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IX. — DIFFICULTÉS DE L’AGRICULTURE INDUSTRIELLE

prise, il est vrai, autrement que clans les villes, qui lui créent des embarras. Il ne s’agit pas de savoir ce qu’on fera des ouvriers, mais où on en trouvera.

Nous avons déjà signalé au chapitre Vil que la grande propriété foncière, là où elle a fait disparaître un trop grand nombre de petites exploitations, cherche à en faire renaître artificiellement. Plus l’émigration vers la ville est considérable, et plus elle cherche à fixer à la glèbe les ouvriers dont elle a besoin. Mais là où l’industrie a une plus grande force attractive, la simple création de petites fermes ne suffit pas ; il faut y ajouter une contrainte juridique enchaînant les ouvriers et les retenant comme salariés chez le grand propriétaire foncier. Dans ce cas on crée de nouvelles petites exploitations que le propriétaire afferme contre X obligation de fournir certains travaux. Il se crée une nouvelle féodalité. Mais ce n’est pas pour longtemps. Lamarche en avant de l’industrie y met un terme. Ces nouveaux contrats de fermage avec l’obligation de travaux déterminés ne se sont conservés que làoùle voisinage n’offrait aucune industrie. Là où l’industrie s’établit, les offres les plus séduisantes ne déterminent pas les ouvriers à se lier. Ils préfèrent conserver la libre disposition de leur travail, pour pouvoir mettre à profit toutes les occasions qui peuvent se présenter de le vendre avantageusement.

Kærger donne comme un résultat « incontestable » de l’enquête sur la situation des ouvriers agricoles dans le nord-ouest de l’Allemagne ce fait, que « pour les ouvriers et pour les patrons les conditions de travail sont le plus avantageuses là où la plus grande partie des travaux agricoles est faite en même temps que par les domestiques, parles ouvriers fermiers (Heuerlinge) ». Dans ce cas, les patrons disposent d’assez de bras pour faire exécuter régulièrement tous les travaux agricoles, et les ouvriers se trouvent dans une situation matérielle assez bonne pour leur permettre, le plus souvent, de faire des écono-

mies, et dans des dispositions morales tout à fait satisfaisantes.

En dépit de cet excès de bonheur il y a bien des endroits où les ouvriers ont l’âme assez biscornue pour ne pas être contents. Deux ordres de causes s’opposent à la généralisation de l'emploi des ouvriers fermiers : « d’une part, le caractère hautain, indépendant de la population, qui déteste, comme un esclavage, toute obligation qui les enchaîne pour un certain temps ; c’est pour ce motif que l’introduction du système des ouvriers fermiers a si souvent paru impossible dans les cercles Westphaliens de Paderborn, Büren, WerburgetHôxter ; d’autre part, le voisinage immédiat d’une industrie très active, qui a fait disparaître l’ancien système des ouvriers fermiers et ne lui a pas permis de renaître dans les districts liouillers de Berget de la Mark et aussi dans le pays de Hamburg-Harburg.

« Ces faits s’expliquent surtout parles salaires élevés que peuvent payer les entreprises minières et industrielles et qui sont une raison pour les travailleurs agricoles de ne pas s’enlever pour longtemps, en signant un contrat de fermage qui les oblige de travailler pour le propriétaire, la possibilité de profiter, en offrant leur bras, des avantages de la demande croissante de, travailleurs industriels. »

C’est donc grâce à l’industrie que l’avenir n’appartiendra pas à l’idéal féodal de M. Kaerger.

L’emploi d’ouvriers qu’on fait venir du dehors soit pour toujours, soit pour une saison seulement, est plus général. Si la prolétarisation croissante des paysans augmente l’offre de semblables travailleurs, l’écoulement incessant des ouvriers agricoles vers les régions industrielles augmente la demande. Dans de nombreux districts l’agriculture deviendrait impossible sans le secours d’ouvriers venus du dehors. Mais quelque important que soit devenu ce genre de travail, il peut tout au plus servir à répartir également sur tout le pays les charges que le manque d’ouvriers fait peser sur l’agriculture, ou sur plusieurs

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