est normal et typique, c’est le système de village, et nous n’avons à faire qu’à lui dans ce qui suit.

Lé point de départ de l’exploitation paysanne fut la cour avec la maison (Haushofstàtte), devenue propriété privée. Elle comprenait, outre la maison et les bâtiments ■d’exploitation nécessaires, une pièce de terre autour du bâtiment, qui étaitenclos. La clôture entourait le jardin, 'OÙ se trouvaient les plantes les plus nécessaires pour l’alimentation, des légumes, du lin, des arbres fruitiers, etc. Le village se composait d’un nombre plus ou moins grand de pareilles cours. En dehors du village se trouvait le territoire partagé, les terres labourables. Ces terres étaient divisées là où régnait la culture à trois assolements, ce qui avait lieu le plus souvent, en trois soles ( Fluren ) ou saisons ( Zelgen ). Chaque sole se divisait à son tour en différents clos, c’est-à-dire en surfaces cultivables qui différaient entre elles par la situation et la qualité du sol. Dans chaque clos, chaque cour possédait un lot de champ qui lui appartenait en propre. En dehors du territoire partagé il y avait le territoire non partagé (allmends, territoire commun), c’est-à-dire la forêt et le pâturage.

La campagne non partagée fut exploitée en commun par la société. Sur la terre arable chaque famille cultiva pour elle-même ses propres lots, mais non selon son bon plaisir. Dans les champs on cultiva les céréales pour l’alimentation des hommes. Mais l'élevage, l’exploitation des pâturages, dominaient encore toute l’exploitation agricole. Et si la culture de la terre était devenue chose privée des diverses familles, l’exploitation des pâturages demeura affaire commune de toute la communauté. Cette forme d’exploitation réagit sur les relations de propriété. Comme terre arable, le sol était propriété

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privée, comme terrain de pâturage, propriété commune. C’est-à-dire que chaque champ; aussitôt que l’on en avait retiré la moisson, était abandonné au pâturage et était soumis comme tel au droit de disposition de la communauté, qui faisait brouter en commun tous les champs. Et comme les arrière-pacages, les terres en friche étaient utilisées comme un pâturage commun pour tout le bétail du village. Mais cela aurait été impossible si chaque compagnon du village avait cultivé ses lots de terre à son gré. Aussi existait-il une contrainte de sole (. Flurzwang ) à l’intérieur de chaque sole ou saison ; tous les propriétaires de lots de terre étaient obligés de les cultiver de la même façon. Chaque année, l’une des trois soles de terre arable restait en friche, la seconde était consacrée à la culture de semis d’automne, la troisième à la. culture de blés de mars. Chaque année on changeait la culture de la sole. Outre les arrière-pacages et les terres en friche, les prairies, les pâturages perpétuels et les forêts fournissaient la nourriture des bestiaux, dont la force de travail, les engrais, le lait et la viande étaient également importants pour l’exploitation paysanne.

Ce système d’exploitation agricole en vint à régner partout où s’étaient établis des peuples germains. Queles paysans fussent en situation de garder leur entière liberté, qu’ils se fussent établis comme censiers sur le domaine d’un seigneur, qu'ils eussent renoncé à leur indépendance pour se mettre sous la protection d’un maître puissant, ou qu ils eussent été asservis par la force, cela ne faisait à ce point de vue aucune différence.

C’était un système d’exploitation d’une puissance et d’une force de résistance remarquables, vraiment conservateur, au meilleur sens du mot. Le bien-être et la sécurité de l’existence du paysan ne reposait pas moins sur la constitution de la société de territoire {markqenossemochaftlich) que sur la petite production domestique. Le système de culture à trois assolements, avec forêt -et

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