IX. — DIFFICULTÉS DE L AGRICULTURE INDUSTRIELLE
l’exploitation, mais en diminue généralement l’intensité (op cit.y p. 190). »
Qu’on compare avec cela les citations rapportées plus haut sur les résultats de l’emploi d’ouvriers du dehors. En dépit de tous les progrès techniques, il n’est pas possible de mettre en doute que par endroits l’agriculture ne recule. Si le manque d’ouvriers persiste, la décadence finira par devenir générale, a Une diminution des forces productives doit nécessairement, avoir pour conséquence une diminution de la surface cultivée annuellement et un accroissement des pâturages (1). »
Toutes les exploitations qui emploient des salariés sont atteintes par les conséquences déprimantes du manque d’ouvriers, mais les petites encore plus que les grandes. Celles-ci sont le moins en état d’employer les moyens qui peuvent remédier un peu par ci par là au manque de bras, s’ils ne peuvent pas y obvier complètement. Elles n’ont pas de terres qu’elles puissent louer à des salariés contre des engagements fermes ; elles ont besoin d’un si petit nombre d’ouvriers, qu’il n’y aurait pas profit aies faire venir exprès de loin. Il faut qu’elles se contentent de ceux qu’elles trouvent dans le voisinage ; très souvent elles ne peuvent pas, d’autre part, employer des machines, et quant à augmenter sensiblement les salaires, c’est ce que leur situation pécuniaire leur interdit.
Ajoutons que ces exploitations assez petites et qui emploient des salariés sont précisément celles qui occupent surtout la catégorie d’ouvriers qui émigre le plus facilement, les ouvriers célibataires, valets et filles de ferme.
Parmi les exploitations qui servent à la production de marchandises et ne produisent pas exclusivement ou presque exclusivement pour le ménage, celles qui sont le moins atteintes par la désertion des campagnes sont
(1) Goltz, Die lündliche Arbeiterklasse, p. 176,
Les exploitations paysannes moyennes de 5 à 20 hectares ont seules sensiblement gagné du terrain ; ce sont celles des grands paysans de 20 à 100 hectares qui ont le plus perdu.
Ces nombres comblent de joie tous les bons citoyens qui voient dans la classe des paysans le plus solide rem-
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celles qui occupent le moins de salariés et au besoin se contentent des bras que fournit la famille, mais qui cependant sont assez grandes pour retenir à la glèbe les propriétaires : ce sont en général les exploitations de 5 à 20 hectares. C’est un avantage pour elles que la tendance au morcellement du sol, qui menace le plus précisément ces exploitations, diminue d’autant plus que l’abandon de la campagne sévit davantage dans la population agricole. Le désir du sol diminue et les prix excessifs des petites propriétés s'abaissent. Le parcellement cesse d’être profitable et l’émiettement prend fin. Il n’est donc pas étonnant que ces exploitations soient les seules qui aient réellement gagné du terrain en Allemagne. La surface occupée par l’agriculture a augmenté, de 1882 à 1895, de 648969 hectares. Les exploitations de 5 à 20 hectares à elles seules ont augmenté de 563 477 hectares, la surface des exploitations de 1 à 2 hectares a diminué de 50 177 hectares, et celle des exploitations de 20 à 50 hectares de 62 898 hectares.
Sur 1000 hectares utilisés par l'agriculture, appartenaient à des exploitations de
Au-dessous
de
l’hectare
1 à 2 hectares
2 à 5 hectares
5 à 20 hectares
hectares
hectares
Au-dessus
de 1 000
hectares
Accroissement (+) diminution ( — ) .